Retrouveztout ce que vous devez savoir sur le livre Cheikh Anta Diop, Volney et le Sphinx de de Théophile Obenga : résumé, couverture, notes et
CheikhAnta Diop, Volney et le Sphinx - Contribution de Cheikh Anta Diop Ă l'historiographie mondiale, Paris, Khepera/PrĂ©sence Africaine, 1996). Articles: Le "chamito-sĂ©mitique" n'existe pas, inANKH n01,fĂ©vrier 1992,pp.51-58. Aristote etl'Ăgypte ancienne, inANKH n02,avril 1993, pp. 9-18. La StĂšle d'Iritisen oulepremier TraitĂ© d'EsthĂ©tique de
etĂ©conomique dans ces deux Ătats, dans lâesprit de ThĂ©ophile Obenga et Cheikh Anta Diop qui expliquent : « La OBENGA T., CHEIKH A. D., Volney et le Sphinx, Paris, Khepera/ PrĂ©sence Africaine, 1996, p. 103. 73 PRZEWORSKI A., « Methods of cross-national Reseach, 1970-83 : An Overview », in DIERCKES M & al (Eds.), Comparative
Title Cheikh Anta Diop, Volney et le Sphinx: Contribution de Cheikh Anta Diop a l'historiographie mondiale (French Edition) Author: Theophile Obenga; Format/binding: Paperback; Book condition: Good; Quantity available: 1; Binding: Paperback; ISBN 10: 2708706047; ISBN 13: 9782708706040; Publisher: Khepera; Date published: 1996-01-01;
CheikhAnta Diop cite âVOLNEYâ(voyage en Egypte et en Syrie, par C-F Volney, Paris, 1787) qui, aprĂšs ĂȘtre imbu de tous les prĂ©jugĂ©s dont nous venons de parler Ă lâĂ©gard du Noir, sâest rendu en Egypte entre 1783 et 1785. Il dĂ©crit les Egyptiens comme ayant les traits de Noirs, sans aucune contestation. Volney cite Ă©galement le passage dâHĂ©rodote sur
Lecombat ambigu de Cheikh Anta Diop Alain Froment Institut français de recherche scientifique pour le dĂ©veloppement en coopĂ©ration (Orstom), Paris (France) Si la science est rĂ©putĂ©e neutre, les scientifiques ne le sont certes pas. Dans stĂ©rĂ©otype de lâimaginaire populaire, la figure du chercheur est dĂ©tachĂ©e de la rĂ©alitĂ©
INTELLECTUELet humaniste sĂ©nĂ©galais disparu en 1986, Cheikh Anta Diop fut lâhomme de lâintĂ©gritĂ© morale et du refus des compromissions. Dans un contexte de marginalisation accĂ©lĂ©rĂ©e du continent, ses travaux, qui marquĂšrent le retour de la conscience historique de lâAfrique, appellent Ă la permanence du combat contre les
Cf ThĂ©ophile Obenga : « Hegel excluait le Noir africain de lâhistoire du monde parce quâil ne reconnaĂźt pas en Afrique noire la rĂ©vĂ©lation de la Raison divine, de lâEsprit universel, ni aucune sublime crĂ©ation de la raison dans lâĂ©volution historique de lâhumanitĂ© », in Volney, Cheikh Anta Diop et le Sphinx, PrĂ©sence africaine, Paris, 1996. Rappelons Ă©galement
Seemore of Afrique un peuple et une histoire on Facebook. Log In. or. Create new account. See more of Afrique un peuple et une histoire on Facebook. Log In. Forgot account? or. Create new account. Not now. Related Pages. Ministre de la DĂ©colonisation. Blogger. Le rĂ©veil de l'Afrique. Blogger. LES ANTIQUITĂS NĂGRO-AFRICAINES.
Limportance de la contribution de Cheikh Anta Diop dans le processus de reconstruction du passé et de la mémoire collective de l'Afrique noire ainsi que de sa contribution effective au progrÚs de l'humanité
7C1Q. LâInstitut des Peuples Noirs, Ćuvre du prĂ©sident du Conseil national de la rĂ©volution, Thomas Sankara, nâest plus visible sur le terrain depuis quelques annĂ©es. Pourtant, lâidĂ©e de connaĂźtre plus le monde noir qui lâa sous-tendue est toujours dâactualitĂ© et câest pourquoi lâinstitut ne doit pas disparaĂźtre. Plus de subvention de lâEtat depuis une dizaine dâannĂ©es, pratiquement plus dâactivitĂ©s sur le terrain, des cadres qui concrĂštement nâont pas grand-chose Ă faire, changement de siĂšge de Gounghin Ă Dassasgho. Telle est la situation actuelle de lâInstitut des Peuples Noirs IPN. Cet institut vit une lĂ©thargie qui, si on nây prend garde, risque de lâemporter. Dâailleurs Ă quoi bon maintenir un institut qui ne fait rien sur le terrain ; avec les Programmes dâAjustement Structurel PAS, si lâEtat a rĂ©ussi Ă se dĂ©sengager des secteurs sociaux tels que lâĂ©ducation et la santĂ©, ce nâest pas la fermeture dâun petit institut comme lâIPN qui va poser problĂšme. Dans tous les cas, si cela advenait, ce sera regrettable dans la mesure oĂč les problĂšmes qui ont Ă©tĂ© Ă la base de la crĂ©ation de lâIPN demeurent toujours. Faire des Africains les acteurs de leur histoire LâidĂ©e de lâInstitut des Peuples Noirs serait venue de Thomas Sankara, prĂ©sident du Conseil National de la RĂ©volution CNR. Pendant son sĂ©jour au siĂšge de lâONU en 1984 oĂč il a fait son fameux discours devenu historique, il sâest rendu Ă Harlem pour ĂȘtre tĂ©moin des conditions de vie des Noirs. Il fut choquĂ© par ce quâil a vu. De retour dans son Faso natal, dans une interview Ă lâaĂ©roport de Ouagadougou, le prĂ©sident du CNR aurait dit quâil nâest pas normal que lâhistoire des Blancs soit Ă©crite par des Blancs, lâhistoire des Jaunes Ă©crite par des Jaunes et que lâhistoire des Noirs soit Ă©crite par des Blancs. Les Noirs doivent pouvoir Ă©crire leur histoire surtout que ce que les Blancs ont Ă©crit porte la marque de lâeuropĂ©ocentrisme ; toute chose qui ne contribue pas Ă lâobjectivitĂ© de cette histoire. Un comitĂ© de rĂ©flexion fut mis en place en collaboration avec lâUNESCO. Des travaux prĂ©liminaires ont abouti Ă une premiĂšre rencontre en 1986. CâĂ©tait le symposium international au cours duquel les grandes idĂ©es ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©es. Malheureusement, lâIPN fut créé officiellement en 1990, aprĂšs la mort tragique de Thomas SANKARA. Il a eu Ă mener comme activitĂ©s, des rencontres aux niveaux politique et intellectuel, des voyages Ă travers lâAfrique pour pousser les Africains Ă adhĂ©rer Ă lâinstitut. Les scolaires ont Ă©tĂ© au centre des activitĂ©s de lâIPN. Dans certains Ă©tablissements scolaires, les Ă©lĂšves animaient ce quâon a appelĂ© les clubs IPN. CâĂ©tait une façon pour lâinstitut de vĂ©hiculer le maximum dâidĂ©es sur la philosophie, lâhistoire du monde noir, ce dont ils nâauront pas lâoccasion de dĂ©couvrir en classe. Au dĂ©part, lâIPN a Ă©tĂ© créé pour ĂȘtre international. Mais il nâa pas bĂ©nĂ©ficiĂ© du soutien des autres pays africains. CâĂ©tait le Burkina Faso qui finançait toutes les activitĂ©s. Par la suite, le pays des hommes intĂšgres a commencĂ© Ă rarĂ©fier ses subventions et lâIPN est entrĂ© dans une lĂ©thargie dont lâissue risque dâĂȘtre sa mort pure et simple. Ce sera alors une Ă©norme perte, non seulement pour le Burkina mais aussi pour toute lâAfrique. LâIPN doit renaĂźtre obligatoirement Dans une lettre datĂ©e du 21 janvier 1997, les Ă©ditions Khepera et PrĂ©sence Africaine protestaient contre le refus de la chaĂźne de tĂ©lĂ© France 3 » de ne pas signaler dans son Ă©mission La marche du siĂšcle » du 1er janvier 1997, le livre de ThĂ©ophile Obenga, intitulĂ© Cheick Anta Diop, Volney et le Sphinx ». Pourtant, ce livre cadrait avec le thĂšme de lâĂ©mission qui Ă©tait la civilisation Ă©gyptienne. Ce cas pose le problĂšme de la diffusion des Ćuvres Ă©crites par des Africains. Cheick Anta Diop, malgrĂ© ses thĂšses approuvĂ©es par les plus grands savants du monde au colloque du Caire de 1974, a Ă©tĂ© empĂȘchĂ© dâenseigner pendant 20 ans, autrement dit, ses idĂ©es nâont pas pu sâĂ©panouir dans les universitĂ©s africaines pendant 20 ans. Qui pourra servir de cadre de recherche et de diffusion de lâhistoire faite par les Noirs si ce nâest des institutions des lâIPN. Un BurkinabĂ©, peut ne connaĂźtre de Dimdolosom que le nom dâune rue et dâun lycĂ©e de Ouagadougou, alors quâil a Ă©tĂ© un grand Ă©crivain et un chercheur burkinabĂ©, le premier dit-on ; il peut Ă©galement ne pas savoir que Boukari II a remis le pouvoir Ă Kankan Moussa avant de naviguer vers les AmĂ©riques bien avant Christophe Colomb, cet homme qui nâa pas dĂ©couvert lâAmĂ©rique et dont il connaĂźt lâhistoire par cĆur. LâexpĂ©dition de Boukari a inspirĂ© un livre intitulĂ© âIls y Ă©taient avant Colombâ. Puisque ces choses ne sont pas enseignĂ©es dans les Ă©tablissements scolaires, qui peut les porter Ă la connaissance des Ă©lĂšves si ce ne sont des instituts comme lâIPN. Si tel est le cas, il faut impĂ©rativement mettre fin Ă la lĂ©thargie de lâInstitut des Peuples Noirs. Sa disparition sera une perte pour toute lâAfrique, principalement pour le Burkina. Ce sera aussi un recul dans la connaissance du monde noir par des Noirs. Le Burkina Faso est connu comme un pays oĂč la culture semble ĂȘtre prise au sĂ©rieux. Mais il y a une culture folklorique habillement traditionnel, danse⊠dont on peut sâen passer sans que cela compromette les chances de dĂ©veloppement du Faso. Il y a aussi celle qui nourrit sainement lâesprit et fait de lui un socle solide pour un avenir meilleur. La vocation culturelle de lâIPN est Ă prendre dans ce sens, et câest pourquoi il doit ĂȘtre redynamisĂ© quâelle quâen soit le prix. Par Bamogo Source hebdomadaire BendrĂ© Post Views 333
Dans son premier grand ouvrage Nations nĂšgres et Culture, Cheikh Anta Diop dĂ©montre en particulier que l'Egypte ancienne appartient au monde nĂ©gro-africain. Mais qui est Cheikh Anta Diop ? Dans quel contexte et dans quel milieu a-t-il grandi ? Quelle est sa formation ? Quels sont les diffĂ©rents aspects de son oeuvre historique et scientifique, de son combat politique ? Quelles sont les difficultĂ©s et oppositions qu'il a rencontrĂ©es ? Quels sont les dĂ©bats qu'ont suscitĂ©s ses travaux, ses idĂ©es et positions politiques ? Telles sont les questions auxquelles ce livre solidement documentĂ© apporte des Ă©lĂ©ments de rĂ©ponse. Ce livre contient 100 pages d'illustrations et 100 pages d'annexes. Cheikh M'BackĂ© Diop, fils aĂźnĂ© de Cheikh Anta Diop, a Ă©tĂ© sollicitĂ© dans divers cadres associatifs pour prĂ©senter la vie et l'Ćuvre de son formation scientifique doctorat en sciences, il exerce son activitĂ© professionnelle dans le domaine de la recherche appliquĂ©e et co-dirige, aux cĂŽtĂ©s de l'Ă©gyptologue, linguiste et historien ThĂ©ophile Obenga, ANKH, Revue d'Egyptologie et des Civilisations de l'auteur ICI
Ethiopiques n°87. LittĂ©rature, philosophie et art 2Ăšme semestre 2011 CĂ©lestine Colette Fouellefak KANA [1] Dans la dĂ©dicace de son ouvrage intitulĂ© Cheikh Anta Diop, Volney et le Sphinx, Contribution de Cheikh Anta Diop Ă lâhistoriographie mondiale, ThĂ©ophile Obenga [2] Ă©crit Je dĂ©die cet ouvrage Ă la jeunesse africaine, quâelle accroisse sans cesse en autonomie intellectuelle, quâelle prenne totale mesure de sa responsabilitĂ© africaine et mondiale. AprĂšs lâorage destructeur, tous les ouvriers doivent se mettre Ă bĂątir pour lâĂ©ternitĂ©. OBENGA ThĂ©ophile, 1986 10. Lâauteur qui a Ă©tĂ© longtemps lâassistant de Cheikh Anta Diop, saisissait lâoccasion dâune synthĂšse de lâĆuvre de son maĂźtre pour le proposer comme modĂšle Ă la jeunesse africaine [3]. Avant sa mort le 07 fĂ©vrier 1986, ce savant sĂ©nĂ©galais, un mois plutĂŽt, avait honorĂ© le Cameroun dâune visite qui sâĂ©tait rĂ©vĂ©lĂ©e un testament lĂ©guĂ© Ă la jeunesse camerounaise et au-delĂ , Ă lâAfrique. Sindjoum Pokam devait plus tard parler de la leçon de YaoundĂ© » [4]. Cette leçon recelait Ă juste titre de vigoureuses formules transmises en testament Ă cette jeunesse et qui suscitĂšrent de la part de Jean Marc Ela cette remarque. Dans les capitales du continent, des milliers de jeunes envahissent les amphithéùtres pour Ă©couter dans un silence quasi religieux, le maĂźtre prestigieux partager le fruit de ses longues annĂ©es de recherche. Lâauditoire accueillait ses interventions avec admiration et enthousiasme. LâĂ©minent historien savait parler un langage clair et enthousiaste. En dĂ©pit du contenu, de ses dĂ©monstrations savantes, son style Ă©tait accessible au grand public. ELA Jean Marc, 1989 9. Le contenu de ces dĂ©monstrations le situait dans la trame des penseurs panafricains, qui ont su relever ce que lâamĂ©ricain Edward Wilmut Bylden appelle la personnalitĂ© africaine The african personnality » [5]. Prenant la suite de ces penseurs africanistes, il sâagit pour nous de fixer la pensĂ©e de Cheikh Anta Diop, de poser lâAfrique noire comme objet et enjeu scientifiques. Hier exclusion des peuples africains de lâhumanitĂ©, traite nĂ©griĂšre, colonisation ; aujourdâhui, maladies endĂ©miques, immigration choisie, programmes dâajustement structurel, co-dĂ©veloppement offert sans pudeur comme solution miracle Ă des pays surexploitĂ©s rendus pauvres et trĂšs endettĂ©s. Dans le sillage de lâhĂ©ritage panafricain de Marcus Garvey, dâEdward Burgardt Du Bois, de Sylvester William, dâAlexandre Walters, de Nkwame Nkrumah, de ThĂ©ophile Obenga, Thabo Mbeki et autres, nous voulons rompre le silence face au chaos dans lequel est plongĂ©e lâAfrique, sa jeunesse en particulier. Cette jeunesse, qui meurt en mer dans la perspective de trouver des conditions de vie meilleures, vit une grande tragĂ©die avec les pandĂ©mies et le chĂŽmage. Elle a besoin de repĂšres. La construction dâune Afrique nouvelle que nous appelons de nos vĆux repose sur cette jeunesse dont lâaptitude Ă cette tĂąche ardue, requiert des modĂšles et une fondation sociale. Sans boussole fiable, comment cette jeunesse africaine naviguerait-elle dans cette mer instable quâest la mondialisation sans risque de perdre le nord ? En ayant en vue la recherche des voies et moyens dâaffermir la conscience panafricaniste chez les jeunes africains, nous examinerons dans un premier temps les racines de cette idĂ©ologie et ensuite, nous nous attarderons sur la figure prestigieuse de ce leader panafricain qui fut Cheikh Anta Diop et que nous proposons Ă la jeunesse africaine comme repĂšre. LES FONDEMENTS CULTURELS ET HISTORIQUES DU PANAFRICANISME Le panafricanisme se dĂ©finit comme mouvement politique et culturel qui, considĂ©rant lâAfrique, les Africains et leurs descendants dâAfrique comme un seul ensemble, vise Ă rĂ©gĂ©nĂ©rer et Ă unifier lâAfrique, ainsi quâĂ encourager un sentiment de solidaritĂ© entre les populations du monde africain. Ce mouvement trouve ses origines dans la diaspora noire amĂ©ricaine [6]. Il a Ă©tĂ© toutefois alimentĂ© par la rĂ©sistance anticoloniale de lâAfrique continentale et par lâaffirmation de la personnalitĂ© africaine. Georges Padmore, 1961 21. Le mouvement, reconnaĂźt Jean Ziegler, possĂšde une double histoire ; celle des CongrĂšs, des discours, des disputes idĂ©ologiques et celle de lâhistoire des peuples noirs. Jean ziegler, 1980 77. _ En visitant la premiĂšre, lâon parcourt avec les CongrĂšs lâhistoire organisationnelle du mouvement dont les grandes dates de rĂ©fĂ©rences sont les diffĂ©rents forums tenus Ă Paris [7] 1919, Ă New York1929, Ă Manchester [8] 1945, Ă Accra 1958 _ Les pĂ©ripĂ©ties de lâorganisation du mouvement panafricain sont complexes. Elles reflĂštent sa confusion idĂ©ologique. Pour comprendre cette complexitĂ©, il faut dĂ©pouiller les actes des six CongrĂšs Panafricains et analyser les dĂ©bats intervenus dans bon nombre dâorganisations parallĂšles inspirĂ©es de lâidĂ©ologie panafricaine. Padmore Georges, 1961 37-65 _ Elle a pour pĂšres fondateurs William Edward Burgardt Du Bois [9]- Sylvester William [10]- Alexandre Walters [11]- Marcus Garvey [12]- Georges Padmore. Dâautres ont contribuĂ© Ă la mettre en relief notamment, Nkwame Nkrumah [13]- Amilcar Cabral â BarthlĂ©my Bokanda â Ruben Um Nyobe â Cheikh Anta Diop â Thabo Mbeki pour ne parler que dâeux. Dans quelle mesure leurs discours peuvent-ils favoriser lâĂ©mergence, sur la scĂšne internationale, dâun message africain susceptible de mobiliser la jeunesse africaine ? _ Pour rĂ©pondre Ă cette question, lâon doit se souvenir que le mouvement panafricain possĂšde une idĂ©ologie idĂ©aliste dont la thĂšse centrale est la suivante Il existe une personnalitĂ© africaine qui est commune Ă tous les hommes, toutes les femmes de race noire ; cette personnalitĂ© recĂšle des valeurs spĂ©cifiques de sagesse, dâintelligence, de sensibilitĂ©. Les peuples noirs sont les peuples les plus anciens de la terre. Ils sont vouĂ©s Ă lâunitĂ© et Ă un avenir commun de puissance et de gloire Jean Ziegler, 1980 78. Cette idĂ©ologie panafricaine refuse par consĂ©quent toute idĂ©e dâassimilation, dâintĂ©gration Ă lâunivers du dominateur [14]. Cette idĂ©ologie du refus de toute assimilation est une force motivationnelle dâune extraordinaire puissance. Lâhistoire retient que le mouvement nationaliste africain a pris une ampleur extraordinaire Ă la suite du panafricanisme [15]. De mĂȘme, les insurgĂ©s de Soweto juin 1967 sont morts parce quâils refusaient dâaccepter lâenseignement africaans dans les collĂšges noirs. Que dire encore du tĂ©mĂ©raire Camerounais Um NyobĂ© Ă lâONU en 1952 se prononçant pour une indĂ©pendance politique du Cameroun ? De Marcus Garvey Ă Thabo Mbeki en passant par Nkwame Nkrumah et Cheikh Anta Diop, tous ont prĂŽnĂ© un Etat fĂ©dĂ©ral panafricain continental, une renaissance africaine. Cette idĂ©e du panafricanisme dont Nkrumah est le prophĂšte moderne est une idĂ©e aussi vieille que la dĂ©portation massive outre-mer des Africains. Câest la partie invisible, sĂ©crĂšte, celle de lâhistoire des peuples noirs. Bien des Noirs ont Ă©tĂ© dĂ©portĂ©s, beaucoup sont morts, dâautres ont survĂ©cu. Ces hommes les plus divers ont combattu avec fanatisme leur dĂ©portation, refusant la sĂ©paration dâavec leur terre dâorigine [16]. Dans la nuit de lâesclavage miraculeusement, le peuple dĂ©portĂ© continuait Ă vivre, Ă crĂ©er, Ă inventer son rĂȘve Je ne vois guĂšre dâautres exemples dans lâhistoire dâune telle force de caractĂšre, dâun tel courage, dâune telle foi chez un peuple qui, victime dâune telle oppression si totalement inhumaine, a non seulement sauvĂ©, mais Ă©panoui sa culture en terre Ă©trangĂšre. Jean Ziegler, 1980 79. Face Ă ce quâont montrĂ© leurs ascendants, quelle est la capacitĂ© de la jeunesse africaine Ă penser, Ă rĂ©flĂ©chir et Ă trouver des solutions sur les problĂšmes actuels du continent ? Dans le sillage de lâhĂ©ritage panafricain, quelle leçon la jeunesse africaine peut-elle retenir afin de rĂ©soudre de façon originale et profonde les problĂ©matiques africaines contemporaines ? Câest Ă cela que nous voulons nous pencher en scrutant la pensĂ©e Cheikh Anta Diop. CHEIKH ANTA DIOP, PROPHETE DU PANAFRICANISME ? Cheikh Anta Diop comme modĂšle De nationalitĂ© sĂ©nĂ©galaise, Cheikh Anta Diop Ă Ă©tĂ© un savant multidisciplinaire physicien, historien, anthropologue, linguiste, sociologue, philosophe, homme politique, panafricaniste. Il aura ĆuvrĂ© Ă valoriser lâAfrique et lâHomme africain, et y sera parvenu en prouvant scientifiquement lâunitĂ© culturelle de lâAfrique, posant ainsi les jalons de lâurgence dâun Etat fĂ©dĂ©ral africain. Le chercheur a toujours interpellĂ© la jeunesse africaine, considĂ©rant le rĂŽle quâelle doit jouer pour sortir lâAfrique de la torpeur. Sa derniĂšre interpellation fut Ă YaoundĂ© en 1986 Je vois en chaque jeune Africain susceptible de recevoir une Ă©ducation un bĂątisseur de nation et câest ce bĂątisseur qui sommeille en chacun de nous que notre Ă©ducation doit rĂ©veiller [17]. Lâhistoire du personnage constitue elle-mĂȘme un exemple dâautodĂ©termination. Pour comprendre la signification de son travail, il est avant tout nĂ©cessaire de savoir quelles Ă©taient la pensĂ©e et la situation historique au moment oĂč il a commencĂ© Ă Ă©crire et Ă agir. Puis, il faudra examiner quels Ă©taient sa thĂ©matique et sa contribution intellectuelle. Ensuite, lâon pourra analyser la signification de son Ćuvre pour la conscience historique des jeunes africains. _ Nous situons la pensĂ©e de lâauteur au moment oĂč des thĂšses europĂ©ocentriques, nourries par les courants philosophiques et anthropologiques reniaient toute valeur au Noir. Dans ce contexte, lâauteur le plus citĂ© est probablement le philosophe Hegel 1770-1831 [18] qui maintenait lâAfrique comme le seul continent sans histoire qui nâaurait jamais produit ce quâon pourrait appeler civilisation ». Tout comme Arthur Gobineau 1816-1882 dont lâouvrage de rĂ©fĂ©rence Essai sur lâinĂ©galitĂ© des races constituait la base idĂ©ologique aux grandes thĂ©ories racistes [19]. Dâautres institutions, comme lâInstitut dâEthnologie de France créé en 1925 par Lucien LĂ©vy Bruhl, enseignaient que les Noirs avaient une mentalitĂ© prĂ©logique. Les thĂ©oriciens sâappliquaient Ă lĂ©gitimer, au plan philosophique et ethnologique, lâinfĂ©rioritĂ© intellectuelle du NĂšgre. La vision dâune Afrique anhistorique et atemporelle, dont les habitants, les NĂšgres, nâavaient jamais Ă©tĂ© responsables dâun seul fait de civilisation sâimposait dans les Ă©crits et sâancrait dans les consciences ThĂ©ophile Obenga, 1996 17-25. Ainsi, lors de la parution du livre Nation NĂšgres et culture de Cheikh Anta Diop, le contenu semblait si rĂ©volutionnaire que trĂšs peu dâintellectuels, mĂȘme Africains, osaient y adhĂ©rer. La pensĂ©e diopienne avait provoquĂ© des rĂ©actions extrĂȘmement controversĂ©es. Il a fallu vingt ans pour quâune partie de ses idĂ©es soient reconnues au niveau international. Ce fut lors du colloque international du Caire de 1974, initiĂ© par lâUNESCO, qui rĂ©unissait les plus Ă©minents Ă©gyptologues du monde entier [20]. Cette pensĂ©e reste dâactualitĂ© et pose la question de lâapport de son Ćuvre aux jeunes Africains. Quelle valeur a-t-elle par rapport Ă un dĂ©veloppement autodĂ©terminĂ© ? Le continent africain traverse une grave crise multidimensionnelle. Face Ă cette crise qui nous rĂ©serve un avenir incertain, lâhomme moderne, armĂ© de nouvelles technologies, ne sent-il pas la nĂ©cessitĂ© de se tourner vers les hommes illustres tels que Cheikh Anta Diop qui ont su utiliser la science avec conscience et fait la politique pour lâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral et non pour eux-mĂȘmes, pour tenter de dĂ©celer quelques promesses dâavenir ? Cet homme remarquable dont la contribution Ă lâĂ©laboration de la civilisation de lâuniversel est inĂ©galable, aura rĂ©pondu au discours de Sarkozy un demi-siĂšcle avant quâil ne le prononçùt Ă lâuniversitĂ© de Dakar. Cet illustre savant qui se prononça contre les accords de partenariat Ă©conomique, un demi-siĂšcle avant que le prĂ©sident Wade constate ses effets pernicieux mĂ©rite dâĂȘtre connu. Mieux, Cheikh Anta Diop ne se sera pas limitĂ© Ă dĂ©noncer cette mainmise des puissances occidentales sur lâĂ©conomie africaine, mais aura proposĂ© des solutions dont la plus urgente est lâunitĂ© culturelle La question que nous sommes en droit de nous poser est celle de savoir ce quâĂ©tait la quintessence du message de lâillustre disparu et comment la jeunesse africaine peut lâassumer. LâEgypte ancienne comme culture africaine et base de lâunitĂ© culturelle africaine un message fort Ă la jeunesse africaine Cheikh Anta Diop est un panafricaniste [21]. Sa thĂšse sur la parentĂ© culturelle profonde de lâEgypte avec le reste de lâAfrique, fondement de lâunitĂ© des peuples africains, reste dâactualitĂ©. En fait, LâEgypte ancienne reprĂ©sente le point central de la pensĂ©e de Cheikh Anta Diop. Il en est le point principal, essentiel, vers lequel vont toutes ses interrogations, toute sa quĂȘte historique. Il le dit lui-mĂȘme Tout provient de la vallĂ©e du Nil et tout revient Ă elle, comme Ă un rĂ©fĂ©rentiel incontournable » [22]. De Nations NĂšgres et Culture 1954 au Colloque dâEgyptologie du Caire 1974 [23], Cheikh Anta Diop nâa cessĂ© de montrer la vallĂ©e du Nil, la rĂ©gion des grands lacs Ă la mĂ©diterranĂ©e, comme lâorigine mĂȘme des civilisations nĂ©gro-africaines. Pour lâauteur, cette vallĂ©e remplit plusieurs fonctions dĂ©terminantes de temporalitĂ© de lâAfrique noire ; elle est substratum, socle, fondement commun des civilisations nĂ©gro-africaines en leur diversitĂ© historique et gĂ©ographique [24]. La jeunesse africaine peut-elle sâabreuver de cette thĂšse ? Certainement en considĂ©rant que lâEgypte est la rĂ©fĂ©rence historique et culturelle de lâhistoire gĂ©nĂ©rale de lâhumanitĂ©. En cela, la vallĂ©e du Nil Egypte-Nubie se doit dâĂȘtre considĂ©rĂ©e comme le fil conducteur des Ă©tudes historiques de lâAfrique Noire. Ce qui signifie que le fond culturel, riche dâatouts divers, peut fournir le fondement dâun nouveau dĂ©part basĂ© sur une intĂ©gration rĂ©gionale vĂ©ritable. A partir des donnĂ©es matĂ©rielles des Ă©lĂ©ments de la culture ancienne donc, il faut apprĂ©hender les fondements de lâunitĂ© des peuples constitutifs de cet espace gĂ©ographique. La consĂ©quence de cette rĂ©flexion est celle-ci lâunitĂ© de lâAfrique ne se rĂ©alisera pas uniquement par des Unions douaniĂšres Ă caractĂšre politique, mais Ă©galement par des projets culturels fĂ©dĂ©rateurs, fondĂ©s sur les valeurs africaines, sur les objets et lieux de mĂ©moires des peuples africains, traducteurs de leur originalitĂ©, de leur identitĂ©, et de la solidaritĂ© entre les peuples et les nations. VoilĂ la premiĂšre leçon que Cheikh Anta Diop lĂšgue Ă la jeunesse africaine. Il lâinvite en outre Ă assumer des valeurs africaines. Retour Ă la culture africaine et Ă ses valeurs Quâentend-on par valeurs africaines et quelles sont celles susceptibles de donner Ă cette jeunesse son nouveau dĂ©part ? _ Pour Ă©clairer notre interprĂ©tation, sans doute devrions-nous donner le contenu que nous retenons dans le vocable de valeur ». Il nâest pas rare que, dans des Ă©changes dâopinions, lâon utilise les mĂȘmes termes, avec toutefois des comprĂ©hensions diffĂ©rentes. Tout simplement les comprĂ©hensions des uns et des autres reflĂštent des prĂ©dispositions pycho-mentales qui ne sont pas nĂ©cessairement de mĂȘme rĂ©sonance. Nous avons estimĂ© utile de faire connaĂźtre ce que nous entendons par valeur » dans cette Ă©tude. _ Des diffĂ©rents sens donnĂ©s par le Petit-robert de 1992 le tout premier nous a semblĂ© contenir lâessentiel. Il sâagit en effet de Ce en quoi une personne est digne dâestime, quant aux qualitĂ©s que lâon souhaite Ă lâhomme dans le domaine moral intellectuel, professionnel ». _ Cette dĂ©finition a retenu notre attention tout simplement parce quâelle colle le mieux, Ă notre sens, avec la notion de culture telle que dĂ©finie par Edouard Tylor Le savoir des Africains, toutes leurs croyances, tout leur art, tout leur systĂšme Ă©thique, toutes leurs lois, aptitudes et coutumes⊠» Edouard Tylor, 1981 8. La nuance suggĂ©rĂ©e par Alexis Kagame apporte un supplĂ©ment Ă cette prĂ©sentation de Tylor et Ă©claire davantage notre prĂ©occupation [25]. Les prĂ©jugĂ©s voudraient que le savoir des Africains, leurs croyances, leur art, leur systĂšme Ă©thique, leurs lois, aptitudes et habitudes acquises soient inaptes Ă promouvoir un quelconque dynamisme historique orientĂ© vers le dĂ©veloppement. Sous-entendent-ils aussi que toute capacitĂ© de crĂ©ation, existant en tout ĂȘtre humain, fait par les facultĂ©s que sont intelligence, volontĂ© et autres Ă©nergies soit inexistante chez lâAfricain ? Serait-il totalement tarĂ© ? Nâa-t-on pas, en effet, dĂ©duit du nominalisme de Locke, vers la fin du XVIIIe siĂšcle, que Les NĂšgres nâĂ©taient, dans la grande chaĂźne des ĂȘtres, quâun rang au dessus des singes qui, dâailleurs, venaient aussi dâAfrique » Martin Bernal, 1996 249. _ Lâanalyse que nous nous proposons de faire vise ainsi Ă apporter les Ă©lĂ©ments de rĂ©ponse Ă ce double niveau, actif et passif. Les Africains ont donnĂ© des preuves quâĂ lâinstar des autres groupements humains dans le monde, ils sont dotĂ©s des capacitĂ©s crĂ©atrices propres Ă leur gĂ©nie. Ils ont donnĂ© la preuve de ce que nous appelons, Ă la suite dâA. Kagame, une culture active. En clair, ils se sont montrĂ©s capables, comme les autres, dâexplorer, dâexploiter et de transformer les Ă©lĂ©ments de leur environnement propre pour faire face Ă leurs besoins fondamentaux. Tous ceux qui se sont intĂ©ressĂ©s Ă ce continent, tel quâil a vĂ©cu avant les contacts en question ici, soit des balbutiements de ses dĂ©buts jusque vers les XVe / XVIe siĂšcles, ont unanimement attestĂ© de la rĂ©alitĂ© de cette culture active Ă travers toute lâAfrique [26]. _ Les travaux de Cheikh Anta Diop peuvent permettre de bĂątir une lexicologie historique en tant que source de renseignements historiques pour la jeunesse africaine. Lâhomme Ă©tait un modĂšle pour ses compatriotes. Ses amis dâenfance [27] reconnaissent quâil vouait une obĂ©issance et un dĂ©vouement exceptionnel Ă sa mĂšre. MalgrĂ© son instruction, Cheikh a toujours respectĂ© les valeurs socioculturelles, fait rare chez nos jeunes intellectuels dâaujourdâhui. Il vivait le principe de lâenracinement dâabord et de lâouverture ensuite. Il a grandi dans un environnement Ă©pris de valeurs de solidaritĂ©, dâassistance et dâentraide et lâa pratiquĂ© au quotidien. Ce sont ces valeurs, entre autres, qui constituent le patrimoine culturel africain. Il sâagit des lois, des interdits, des croyances religieuses, des rites, de la mĂ©decine traditionnelle dont il faut assurer la prĂ©servation et la transmission de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration. Il sâagit aussi des tĂ©moins matĂ©riels Ă valeur patrimoniale ; lieux sacrĂ©s, sites archĂ©ologiques, art scriptural, marqueur identitaire des peuples. Ces vestiges ont de la valeur du point de vue historique et artistique. _ Parmi ces valeurs, nous insistons sur les croyances religieuses africaines, comme jalons dâune intĂ©gration spirituelle. Elle permet dâapprĂ©hender lâunitĂ© culturelle des diffĂ©rents peuples dâAfrique rassemblĂ©s autour dâun Dieu crĂ©ateur auquel ils accĂšdent par lâintermĂ©diaire des gĂ©nies, esprits et ancĂȘtres. Nous ne saurons oublier leur Patrimoine linguistique ; la langue comme expression ultime dâune intĂ©gration, dâune unitĂ© et, en mĂȘme temps, le vĂ©hicule le plus authentique de la culture. Elle est donc, pour les Africains, le vĂ©ritable dĂ©nominateur commun, le trait dâidentitĂ© culturelle par excellence. Montesquieu, en prĂ©cisant que tant quâun peuple nâa pas perdu sa langue, il peut garder espoir » a voulu montrer lâimportance de cet Ă©lĂ©ment du patrimoine culturel. La langue, comme le confie Cheikh Anta Diop, mĂȘme non Ă©crite, est considĂ©rĂ©e comme la cristallisation en Ă©nigmes plus ou moins difficiles Ă dĂ©chiffrer de lâhistoire dâun peuple. Elle comporte nĂ©cessairement des traces de tout le passĂ© du peuple qui le parle câest-Ă -dire son hĂ©ritage culturel. _ Combien de jeunes parlent encore leur langue maternelle ? Quels sont ceux des jeunes africains qui peuvent rĂ©citer quelques versets des priĂšres traditionnelles ? Ce sont lĂ les valeurs qui constituent le socle de tout homme et les travaux de Cheikh Anta Diop montrent bien que lâEgypte ancienne constitue bien une thĂ©matique centrale et riche dâenseignements pour la jeunesse africaine. Dans Nation NĂšgres et Culture, lâEgyptologue sĂ©nĂ©galais dĂ©clare LâEgypte jouera dans la culture africaine repensĂ©e et rĂ©novĂ©e le mĂȘme rĂŽle que les civilisations grĂ©co-latines dans la culture occidentale. Ch. A. DIOP, 1954 14-15. Lâhistoire reconnaĂźt que lâEgypte fut un lieu dâinspiration mythique. JĂ©sus dĂšs lâĂąge de douze ans, Socrate, Platon, ThalĂšs, Pythagore, tous ont Ă©tĂ© initiĂ©s au pied des pyramides et sur les bords du Nil Ă la perception intelligible et imminente des mystĂšres de lâunivers. La jeunesse africaine peut, elle aussi, puiser dans les trĂ©sors de lâEgypte ancienne, de la sagesse africaine. Elle peut dĂ©velopper une confiance en sa culture et en la valeur de cette derniĂšre. Loin dâĂȘtre un narcissisme, le retour aux valeurs africaines doit chercher Ă utiliser celles susceptibles dâenraciner lâAfricain, sa jeunesse en particulier. Ceci veut dire que les jeunes Africains peuvent prendre le contre-pied de lâenseignement colonial et nĂ©ocolonial, conscients de leur potentiel crĂ©ateur, convaincus de la capacitĂ© Ă se prendre en charge eux-mĂȘmes. Pour cela, leur conscience historique en tant que peuples noirs dâAfrique aura pour fondement, dans le temps et dans lâespace, cette terre noire. Il faut restaurer la dignitĂ© du Noir. Il y a donc urgence pour nous Africains de nous armer de courage et dâabnĂ©gation pour nous dĂ©faire du complexe dâinfĂ©rioritĂ© et du manque de confiance en soi. Les travaux de Cheikh Anta Diop concourent Ă encourager la jeunesse de faire des recherches sur lâAfrique. LâIDEOLOGIE PANAFRICAINE COMME MODELE A LA JEUNESSE AFRICAINE ET COMME STRATEGIE DE LIBERATION DU CONTINENT AFRICAIN Comment lâidĂ©ologie panafricaine peut-elle jouer un rĂŽle de moteur pour la jeunesse africaine dans le dĂ©veloppement du continent ? _ Ce questionnement, presque conclusif Ă notre rĂ©flexion, repose sur le contexte politique et Ă©conomique infernal qui a plongĂ© des milliers de jeunes dans le dĂ©sespoir absolu. Face Ă cette situation, de nouvelles orientations tant continentales, gĂ©ostratĂ©giques que politiques en ce dĂ©but du XXIĂ© siĂšcle se dessinent. Dâautres paradigmes au plan politique notamment sâimposent aux Africains, Ă sa jeunesse en particulier, de toute urgence, dans le sillage de puissants leaders panafricanistes. La vie est une rĂ©pĂ©tition de la vie, les hommes sont des copies des autres, vivants ou morts. Chaque personne cherche un modĂšle, une rĂ©fĂ©rence. Tous les jours, les mĂ©dias nous proposent des modĂšles que nos jeunes imitent et copient Ă la lettre. Et finalement, qui veut comprendre les comportements des uns et des autres nâaura quâĂ interroger la tĂ©lĂ©vision. De mĂȘme, connaĂźtre ce qui se passe Ă la tĂ©lĂ©vision, câest regarder la sociĂ©tĂ©. A vrai dire, les Africains mĂ©riteraient le prix Nobel de lâimitation. Lâillustration la plus parfaite, câest celle des stars que les mĂ©dias imposent. Ces modĂšles sont-ils en phase avec les dĂ©fis multiples que nos pays pauvres doivent relever ? Malheureusement, les modĂšles que nous proposent les mĂ©dias ne sont pas les meilleurs, les plus utiles pour former les jeunes compatriotes, citoyens sensibles aux dĂ©fis de leur patrie. Une jeunesse qui sâoccupe de lâavenir de son pays, qui respecte les biens publics, les lois et les institutions. On verra plutĂŽt des jeunes acculturĂ©s et empressĂ©s de fuir leur patrie au risque de leur vie, des jeunes qui manifestent de plus en plus du dĂ©goĂ»t pour les Ă©tudes. Et pourtant des bons modĂšles ne manquent pas. Câest dans cette optique que Cheikh Anta Diop devrait ĂȘtre promu comme modĂšle de rĂ©fĂ©rence sur tous les plans. Cet homme nâest pas connu par la majoritĂ© de nos jeunes. Sont-ils fautifs de ne pas connaĂźtre Cheikh Anta Diop ? Certainement pas, car on ne parle de lui dans les mĂ©dias quâune fois par an Ă lâoccasion de la commĂ©moration de lâanniversaire de sa disparition. En prenant les leaders panafricains pour modĂšle, la souffrance africaine doit se transformer en tremplin historique pour la restauration de la conscience africaine et de la renaissance africaine. Telle est la mission lĂ©guĂ©e Ă la jeunesse africaine par lâillustre disparu. Restauration de la conscience historique africaine Si lâon examine les consĂ©quences de lâĆuvre de Cheikh Anta Diop pour les Africains en gĂ©nĂ©ral, la jeunesse en particulier, on peut dire que la restitution du passĂ© de lâAfrique a rendu possible la restauration de sa conscience historique. La restitution dâune rĂ©alitĂ© historique, câest mettre fin Ă la falsification de lâhistoire et de restaurer chez les Africains le sentiment dâavoir une antiquitĂ© et des pratiques culturelles et religieuses. _ Cette conscience historique africaine confĂšre donc Ă tout le monde africain, Ă sa jeunesse en particulier, le sentiment dâune rĂ©elle solidaritĂ© culturelle, dâune communautĂ© historique ayant ensemble des valeurs fondamentales hĂ©ritĂ©es des ancĂȘtres communs. La rĂ©conciliation des Africains avec leur propre histoire, leur passĂ© culturel est dâune nĂ©cessitĂ© vitale Sans conscience historique, les peuples ne peuvent pas ĂȘtre appelĂ©s Ă de grandes destinĂ©es » [28]. _ Lâauteur de cette citation dĂ©livre un message fort en enseignement Ă la jeunesse africaine. Pour lâEgyptologue sĂ©nĂ©galais, lâĂ©laboration du concept de conscience historique africaine est une chose indispensable pour lâAfricain ; il sâagit de la confiance en soi, face Ă lâhistoire qui a Ă©tĂ©, qui est et qui sera, selon la propre volontĂ© des Africains. _ Il ressort de toute cette immense synthĂšse historique un bĂ©nĂ©fice moral pour les gĂ©nĂ©rations actuelles. Il est possible dĂšs lors, câest-Ă -dire une fois le terrain dĂ©blayĂ©, la continuitĂ© et la conscience historique restituĂ©es, de faire en sorte que les antiquitĂ©s Ă©gyptiennes deviennent les antiquitĂ©s classiques pour toutes les communautĂ©s noires contemporaines. LâexpĂ©rience Ă©gyptienne fut essentiellement nĂšgre et tous les Africains sans exception peuvent en tirer le mĂȘme bĂ©nĂ©fice moral que les Occidentaux vis-Ă -vis de la civilisation grĂ©co-latine. Il faut par consĂ©quent enseigner les civilisations de la vallĂ©e du Nil, les langues de cette espace historique comme des antiquitĂ©s nĂ©gro-africaines classiques. Autrement dit, pour Cheikh Anta Diop, le passĂ© Ă©gypto-nubien doit ĂȘtre rĂ©animĂ© constamment par les communautĂ©s noires. Un hĂ©ritage nâest vivant que sâil est entretenu par des communautĂ©s qui lâassument Ă la maniĂšre dâun legs ancestral. Le jeune africain doit chercher les ressorts dans la tradition africaine, dans les valeurs africaines. La conscience du passĂ© historique doit redonner confiance aux jeunes Africains. Renaissance africaine Quand pourra-t-on parler de renaissance africaine ? Dans quelle mesure ce discours peut-il favoriser lâĂ©mergence sur la scĂšne internationale dâun message susceptible de mobiliser la jeunesse africaine ? Disons tout de suite que le concept de renaissance a fait son entrĂ©e dans les sciences sociales avec la civilisation de la renaissance de Jacob Burckardt en Italie [29]. Apparu dâabord en Italie, la renaissance dans lâhistoire de la civilisation est une pĂ©riode qui suit le Moyen Age dans lâhistoire de la civilisation occidentale au XVĂ© et au XVIĂ© siĂšcle. Cette pĂ©riode renoue donc avec lâhĂ©ritage de lâantiquitĂ© grĂ©co-latine sur les plans philosophique et artistique et crĂ©e une nouvelle Ăšre en se distinguant par lâHumanisme. Câest la pĂ©riode de lâĂ©mancipation de la conscience individuelle, laĂŻcisation du savoir, renouvellement des formes de pensĂ©e. Lâon a notĂ© un exceptionnel Ă©panouissement des arts, des lettres et des sciences favorables Ă lâessor du commerce international. Il sâest agi, au total, dâun nouvel esprit qui caractĂ©rise vĂ©ritablement la vie dâun peuple. En Italie, les acadĂ©miciens surgirent Ă Florence et Ă Rome. Les architectes utilisĂšrent les ordres antiques et sâinspirĂšrent des proportions du corps humain. LĂ©onard de Vinci, RaphaĂ«l, Michel Ange, Titien, Borticelli⊠tous furent de grands gĂ©nies de la renaissance italienne. En Hollande lâhumanisme se dĂ©veloppe avec ErasmeâŠ, En France, la littĂ©rature fut renouvelĂ©e Par ClĂ©ment Marot, les poĂštes de la PlĂ©iade ; Rabelais et Montaigne. _ En Ă©tudiant lâHistoire du Monde donc, on constate que lorsquâun peuple a Ă©tĂ© dans la misĂšre, et la souffrance, il cherche Ă renaĂźtre, Ce fut le cas du Japon avec lâĂšre Meiji, des Juifs avec la naissance de lâEtat dâIsraĂ«l, de lâEurope avec la renaissance du XVIĂ© siĂšcle. Cette renaissance sâimpose aussi Ă lâAfrique car nous avons subi le malheur pendant plusieurs siĂšcles. _ Si Cheikh Anta Diop se rĂ©fĂšre Ă la renaissance, câest Ă coup sĂ»r pour lâenthousiasme gĂ©nĂ©ral de cette Ă©poque dâinnovation audacieuse, de crĂ©ativitĂ© intense et soutenue, dâacquisition de nouveaux concepts et de nouveaux instruments de mesure, dâobservation, de propagation des idĂ©es et de formes nouvelles de pensĂ©e. Câest lâĂ©poque oĂč les banquiers florentins sont devenus les plus importants bailleurs de fonds de lâOccident. Le caractĂšre promĂ©thĂ©en de la renaissance devait plaire Ă Cheikh Anta Diop en quĂȘte dâune renaissance pour les siens, en dĂ©veloppant une culture africaine fondĂ©e sur un passĂ©, sur lâhĂ©ritage historique, sur les langues africaines avec de nouvelles expressions plastiques, musicales, architecturales. La renaissance africaine implique dâabord pour lâĂ©gyptologue la reconnaissance assumĂ©e de la vallĂ©e du Nil, foyer inaugural de la civilisation Ă©crite sur le continent africain. _ Le discours de renaissance africaine est rĂ©actualisĂ© par Thabo Mbeki et a pour ambition de changer la vision du continent africain et de lui donner toute sa place dans la Mondialisation [30]. Il conçoit une renaissance libĂ©ratoire qui trouve son origine dans la redĂ©couverte des rĂ©ussites oubliĂ©es de lâAfrique. Câest pour lui le seul moyen de rĂ©soudre la question de lâexception africaine et de contredire les stĂ©rĂ©otypes qui associent la condition africaine Ă lâinstabilitĂ© politique Ă la dĂ©pravation morale et sociale, Ă la dĂ©pendance Ă©conomique et Ă la pauvretĂ©. _ Que reste-t-il Ă faire Ă la jeunesse africaine, Ă part renaĂźtre de nouveau, reprendre un nouvel Ă©lan, un nouvel essor ? Pour y parvenir, ne suffit-il pas de se servir des valeurs africaines, des ressources naturelles, de son intelligence ? Câest tout Ă fait normal si lâon suit lâhistoire des peuples. _ Cela parait tout Ă fait possible, nous avons tout ce quâil faut, les cerveaux, lâimagination, nous sommes largement comblĂ©s par la nature avec les diffĂ©rents fleuves africains, les forĂȘts encore vierges, les animaux sauvages, qui nâexistent quâen Afrique, nous avons les sous-sols les plus riches du monde, nos valeurs restent codĂ©es dans les croyances religieuses africaines. Chaque jeune doit mettre son expĂ©rience personnelle et professionnelle au profit du continent. CONCLUSION LâidĂ©ologie panafricaine, force dâune extraordinaire puissance pour la jeunesse africaine, a Ă©tĂ© lâaxe central de nos dĂ©veloppements. A travers lâexemple dâun prophĂšte panafricaniste, nous avons relevĂ© que le fond culturel africain, riche dâatouts, pouvait fournir le fondement dâune renaissance africaine. Cheikh Anta Diop invite Ă juste titre la jeunesse africaine Ă une meilleure connaissance de son histoire. Son message se trouve ainsi rĂ©sumĂ© la jeunesse africaine doit connaĂźtre son histoire, sa civilisation, condition sine qua non pour sortir lâAfrique de sa lĂ©thargie. Il sâagit en fait dâune autodĂ©termination des jeunes Africains par la restauration de la conscience historique. Il suffit dâinitier des dĂ©bats comme ceux-ci sur la jeunesse africaine afin dâouvrir les yeux de cette jeunesse africaine qui accepte dâaller mourir dans la mĂ©diterranĂ©e. Si lâOccident avec ses divers satellites Banque Mondiale-FMI sont mis au banc des accusĂ©s, leurs mandataires africains ne le sont pas moins. Contre toutes ces forces dâagression du continent, nous disons avec T. Obenga que la jeunesse Africain doit se dĂ©tourner des mĂ©thodes et pratiques responsables du chaos La jeunesse africaine doit faire bouger les choses, dĂ©velopper des idĂ©es novatrices, sâorganiser au plan continental panafricain, ambitionner une Afrique diffĂ©rente de celle des pĂšres fondateurs et des prĂ©sidents Ă vie, protĂ©gĂ©s par lâOccident, pour les seuls intĂ©rĂȘts occidentaux. OBENGA ThĂ©ophile, 1996 12. Le personnage de Cheikh Anta Diop constitue un exemple dâautodĂ©termination par excellence et donc un modĂšle pour la jeunesse africaine. Pour quâil puisse ĂȘtre ainsi reconnu, pour quâil soit un modĂšle de rĂ©fĂ©rence, ses hĂ©ritiers et les universitaires africains en gĂ©nĂ©ral ont un rĂŽle fondamental Ă jouer promouvoir lâenseignement de lâĂ©gyptologie. Les jeunes trouveront leur salut, non en Occident comme semblent penser bon nombre dâentre eux, mais chez eux. BIBLIOGRAPHIE BASTIDE, R., Les AmĂ©riques Noires, Paris, 1967. BERNAL, M., Black Athena, Les racines Afro-asiatiques de la civilisation, T1, Paris, 1996. BONTEMPS, A., La renaissance de Harlem, Nouveaux horizons, 1973. DIOP, LâunitĂ© culturelle de lâAfrique Noire, Paris, PrĂ©sence africaine, 1960. â Les fondements Ă©conomiques et culturels dâun Ă©tat fĂ©dĂ©ral dâAfrique Noire, Paris, PrĂ©sence africaine, 1960. â ParentĂ© gĂ©nĂ©tique de lâEgypte pharaonique et des langues nĂ©gro-africaines, Dakar, IFAN, 1977. â Nations nĂšgres et cultures, Paris, PrĂ©sence Africaine, T. I et II, 1979. â Civilisations ou barbarie, Paris, PrĂ©sence, Africaine, 1981. ELA, J. M., Cheikh Anta Diop ou lâhonneur de penser, LâHarmattan, Paris, 1989. BALOGUN, O., AGUESSI, H. et DIAGNE, P., Introduction Ă la culture africaine, Paris, UNESCO, 1977. KOUMOU, Michel, Le panafricanisme de la Crise Ă la renaissance. Une stratĂ©gie globale de reconstruction effective pour le 3Ă© millĂ©naire, Paris, ClĂ©, 2008. OBENGA, ThĂ©ophile, Appel Ă la jeunesse africaine, Editions Ccinia communication, 2008. â Volney et le sphinx, contribution de Cheikh Anta Diop Ă lâhistoriographie mondiale, Paris, PrĂ©sence Africaine, 1996. LEGUN, C., Le panafricanisme Ă lâĂ©poque de lâindĂ©pendance, Paris, PrĂ©sence Africaine, 1961. PADMORE, G., Panafricanisme ou communisme, 1961. [1] UniversitĂ© de Dschang, Cameroun [2] Lâauteur connaĂźt bien la pensĂ©e de son maĂźtre. AprĂšs avoir Ă©tudiĂ© la philosophie Ă lâUniversitĂ© de Bordeaux, lâhistoire au CollĂšge de France, Ă Paris et lâĂ©gyptologie Ă GenĂšve en Suisse, il a suivi une formation en sciences de lâĂ©ducation Ă Pittsburgh aux Etats Unis. Docteur dâEtat es lettres, il est chef de dĂ©partement dâĂ©tudes des civilisations africaines Ă lâUniversitĂ© San Francisco en Californie. [3] Dans son dernier livre, Appel Ă la jeunesse africaine, contrat social africain pour le 21Ă©siĂšcle, Editions Cinia communication, 2007, T. OBENGA expose son point de vue quant Ă la nĂ©cessitĂ© de la crĂ©ation des Etats-Unis dâAfrique. Face aux nombreuses tragĂ©dies qui touchent le continent africain, il appelle cette jeunesse africaine Ă se rĂ©veiller, Ă sortir de son Ă©tat de dĂ©sĆuvrement et Ă agir pour la renaissance africaine. [4] Sindjoum Pokam, philosophe, intervention dans une table ronde le 07 fĂ©vrier 2005, texte dâhommage et dâanniversaire du savant disparu. [5] Edward Wilmut Bylden 1832-1912 est lâun des pĂšres fondateurs du mouvement panafricain moderne. [6] Le mouvement panafricain est nĂ© pour lâessentiel dans les rĂ©gions de langue anglaise, au sud des Etats-Unis dâAmĂ©rique et aux Antilles Britanniques. [7] ConvoquĂ© par William Edward Burghart Dubois qui rĂ©clame conformĂ©ment Ă Woodrow Wilson, le droit des peuples Ă disposer dâeux mĂȘme. [8] Autrement appelĂ©e cinquiĂšme congrĂšs panafricain de Manchester, il a jouĂ© un rĂŽle dans lâĂ©mancipation politique des pays africains. [9] William Edward Bugardt Du Bois, auteur de Black Princes, fervent dĂ©fenseur de lâidĂ©e sioniste quâil tentera dâadapter Ă la diaspora noire. Leader du mouvement de rĂ©sistance noire amĂ©ricaine, il est le fondateur du grand mouvement de protestation ; la NAACP National Association for the Advancement of Coloured People. Il est un antimarxiste convaincu. [10] Sylvester William, avocat nĂ© aux Antilles britannique, ardent dĂ©fenseur de la dĂ©mocratie bourgeoise. Il a consacrĂ© toute sa vie Ă aider les chefs coutumiers bantous de lâAfrique Australe Ă Ă©chapper aux contraintes des immigrĂ©s Boers et des agents britanniques de la Compagnie Ă Charte de Cecil Rhodes. [11] Alexandre Walters est un Ă©vĂȘque de lâAfrican Methodist, Episcopal Zion Church. [12] Une des plus importantes de ces organisations parallĂšles est fondĂ©e par Marcus AurĂ©lien Garvey Ă New York le premier aoĂ»t 1920. Garvey convoque le premier parlement noir de lâAfrique libre et fonde la ligue universelle du progrĂšs des communautĂ©s africaines ». JamaĂŻcain, il est celui qui organise le plus grand mouvement nationaliste noir ; lâUNIA Universal Negro Improvment Association dont lâobjectif Ă©tait lâĂ©tablissement des liens confraternels aux niveaux sociopolitiques et culturels entre les pays noirs, des AmĂ©riques, dâAfrique et dâEurope. [13] â Nnandi AzikiwĂ©[[Nnandi AzikiwĂ©, premier gouverneur gĂ©nĂ©ral du Nigeria indĂ©pendant, nommĂ©e par la reine dâAngleterre, il est lâauteur dâun document cĂ©lĂšbre du mouvement panafricain The atlantic charter and British West Africa 1943. Il y refuse expressĂ©ment toute idĂ©e de rupture avec le systĂšme capitaliste et exige lâintĂ©gration sur une base Ă©galitaire, des futurs gouvernants noirs autonomes au Conseil de lâAlliance Atlantique. [14] BASTIDE, R., Les AmĂ©riques Noires, Paris, Payot, 1967, document citĂ© par Jean ZIEGLER, ibidem. [15] Sous lâimpulsion de Nkrumah, le Ghana, ancienne CĂŽte de lâor Gold Coast est le premier pays dâAfrique Noire Ă se libĂ©rer de lâoccupation blanche. Ce territoire devrait devenir le bastion dâoĂč devaient partir les diverses armĂ©es coloniales pour la guerre dâindĂ©pendance du continent africain. [16] Lire BASTIDE, R., Les AmĂ©riques noires, Paris, 1967. Lâauteur retrace cette martyrologie des millions de nĂšgres morts sous la chicotte, souffrant de lâesclavage. En outre, deux romans explorent lâinconscient collectif de lâAfrique contemporaine ; Ă Schawartz BART, La mulĂątresse solitaire, Paris, Seuil, 1971 et R. HALLEY, Racines, Paris, 1977. [17] DIOP, Cheikh Anta, Discours du 09 janvier 1986 », Palais des CongrĂšs, YaoundĂ©- Cameroun. [18] Georg William Friedrich Hegel est sans doute le premier penseur qui a montrĂ© que, dĂšs le dĂ©part, lâhistoire du monde est la manifestation progressive de la raison vernuft, de lâesprit der absolut geist. Pour lâauteur, la valeur de la raison est mesurĂ©e par lâexpĂ©rience affective concrĂšte que nous avons de la rationalitĂ©. LâHistoire universelle est la manifestation de la raison et lâAfrique noire a Ă©tĂ© exclue de lâuniverselle, de la totalitĂ© historique universelle parce que le fondement gĂ©ographique lui fait dĂ©faut. Son texte cĂ©lĂšbre La raison dans lâHistoire. Introduction Ă la philosophie de lâHistoire, trad de Kostas papaioonnou, Paris, Plon, 1965. [19] Autant HEGEL excluait le Noir africain de lâhistoire du monde, parce quâil ne reconnaissait pas en Afrique Noire la rĂ©vĂ©lation de la raison divine, de lâesprit universel, autant GOBINEAU refuse aux NĂšgres tout rĂŽle majeur dans lâĂ©volution historique de lâhumanitĂ©, vu son infĂ©rioritĂ©. Câest cet obstacle racial que Cheikh Anta DIOP rencontre et rĂšgle dans toute sa dĂ©monstration scientifique. [20] Le colloque du Caire, organisĂ© par lâUNESCO en 1974, marque une Ă©tape capitale dans lâhistoriographie africaine. Pour la premiĂšre fois, des experts africains ont confrontĂ©, dans le domaine de lâEgyptologie, les rĂ©sultats de leurs recherches avec ceux de leurs homologues des autres pays, sous lâĂ©gide de lâUNESCO. Les participants ont Ă©tĂ© frappĂ©s par la mĂ©thodologie interdisciplinaire introduite par Cheikh Anta Diop et ThĂ©ophile Obenga. Les recommandations reflĂštent la soliditĂ© de lâargumentation prĂ©sentĂ©e par les deux Africains. Il a Ă©tĂ© reconnu clairement que lâEgypte appartient Ă lâunivers nĂ©gro-africain. [21] Cheikh Anta Diop et son fils idĂ©ologique Mokefi Kete Asante sont les hĂ©rauts de la branche du panafricanisme dite afro-centriste. Ce mouvement rĂ©examine lâhistoire de lâAfrique dâun point de vue africaniste en lâopposant Ă lâeurocentrisme. Il sâagit dâun retour aux concepts traditionnels africains et Ă la culture africaine. [22] LâĂgypte pharaonique et le continuum historique africain », table ronde avec Cheikh Anta Diop, Jean Devisse, Prince Dika Akwa, Nya Bonambela, YaoundĂ© â Cameroun, 6-9 janvier 1986, in Actes du Colloque sur lâarchĂ©ologie Camerounaise. [23] Colloque sur le dĂ©chiffrement de lâĂ©criture mĂ©roĂ©itique, organisĂ© sous lâĂ©gide de lâUNESCO, le Caire, 28 janvier- 3 fĂ©vrier 1974. [24] DIOP, Cheikh Anta, LâEgypte pharaonique et le continuum historique africain », table ronde avec Jean Devisse, Prince Dika Akwa, Nya Bonabela, YaoundĂ©, Cameroun, 6-9 Janvier 1986, in Actes du Colloque International de YaoundĂ© sur lâarchĂ©ologie du Cameroun. [25] Nous nous inspirons des analyses de Ola BALOGUN, H. AGUESSI et PathĂ© DIAGNE, Introduction Ă la culture africaine, Paris, UNESCO, 1977, [26] Lâon pourra sâen convaincre en se reportant, pour une bonne synthĂšse au volume IV de LâHistoire GĂ©nĂ©rale de lâAfrique, UNESCO/NEA, 1985. Les auteurs illustrent cette rĂ©alitĂ© Ă travers tout le continent, du Nord au Sud, de lâEst Ă lâOuest, en passant, bien sĂ»re par le centre. [27] EL Hadji Abdou Moutalib SĂšne, qui connut lâhomme en 1943 et partagea avec lui 43 bonnes annĂ©e, raconte dans un article publiĂ© dans Afrique histoire no12 paru en 1987 quâen classe de terminale, Cheikh nâĂ©tait pas encore affranchi de certaines servitudes domestiques. En effet, il se levait de bonne heure et balayait la cour de la concession avant dâaller chercher de lâeau Ă la borne fontaine pour les besoins de mĂ©nage de maman Maguette Diop. [28] Cheikh Anta Diop, un continent Ă la recherche de son histoire » texte de 1957 citĂ© par O. THEOPHILE in Volney et le Sphinx, contribution de Cheikh Anta Diop Ă lâhistoriographie mondiale. [29] BURCKARD, J., HOLBON et HAJO, Civilisation of the renaissance in Italy, Modern Library Edition, 2002. [30] La renaissance africaine de Thabo MbĂ©ki repose sur quatre dimensions politique, Mbeki souhaite que les leaders traditionnels dĂ©mocratisent leur pouvoir afin dâĂȘtre plus en phase avec le nouveau siĂšcle. Lâinstrument utilisĂ© est le concept de Gouvernement dâunitĂ© Nationale quâil utilisĂ© avec un succĂšs mitigĂ© en Angola et au Zimbabwe. Economique, il sâagit dâinstaurer des rĂ©formes pour une Ă©conomie mondialisĂ©e et compĂ©titive CrĂ©ation du NEPAD pour tenter de confĂ©rer Ă lâAfrique un autre rĂŽle que celui de fournisseur de matiĂšres premiĂšres. Economique et sociale, il sâagit de la dimension psychologique de la renaissance africaine selon laquelle les Africains doivent ĂȘtre fiers de leur identitĂ© ».