onglede la main in English : n. fingernail. click for more detailed English meaning translation, meaning, pronunciation and example sentences.
Lespetites tùches blanches, qui se trouvent sur les ongles, sont sans danger. En revanche, si les ongles sont en verre de montre, soit bombés dans un sens ou un l'autre, c'est une alerte. Des
Lepsoriasis et le cancer de la peau. Des petits trous sur lâongle. Certaines maladies de peau parfois peuvent aussi toucher les ongles. Ainsi le psoriasis, qui est une maladie auto-immune assez courante (en France, environ 3 millions de personnes en souffrent), peut avoir des formes plus ou moins graves. Parfois les lĂ©sions ne persistent
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ConceptionincurvĂ©e Ă 25 degrĂ©s: La lame inclinĂ©e vous permet de voir lâongle du chat avant de couper, ce qui rend le processus de coupe plus sĂ»r 3. Bonne prise en main: La poignĂ©e des ciseaux Ă ongles pour animaux de compagnie est recouverte dâune texture et dâun matĂ©riau PVS doux,vous procurent une prise sĂ»re et confortable. MĂ©thode pour couper les griffes 1. Tenez
Lesampoules ne sont pas comprises dans la livraison. ⹠Fabrication de haute qualité, conception simple, col de lampe incurvé ⹠Couleur intemporelle ⹠Conception simple et claire ⹠Col de lampe incurvé pour un bon éclairage ⹠Base en bois élégante ⹠En partie à la main ⹠Cùble long ⹠Avec interrupteur à bascule intégré ⹠Idéal pour les lampes led (e27, 40w) PLUS
DansCarnet de Santé, le docteur Christian Recchia répond, pour Yahoo, à toutes les questions que vous vous posez et vous livre conseils pratiques et petites astuces pour mieux vivre au quotidien.Dans cet épisode, il explique en quoi les ongles sont un indicateur précieux en matiÚre de santé et alerte sur les signes qui doivent inquiéter.Cette vidéo ainsi que les conseils
Lentillesconvexes La lentille convexe d'un télescope fait des objets lointains apparaissent plus proches . lentilles convexes sont . sol ou formé à la courbe ou bomber , la production d'une lentille qui est épais au milieu et plus mince sur les bords. Une lentille convexe fait que les rayons de lumiÚre pour réduire , ou convergent , et
PANARISDU DOIGT OU DU PIED : soigner un panari (doigt ou orteil) VERRUE MAIN : enlever une verrue de la main ou du doigt. ECZEMA AU CIMENT : lâexema des mains au bĂ©ton ou « gale du maçon ». CLOQUES DES MAINS ET PIEDS : la dyshidrose et ses boutons (doigts, orteils) ECZEMA DU PIED : soigner lâexema des pieds.
jtcdiqP. Et si votre Ă©tat de santĂ© pouvait se lire sur... vos ongles ? OndulĂ©s, piquetĂ©s, bombĂ©s dĂ©couvrez ce que la forme et l'Ă©tat de vos ongles peuvent est principalement constituĂ© d'une protĂ©ine appelĂ©e kĂ©ratine, le composant majeur de la peau et des cheveux. La repousse d'un ongle complet dure six mois. Cassants, mous, striĂ©s, dĂ©doublĂ©s, les ongles de nos mains reflĂštent souvent un petit souci de santĂ© ou une carence en vitamines. Pour en prendre soin au quotidien Sur le mĂȘme sujetLa solution aroma 2 fois par semaine, massez longuement vos ongles avec 2 gouttes d'HE de citron diluĂ©es dans de l'huile de germe de solution phyto prenez 4 gĂ©lules par jour d'huile de bourrache en capsules dosĂ©es Ă 500 mg en cure de deux mois, rĂ©pĂ©tez si nĂ©cessaire deux ou trois fois par an. Ou massez la matrice des ongles avec de l'huile d'olive tous les solution nutri saupoudrez vos potages et vos salades avec de la levure de biĂšre en paillettes. Faites cette cure pendant au moins deux vidĂ©o 3 soins maison pour prendre soin de vos onglesVos ongles sont ondulĂ©sCes vagues transversales sont le rĂ©sultat de traitements trop agressifs, de chocs rĂ©pĂ©tĂ©s au niveau de la matrice cuticules repoussĂ©es avec un objet en mĂ©tal, ou simplement dus Ă la mauvaise habitude de se ronger les ongles. Ces ondulations peuvent aussi ĂȘtre provoquĂ©es par un eczĂ©ma ou certaines maladies microbiennes streptocoques, staphylocoques. AprĂšs un prĂ©lĂšvement pour identifier le germe responsaÂble, une crĂšme antibiotique peut ĂȘtre prescrite par le ongles ont changĂ© de couleur>> Ils sont jaunes le tabac, et l'application de vernis colorĂ© sans base protectrice pour isoler la kĂ©ratine des pigments sont le plus frĂ©quemment responsables de cette coloration. Une fois ces causes bĂ©nignes Ă©cartĂ©es, il est nĂ©cessaire de chercher du cĂŽtĂ© des mycoses, souvent responsables de jaunissement. Ou vĂ©rifier que cela ne cache pas une pleurĂ©sie ou une sinusite.>> Ils sont blancs une nette dĂ©coloration peut ĂȘtre l'indice d'une anĂ©mie ou d'une maladie hĂ©patique. Des petites taches blanches, en revanche, ne rĂ©vĂšlent aucune pathologie, ni mĂȘme une carence en minĂ©raux. Il s'agit de micromalformations de la kĂ©ratine, provoquĂ©es par des manĆuvres trop brutales pour repousser les cuticules, ou des chocs Ă rĂ©pĂ©tition.>> Ils sont noirs en dehors des hĂ©matomes qui apparaissent Ă la suite d'un choc ou d'un pincement, toutes les taches noires doivent ĂȘtre surveillĂ©es de trĂšs prĂšs toutes celles qui n'Ă©voluent pas comme un grain de beautĂ©, ou celles qui forment une bande Ă la maniĂšre d'un "code barre", et qui ne disparaissent pas Ă la pousse. Il peut en effet s'agir d'un mĂ©lanome tumeur, qui se soigne bien, Ă condition d'ĂȘtre traitĂ© au plus tĂŽt.>> Ils sont bleus si cette couleur bleutĂ©e est diffuse et touche tous les ongles, impossible de la mettre sur le compte d'un simple hĂ©matome ! Elle peut plutĂŽt rĂ©vĂ©ler une dĂ©ficience circulatoire ou encore une insuffisance cardiaque. A faire confirmer par son mĂ©decin traitant ou un dermatologue.>> Ils sont rouges un ongle en bonne santĂ© est naturellement rose. Des taches rouges, en revanche, peuvent ĂȘtre le signe d'une maladie cardiaque, pulmonaire ou rĂ©nale. Lorsque le pourtour devient rouge et gonflĂ©, il peut s'agir d'une allergie ou d'une mycose par Candida, des levures qui se trouvent Ă l'Ă©tat naturel sur la peau et les muqueuses. Celles-ci s'infiltrent sous la cuticule et prolifĂšrent lorsque les mains sont souvent dans l'eau et mal soignĂ©es. L'inflammation est assez douloureuse et l'ongle se dĂ©colle peu Ă peu. Il est alors nĂ©cessaire d'Ă©liminer la zone attaquĂ©e par le champignon et d'appliquer un soin ongles sont piquetĂ©sLes petites dĂ©pressions qui parsĂšment la surface des ongles sont souvent dues Ă des microtraumatismes rĂ©pĂ©tĂ©s. Mais lorsque ces trous s'organisent Ă la façon d'un dĂ© Ă coudre, il peut s'agir d'un psoriasis. Ces microlĂ©sions peuvent ĂȘtre le signe avant-coureur de cette maladie trĂšs rare, qui ne touche que 1 % des Français. Le traitement repose sur des corticoĂŻdes ongles sont bombĂ©sCette forme "en verre de montre" est souvent hĂ©rĂ©ditaire. Mais cela peut aussi indiquer un manque d'oxygĂšne dans le sang et alerter sur un problĂšme spĂ©cifique au niveau des voies respiratoires bronchite chronique, affection pulmonaire ou encore un emphysĂšme ongles sont incurvĂ©sCette dĂ©formation particuliĂšre de l'ongle est le signe d'une carence en vitamine C ou en fer. En particulier si elle s'accompagne d'une pĂąleur de la lame unguĂ©ale. Cette anĂ©mie, relativement frĂ©quente chez les femmes, notamment au moment de la mĂ©nopause, se traite par une supplĂ©mentation par voie lire aussi Les 4 bonnes raisons d'utiliser une huile pour les ongles4 idĂ©es fausses corrigĂ©es sur la beautĂ© des onglesLes bons rĂ©flexes pour une manucure qui tient en Ă©tĂ©Faites vous-mĂȘme un soin nettoyant pour les ongles4 remĂšdes de grand-mĂšre pour de plus beaux ongles Inscrivez-vous Ă la Newsletter de Top SantĂ© pour recevoir gratuitement les derniĂšres actualitĂ©s
Page 2 and 3 ARTHUR C. CLARKE Base VĂ©nus-4 MĂ©dPage 4 and 5 PROLOGUE Elle Ă©tait allongĂ©e sur Page 6 and 7 ocheuses et de gorges profondes, blPage 8 and 9 Juste avant lâappareillage, BlakePage 10 and 11 1 Ils se dressaient au sommet dâuPage 12 and 13 de lâintellectuel exilĂ©, lâĂ©rPage 14 and 15 donnerais bien volontiers un coup dPage 16 and 17 â Entendu, grommela finalement lePage 18 and 19 2 â Lâauteur du projet Kon-TikiPage 20 and 21 qui constituaient le squelette de cPage 22 and 23 devenue caractĂ©ristique des couchePage 24 and 25 Une rafale de vent cingla Falcon quPage 26 and 27 Falcon mit le pied sur la marche inPage 28 and 29 cĂ©der sa structure affaiblie. Il fPage 30 and 31 conditionnement qui les empĂȘchait Page 32 and 33 â Câest Ă la portĂ©e du premiePage 34 and 35 surface de Jupiter, terres et ocĂ©aPage 36 and 37 Webster regagna son bureau et regarPage 38 and 39 â Lorsquâils mâont reconstituPage 40 and 41 grande salle de style gothique aux Page 42 and 43 â Me diriez-vous ce que je pense Page 44 and 45 Longtemps auparavant ils Ă©taient aPage 46 and 47 4 La lune naviguait sur la mer glacPage 48 and 49 Un crissement mĂ©tallique et un cliPage 50 and 51 â Sortez, monsieur Redfield, nousPage 52 and 53 Il ne lisait ni amour ni compassionPage 54 and 55 pĂ©pier dans les arbres du parc, quPage 56 and 57 â Essayer de vous convaincre seraPage 58 and 59 DEUXIĂME PARTIE LE SIGNE DE LA SALPage 60 and 61 familier de son logis et laisser auPage 62 and 63 Le vieux M. Hicke, son voisin du dePage 64 and 65 â Quâes-tu venu faire ici ? PouPage 66 and 67 Il ressortit de son ancienne chambrPage 68 and 69 Tout cela Ă©tait vrai, et en deçà Page 70 and 71 fraction infime de ses capacitĂ©s pPage 72 and 73 7 Dans une Ă©troite rue de Londres,Page 74 and 75 Sur lâinstant, recourir Ă de telPage 76 and 77 Elle fut horrifiĂ©e par le passĂ© dPage 78 and 79 Il rĂ©torqua quâils devraient resPage 80 and 81 Newark pour embarquer Ă bord dâuPage 82 and 83 Ă©novĂ©, une gemme resplendissante Page 84 and 85 leurs voisins tant quâils nâĂ©tPage 86 and 87 Blake jugea la diversion suffisantePage 88 and 89 les grondements gutturaux des moteuPage 90 and 91 Blake haussa les Ă©paules et continPage 92 and 93 Les locaux de lâInstitut Vox PopuPage 94 and 95 fanatiques et au moins un de leurs Page 96 and 97 â Pour quelle raison ne vous ĂȘtePage 98 and 99 â Yo ! sâexclama la voiture. ElPage 100 and 101 oĂč allaient les choses, qui auraitPage 102 and 103 Rien nâencourage autant la constaPage 104 and 105 Les Salamandres Ă©taient donc dâaPage 106 and 107 clartĂ© de la vidĂ©oplaque de sa chPage 108 and 109 cortex visuel, semblait isoler une Page 110 and 111 TROISIĂME PARTIE LE CARNAVAL DES APage 112 and 113 CâĂ©tait dans un but prĂ©cis quPage 114 and 115 sont aussi des hindouistes dĂ©vots Page 116 and 117 ses cuisses. Le mĂ©decin sâinstalPage 118 and 119 â Mais cela posait des problĂšmesPage 120 and 121 normal. Et je prĂ©sume quâil est Page 122 and 123 12 â Tous vos souvenirs de cette Page 124 and 125 â Je me demande selon quels critPage 126 and 127 eliĂ© de cuir pris sur lâĂ©tagĂšrPage 128 and 129 soit dit en passant - mais ces Ă©crPage 130 and 131 â Et voici la traduction anglaisePage 132 and 133 Forster regarda le commandant et paPage 134 and 135 13 Elles approchaient des contreforPage 136 and 137 aĂ©rostat. Ils partaient de SrinagaPage 138 and 139 Les lieux Ă©taient dâune conceptiPage 140 and 141 â Bbbbbb⊠bah, bah⊠â CâePage 142 and 143 vous en doutez. Nous nâavions pasPage 144 and 145 un dĂ©cor de pics ombragĂ©s par la Page 146 and 147 Elle se hissa sans peine sur lâapPage 148 and 149 en elle et lui rĂ©pĂ©taient sans cePage 150 and 151 donner un statut identique Ă celuiPage 152 and 153 15 Elle sauta de la branche et se lPage 154 and 155 Sparta explora son Ăąme en quĂȘte dPage 156 and 157 â En OuzbĂ©kistan, rĂ©gion adminiPage 158 and 159 16 â La PremiĂšre Directive stipuPage 160 and 161 lâhumanitĂ© qui consiste Ă foncePage 162 and 163 â Et ce quâont cru les jurĂ©s. Page 164 and 165 scientifiques ? Des escrocs et des Page 166 and 167 17 Deux ans plus tard⊠Le ravitaiPage 168 and 169 ĂmaciĂ©e et sale, elle avait peu dPage 170 and 171 Cette question pleine de sollicitudPage 172 and 173 Dans tout le systĂšme solaire, SparPage 174 and 175 comme trophĂ©e Ă un soldat allemanPage 176 and 177 croissants pĂąles de Callisto et dePage 178 and 179 de la chambre en faisant des embardPage 180 and 181 insonorisĂ©e de lâancien manoir. Page 182 and 183 se rejoignent en son centre. Entre Page 184 and 185 Le responsable rĂ©pondit par le comPage 186 and 187 Mais il Ă©tait toujours lĂ , Ă lesPage 188 and 189 Sur le chronomĂštre de la console, Page 190 and 191 Ă©tapes jusquâĂ cinq millions dePage 192 and 193 dĂ©cuplĂ©es. Ses yeux⊠dĂ©sormaisPage 194 and 195 20 Tout un monde nouveau sâoffraiPage 196 and 197 Au-dessus de lui le ciel Ă©tait prePage 198 and 199 â Un cutter du Bureau spatial quiPage 200 and 201 programmation de Falcon. Il y est pPage 202 and 203 Et voici que Kingman sort par la grPage 204 and 205 mais elle cĂšde Ă une impulsion imPage 206 and 207 21 Tout au long de cette premiĂšre Page 208 and 209 * Im, la directrice du vol, lui annPage 210 and 211 Mais il se produisit un vĂ©ritable Page 212 and 213 Les signaux mystĂ©rieux qui leur paPage 214 and 215 22 Les voix des profondeurs moururePage 216 and 217 ougeĂątres entamaient un parcours ePage 218 and 219 telles des mantes gĂ©antes Ă©voluanPage 220 and 221 ne vit pas une seule mante sur le vPage 222 and 223 CINQUIĂME PARTIE RENCONTRE AVEC MPage 224 and 225 â DĂ©solĂ©, lâinterrompit-il. VPage 226 and 227 Falcon utilisa lâĂ©cran du systĂšPage 228 and 229 libĂ©rĂ©e quand le jet atteindrait Page 230 and 231 dâĆil par les hublots. Les feux Page 232 and 233 enseignements avaient Ă©tĂ© adressPage 234 and 235 infĂ©rieures de lâatmosphĂšre et Page 236 and 237 tranchantes que des lames de rasoirPage 238 and 239 produisait Ă plus de 200 kilomĂštrPage 240 and 241 â Il est toujours Ă son poste maPage 242 and 243 ses bras et elle percevait la prĂ©sPage 244 and 245 fumĂ©e noire ! La ressemblance avecPage 246 and 247 â Alors, pourquoi invoquez-vous lPage 248 and 249 un incident. Mais peut-ĂȘtre avaienPage 250 and 251 â Ouais, je sais dĂ©jĂ que vous Page 252 and 253 â Câest le statut que les prophPage 254 and 255 25 Le ciel sâassombrissait mais, Page 256 and 257 Corde de dĂ©chirure⊠un terme arcPage 258 and 259 un souvenir Ă©voquĂ© par le serpentPage 260 and 261 orbitales irrĂ©alisables. Les capotPage 262 and 263 Quatre techniciens criĂšrent et dĂ©Page 264 and 265 â Câest chose faite. Cette foisPage 266 and 267 Quoi quâil eĂ»t lâintention de Page 268 and 269 â Vous ĂȘtes un hĂ©ros. Dans bienPage 270 and 271 hommes et ces femmes brandissaient Page 272 and 273 ĂPILOGUE â Un autre ? â Ma foiPage 274 and 275 â Mes allĂ©gations ? Il feignit dPage 276 and 277 prĂ©tendue rĂ©vĂ©lation ! Vous nâPage 278 and 279 jonchĂ© de feuilles mortes qui bruiPage 280 and 281 Il adressa un signe de tĂȘte Ă BlaPage 282 and 283 de son pĂšre. Il y avait Ă nouveauPage 284 and 285 existence Ă essayer dâĂ©lucider Page 286 and 287 toutes les planĂštes situĂ©es entrePage 288 and 289 PLANCHES TECHNIQUES Dans lesPage 290 and 291 290Page 292 and 293 292Page 294 and 295 294Page 296 and 297 296Page 298 and 299 298Page 300 and 301 300Page 302 and 303 302
Reminder of your requestDownloading format TextView 1 to 460 on 460Number of pages 460Full noticeTitle Le Navire d'argent revue mensuelle de littĂ©rature et de culture gĂ©nĂ©rale / directrice Adrienne Monnier ; secrĂ©taire de la rĂ©daction Jean PrĂ©vostPublisher ParisPublication date 1926-02Contributor Monnier, Adrienne 1892-1955. Directeur de publicationContributor PrĂ©vost, Jean 1901-1944. RĂ©dacteurRelationship textType printed serialLanguage frenchLanguage FrenchFormat Nombre total de vues 925Description fĂ©vrier 1926Description 1926/02 A2,N9-1926/05/01 A2,N12.Rights Consultable en ligneRights Public domainIdentifier ark/12148/bpt6k81789cSource BibliothĂšque nationale de France, dĂ©partement LittĂ©rature et art, 8-Z-23525Provenance BibliothĂšque nationale de FranceOnline date 15/10/2007The text displayed may contain some errors. The text of this document has been generated automatically by an optical character recognition OCR program. The estimated recognition rate for this document is 94%.LE Navire d'Argent '"âą i '*} i Ă jÂŁ,ain wKAUjjuuA- = .j*'ia i\ecnercne ae joeua. JEAN mistler L'Inquiet.. BENJAMIN CRĂMIEUX Italo SvevO. italo svevo Zeno Cosini. Traduction par Benjamin Créçnieux, italo svevo EmiĂźjo Brentarii. Traduction par ValĂ©ry LarbauĂ ^ _r' ABEL CHEVALLEY Le RomanrfpEpĂŽratif au temps dĂ© Shakespeare. REVUE DE LA CRITIQUE ^;v., la gazette ?; La Maison des Amis des Livres `v âą 7» RUE DE L'ODĂON PARIS-VI TĂL. FLEURUS 25-o5 ar» ANNĂE N 9 1er FEVRIER 1926 PRIX DU No FRANCE 5 fr. ĂTRANGER 5 fr. 5ĂŽ 1 » LE NAVIRE d'Argent Directrice ADRIENNE MONNIER SecrĂ©taire de ta RĂ©daction JEAN PRĂVOST REVUE MENSUELLE DE LITTĂRATURE ET DE CULTURE GĂNĂRALE PARAIT LE iSf DE CHAQUE MOIS CONDITIONS D'ABONNEMENT Un An â France 5o francs. â Ătranger 60 francs. six Mois â France 27 francs. â Ătranger 32 francs. Ădition de luxe ÂĄ Un An, France ioo francs. â Ătranger 120 francs. Une rĂ©duction' de 10% sur le prix des abonnements est faite aux Professeurs et aux Etudiants, ainsi qu'anx SociĂ©taĂŒ-es de La Maison des LivrĂ©s. Adresser tout ce qui concerne la RĂ©daction et l'Administration Ă M»» ADRIENNE MONNIER MANUSCRITS Les auteurs non avisĂ©s dans le dĂ©lai d'un mois de l'acceptation de leurs ouvrages peuvent les reprendre Ă La Maison des Amis les Livres oĂč ils restent Ă leur disposition pendant un an. Les manuscrits seront retournĂ©s par poste aux auteurs qui nous enverront le montant de l'afranchissement. JEAN GIRAUDOUX. A la Recherche de Bella. 3 JEAN MISTLER. L'Inquiet 14 BENJAMIN Italo Svevo. 23 ITALO SvE~~âtM Cosini. 27 luciiun par Denjamin uremieux. mio Brentani 54 ĂUctioi par Valery Larbaud. -\x >Chevalley tif au temps de Shakespeare.. 64 REVUE DE LA CRITIQUE Notes de J. P. sur Gogol Les Ames mortes; Paul Claudel Feuilles de Saints; Ădouard Herriot Dans la forĂȘt normande; Jean-Richard Bloch .Et Compagnie 77 Opinions de MM. Benjamin CrĂ©mieux, Edmond Jaloux, FrĂ©dĂ©ric LefĂšvre, Pierre LĆvel, Maurice Martin du Gard, François. Montel, Paul Souday et Stendhal sur Maurice Genevoix Raboliot; Joseph Delteil; Drieu la Ro- chelle L'Homme couvert de femmes P. J. Jouve Paulina 1880 Ămile Zavie La maison des trois fiancĂ©es Henri Deberly Pancloche; Une heure avec Drieu la Rochelle; Bilan littĂ©raire de 1925; Baudelaire AmĆnitates Belgicse; Talleyrand. 82 LA GAZETTE LA GAZETTE par A. M 89 UsSX x Bella se dĂ©robait. Plusieurs fois j'allai l'attendre Ă la porte du ministĂšre de la Justice, place VendĂŽme. Au pied du mĂštre type gravĂ© dans le mur, j'attendais. J'attendais, comme on attendait autrefois la Justice elle-mĂȘme, sous la pluie, et en maugrĂ©ant. Je faisais les cent pas, les Ă©talonnais au mĂštre type. J'avais le col de mon pardessus relevĂ©, les yeux aigus les passants me croyaient de la Justice secrĂšte. De la porte voisine, porte du Ritz, sortaient dix, vingt, cent femmes. Je m'Ă©tais dans la vie trompĂ© d'une porte. Que n'aurais-je pas eu Ă l'autre, mais par la mienne Bella ne sortit jamais. C'Ă©tait la premiĂšre fois depuis la guerre que la chair fĂ©minine, les parfums, les fourrures se rarĂ©fiaient autour de moi. C'Ă©tait les premiers jours depuis que je n'avais plus d'uniforme oĂč mes doigts n'avaient pas ouvert un bĂąton de rouge, caressĂ©, tendre mamelle, un rĂ©ticule. J'avais trouĂ© ce filet de bras nus qui m'avait reçu dans mon premier veston, et je me retrouvais seul Ă terre, Ă Paris, sans amis. Mes meil-' leurs camarades Ă©taient tuĂ©s. Je' n'avais plus guĂšre d'amis de mon Ăąge que parmi les Ă©trangers. Toutes ces lettres, toutes ces pensĂ©es destinĂ©es par nature Ă des Limousins, Ă des Berrichons, Ă des Savoyards, c'Ă©tait Ă des Anglais, Ă un Italien, Ă un Balte, que je devais maintenant les envoyeiv C'est en amĂ©ricain qu'on me fĂ©licitait de ma fĂȘte, de NoĂ«lJ Ma jeunesse ne me souriait plus guĂšre qu'avec des dents en or Mais voilĂ que ces Ăąmes de rechange se mettaient elles aussi Ă disparaĂźtre, Murphy tombait dans le Niagara, Druso tuait son prĂ©sident du conseil et se suicidait. Je souffrais un peti ae t immodestie si peu française de ces morts, mais les jeunes gens que j'avais rencontrĂ©s chez mon pĂšre Ă©taient justement, de retour chez eux, ceux qui organisaient la rĂ©volution ou les rĂ©formes. Celui qui fit sortir les femmes des harems, celui qui souleva la Chine du Sud contre la Chine du Nord, c'Ă©taient mes amis. Le journal du matin me donnait de mes amis, en manchette, les nouvelles les plus secrĂštes. J'aurais mieux aimĂ© une carte postale. Moi qui avais dĂ©sirĂ© des amis rentiers, notaires, jardiniers, pour lequel l'amitiĂ© Ă©tait une salle de billard Ă Vaucresson, un jardin Ă Parmain, mes nouveaux amis Ă©taient Stefanik, Mussolini. Je me cherchai des amis français. Je partais pour le PrĂ© Catelan, pour les dancings, avec l'apprĂ©hension de mon premier dĂ©part pour le lycĂ©e. Quels voisins allaisje avoir ? Je les cherchais au CafĂ© de Paris, lĂ oĂč un autre eĂ»t cherchĂ© des femmes. Je les cherchais aux environs des femmes, dans les endroits du monde oĂč se trouvent le plus de colliers et de diamants. Je m'asseyais dans le voisinage de jeunes gens qui me paraissaient bien portants et gais. Je raccrochais surtout la franchise, la loyautĂ©. En deuil de l'amour, je raccrochais l'amitiĂ©. J'avais eu tort de ne pas venir plus tĂŽt au Palais de Glace. C'Ă©tait la fin des vacances. Les platanes du Grand Palais qui avaient orgueilleusement rĂ©sistĂ© Ă l'essence des autos, au goudronnage, succombaient Ă une souffrance qu'ils ne comprenaient pas, et qui Ă©tait l'automne. Ils me dĂ©couvraient maintenant le fronton du Palais de Glace, leurs feuilles moites en jonchaient l'entrĂ©e, ils m'y menaient comme Ă l'hiver Ils m'effleuraient le visage de leur feuille la plus basse et la plus solide, qui tombait, qui mourait de cette premiĂšre caresse Ă un homme. Je m'approchais d'eux, je les flattais, je n'avais plus ce sot amour-propre qui empĂȘche les hommes de caresser les arbres jusqu'Ă hauteur d'homme, ils Ă©taient maculĂ©s, souillĂ©s, mais Ă partir de la premiĂšre fourche, plus intacts que ne l'a jamais Ă©tĂ© arbre Ă la campagne, et sans branche tranchĂ©e par l'orage, car le paratonnerre du théùtre Marigny protĂ©geait cette forĂȘt de la foudre. Je me dĂ©cidai. Je passai sous le portique romain, et, pour cinq francs, j'arrivai au Ćur de la saison encore prochaine. C'Ă©tait, certes, la plus anodine des bacchanales d'aprĂšs guerre. Trente couples tiraient de l'arĂšne le grincement d'un archet sur une caisse sans rĂ©sonance. Jamais la terre n'avait Ă©tĂ© violon plus muet. Autour d'un Atlantique terriblement condensĂ© sous le gel, amĂ©ricaines, françaises, cubaines Ă©taient lĂ , Ă leur poste, grandeur nature. On buvait de l'orgeat, de la verveine. Toute la naĂŻvetĂ© laissĂ©e pour compte des thĂ©s dansants Ă©tait lĂ , et mĂȘme l'on riait quand tombait un maladroit. La glace avait conservĂ© en ce lieu seul la bonne humeur. Les dangers qui flottaient lĂ n'Ă©taient plus mortels. L'eau Ă©tait lĂ , mais vaincue et solidifiĂ©e. Quelques demi-mondaines Ă©taient lĂ , mais ce n'Ă©tait pas l'amour qui rĂ©unissait les couples, c'Ă©tait l'Ă©quilibre. Un dĂ©sir d'Ă©quilibre sans doute me prit je me lançai vers l'une d'elles. C'est juste Ă ce moment oĂč j'allais lui ĂȘtre infidĂšle que m'atteignit l'amitiĂ©. Un jeune homme me heurta, vit mon visage contrariĂ©, se mit Ă rire, et s'enfuit. Je m'amusai Ă le poursuivre. DĂ©laissant la femme qui m'attendait en dĂ©crivant des circonfĂ©rences parfaites, par une suite d'Ă©toiles, de quadrilatĂšres et de triangles j'arrivai Ă le rejoindre, et Ă le toucher du doigt. Il ne rĂ©sista plus, il Ă©tait pris. Je le fis prisonnier, comme l'on fait les prisonniers Ă la guerre et Ă la marelle, en les touchant du doigt bien plus qu'en les saignant. Il se prĂ©senta, m'invita Ă sa table que je voyais lĂ -bas garnie d'un autre jeune homme et de deux jeunes filles, et nous regagnĂąmes le sol ferme, du pas des acteurs grecs en cothurne rentrant dans les coulisses, d'une marche bien saccadĂ©e et laide pour deux nouveaux amis, et comme tous ceux d'ailleurs qui sortent d'une belle fiction. Je restai avec eux. De temps en temps un de mes nouveaux amis s'Ă©chappait sans prĂ©venir comme un pigeon de sa grange, patinait Ă toute allure derriĂšre son moucheron, et revenait satisfait. DĂšs qu'il s'Ă©tait amassĂ© un peu de silence ou de gĂȘne Ă notre table, l'un de nous pour le dissiper se prĂ©cipitait et tournait un moment sur ce qu'il y a de plus lisse en fait de surface de la terre. Les jeunes filles parlaient Ă peine. Nous n'avions guĂšre de sujet de conversation que celui d'entre nous qui Ă©tait en piste, et par un relayage constant la conversation semblait devoir ĂȘtre entretenue, jusqu'au moment oĂč elles surprirent un enfant qui essayait, trop mauvais patineur pour Ă©crire, Ă tracer des lettres en traĂźnant les pieds. Il vit que nous l'observions; et, comme une femme surprise cache la page qu'elle Ă©crit, changea de direction, laissant son initiale inachevĂ©e. Mais il Ă©tait trop tard. Une jeune fille l'avait dĂ©jĂ atteint, ramenĂ©, sommĂ© de nous dire son nom, et je fus dĂ©lĂ©guĂ© pour l'Ă©crire. L'enfant me contemplait, bienheureux, comme CitroĂ«n contemple ces avions qui tracent son nom en fumĂ©e. C'Ă©tait la premiĂšre publicitĂ© que l'on faisait pour son amour du patinage, pour son amour de la vie. C'Ă©tait la premiĂšre fois que l'on gravait son prĂ©nom sur le monde. Il me remercia, Paris ce soir Ă©tait Ă ses initiales. Les jeunes filles le forcĂšrent Ă m'embrasser. Il avait je ne sais quel instinct du bonheur qui le poussa Ă les embrasser d'abord. Nous nous passions ce visage frais comme les autres groupes se passaient leur houpette. Les jeunes filles le regardaient en aiguisant leurs yeux, en fronçant les sourcils, comme un miroir, et de cette premiĂšre rencontre, il resta toujours entre nous quatre un jeune fardeau invisible Ă caresser. Nous avions, sinon une enfance commune, du moins un enfant commun. Je revis mon prisonnier le surlendemain, puis, lui et ses amis, tous les jours. Ils s'Ă©taient Ă peine aperçus au dĂ©but que j'avais trente-trois ans, dix ans au moins de plus qu'eux, car je parais jeune, et bientĂŽt ils l'eurent oubliĂ©. Je me laissais aller Ă vivre dans cette gĂ©nĂ©ration qui n'Ă©tait pas la mienne. Il me fallut peu de temps pour rattraper les nerfs de ma jeunesse, qui dĂ©jĂ disparaissaient. J'appris Ă danser comme eux, Ă boire leurs boissons, Ă parler leur langage. Ce fut un peu moins facile de retrouver leurs muscles. Chaque matin j acquiĂ©rais Ă force de sandow la souplesse qu'ils obtenaient Ă leur rĂ©veil rien qu'en ouvrant une fois les bras, mais je savais mieux conduire une voiture, mieux sauter Ă pieds joints sur une table, j'avais tous les trucs de la vieillesse pour les jeux des jeunes. Quand nous entrions au bal, visage Ă©clatant, sous des becs Ă©lectriques, ils me mettaient inconsciemment au milieu de leur groupe, m'Ă©loignaient de quelques mĂštres de ceux qui auraient reconnu sur moi, Ă des stigmates invi,sibles aux jeunes, que j'avais passĂ© la trentaine, et quand je jouais au rugby avec les jeunes gens, ils me plaçaient aussi au centre de l'Ă©quipe. Ils me soignaient tous quatre comme les filles du roi soignaient Achille, dissimulant ces dix annĂ©es d'aĂźnesse comme un sexe. A vrai dire, je ne me sentais vraiment leur Ă©gal qu'au bal masquĂ©, quand, tous cinq sous le mĂȘme domino noir, nous Ă©changions toutes les plaisanteries qu'on fait sous les tunnels, nous disions toutes les vĂ©ritĂ©s qu'on dit dans l'obscuritĂ©. Mais, en plein air, j'Ă©tais parfois acculĂ© Ă l'hypocrisie. J'Ă©prouvais sans broncher pour la seconde fois des impressions premiĂšres. Hypocritement je devais marquer un temps devant des sensations que je n'Ă©prouvais plus, devant un Ă©crasĂ© par exemple, car aucun d'eux n'avait vu d'accident et de mort. Tous quatre pĂąlirent, et moi, qui Ă©tais de ceux qui depuis les Teutons ou les Cimbres ont vu le plus de cadavres entassĂ©s, je dus regarder une minute la mort avec mes yeux de vingt ans. Je dus prononcer pour ne pas les mettre en dĂ©fiance les mots Ă©pouvantable, horrible alors que je pensais en voilĂ un de libĂ©rĂ©. Une plaisanterie un calembour, un sourire devant cet Ă©crasĂ©, et j'Ă©tais trahi. Devant les mariĂ©es aussi. Je vivais Ă nouveau avec des amis qui n'avaient jamais vu de mort et jamais fait l'amour. Dans ces bals, ces dancings, j'avais la jeunesse des couvents. Ils m'avaient prĂ©sentĂ© leurs amis, les amis de leurs amis, je n'avais qu'Ă me laisser faire pour ĂȘtre tissĂ© dans une gĂ©nĂ©ration plus jeune. Je n'avais qu'Ă me mentir un peu pour Ă©prouver Ă nouveau mon premier amour, pour embrasser pour la premiĂšre fois, pour pousser pour la premiĂšre fois sur les marches qui conduisent au SacrĂ©-CĆur, le soir, une jeune fille amie. Ma jeunesse me retombait comme un doux rocher de Sisyphe. Les grands orages, les tournants de la Seine Ă Meudon me disaient Je suis ton premier orage, je suis ton premier tournant de Seine! â Entendu, rĂ©pondais-je, entendu! TrompĂ©e par mon entourage, toute la nature se trompait Ă mon Ă©gard, et me fournissait devant les chĂąteaux, les forĂȘts, les charmilles, au lieu de son langage implacable connu de moi avec ses roueries et ses grĂąces, me fournissait des naĂŻvetĂ©s, des balbutiements. Parfois, j'Ă©prouvais le besoin de montrer Ă mes amis les quartiers que j'habitais autrefois; dans des rues usĂ©es depuis vingt ans par mon regard et mon pas, je voyais tout rajeunir autour de moi, les couleurs des devantures s'avivaient, les pieds des boutiques de moulagistes me donnaient un jeune dĂ©goĂ»t, et j'allais moi-mĂȘme plus allĂ©grement, en saumon qui remonte son fleuve. La nuit tombait, je donnais le bras aux jeunes filles; soudain nous regardions le ciel, et je voyais une Ă©toile, la premiĂšre, je vous jure, que j'eusse regardĂ©e ainsi en face. Il se trouva que vers la mĂȘme Ă©poque je rencontrais aussi un camarade de guerre qui m'attira chez lui. Mais il n'Ă©tait pas non plus de mon Ăąge. C'Ă©tait mon aĂźnĂ© de quinze ans. Si l'Ă©goĂŻsme vital me poussait vers les jeunes, un attrait aussi grand me jeta dans cette gĂ©nĂ©ration Ă cheveux gris sel pour -les hommes et dorĂ©s pour les femmes. Mon camarade habitait un appartement peuplĂ© d'objets, de livres, qui Ă dix ans prĂšs n'Ă©taient pas faits, n'Ă©taient pas Ă©crits pour moi, et dans ce mobilier Ă mes yeux aussi inaliĂ©nable qu'un cercueil, il vivait un Ăąge qu'il croyait encore libre et vivant. Ses bronzes de Rodin, ses grĂšs de Carries, ses fleurs d'Odilon Redon me paraissaient aussi anciens que les objets des nĂ©cropoles. Du fait de ces quinze ans seulement, et bien qu'ils eussent Ă©tĂ© jeunes pour nos aĂźnĂ©s directs, c'Ă©tait une lumiĂšre d'Ă©ternitĂ©, presque de renoncement, de deuil, qui tombait des CĂ©zanne et des Renoir. Tous les artistes, toutes les particularitĂ©s d'art qui avaient ennobli la vie de mon camarade, me semblaient maintenant l'alourdir, la pĂ©trifier. Mais d'autre part j'admirais ce quadragĂ©naire d'ĂȘtre au centre mĂȘme de l'existence. Tous ces nĆuds qu'une existence d'homme a pour but de former ou de dĂ©nouer, il en avait le maniement. MĂ©decin, il Ă©tait Ă l'Ăąge oĂč il pouvait ĂȘtre le plus redoutable pour la maladie. A l'Ăąge oĂč ses yeux plongeaient du regard le plus vertical dans les yeux de la typhoĂŻde, du cancer. Ce que la jeunesse appelle des biens fugitifs, -+a fortune, la maĂźtrise de soi, la renommĂ©e, il Ă©tait justement en train de les saisir. Il Ă©tait Ă cet Ăąge oĂč les hommes ont dĂ©couvert la vapeur, l'Ă©lectricitĂ©, et le mouvement mĂȘme de l'univers. Il portait dans ses yeux, comme tous les quadragĂ©naires, cette flamme inconnue dans les autres prunelles, et Ă laquelle s'enflamme Ă distance l'essence du monde. Je le trouvai entourĂ© de gens dont pas un n'ignorait ce qu'est la vie, et dont tous, femmes ou hommes, s'entendaient Ă la fois pour faire h. maximum de besogne humaine et goĂ»ter le maximum de joies. Tous ces mots de jour, d'aube, de crĂ©puscule, coulaient sur des ĂȘtres mĂ»rs, gonflĂ©s par l'Ăąge Ă leur densitĂ© extrĂȘme, mais les rides, la presbytie, Ă©taient encore de jeunes rides, une jeune presbytie. Les mots de Passion, de Liaison, d'Amour, se disaient devant des femmes Ă poitrine pleine, qui connaissaient tous les procĂ©dĂ©s d'Ă©treinte ou d'apaisement. Elles Ă©taient folles de couturiĂšres, et donnaient chaque semaine leurs beaux corps Ă la mode comme Ă une armure Ă©ternelle. Chacun de ces ĂȘtres Ă©tait Ă la fois son symbole et son secret. Je les admirais et les plaignais. Eux aussi affectaient de me croire leur contemporain, me plaçant en serre-file cette fois quand nous sortions ensemble, les femmes Ă leur extrĂȘme droite. Je les plaignais. Je voyais cette gĂ©nĂ©ration entrer dans la lutte suprĂȘme contre l'Ăąge avec des armes de vieux modĂšle, avec des impressionnistes, des pastellistes de fleurs, alors que les armes percutantes cette annĂ©e, et devant qui la mort n'insistait pas, Ă©taient Derain et Picasso. L'un d'eux dĂ©clarait parfois tout haut son amour pour Sisley, par Jongkind c'Ă©tait un aveu d'impuissance, c'Ă©tait une provocation vaine Ă la mort, c'Ă©tait prendre la main Ă la suite dans la Danse Macabre. Chacun des noms propres d'ingĂ©nieurs, de demi-mondaines, d'Ă©crivains qu'ils prononçaient me paraissaient sur eux des Ă©tiquettes de mor- talitĂ©, des Ă©tiquettes rouges Ă lettres noires, tandis que les noms familiers Ă mes jeunes amis, y compris Van Dongen, Ă©taient des firmans contre la mort. Mais, au milieu d'eux, sur cette mer agitĂ©e dont seul je ne courais pas les pĂ©rils, d'une chair et d'une Ăąme encore insensible Ă leurs maux et Ă leurs soucis, j'avais tous les dĂ©lires d'une traversĂ©e pour eux suprĂȘme et pour moi anodine. Avec ceux-lĂ aussi je devrais ĂȘtre hypocrite. J'avais Ă me montrer plus engourdi devant les voitures, devant les balles de tennis. Aux mots de Bronchite, de Rhumatisme, qui Ă©taient pour mes cadets aussi inoffensifs que les mots Coryza ou Fluxion, je devais prendre l'air grave, soucieux. C'Ă©taient les ennemis, les vainqueurs des hommes qui dĂ©jĂ s'annonçaient ainsi, par de petits coups Ă l'orteil ou aux cĂŽtes. C'Ă©tait la punition, comme disent les boxeurs, qui allait en vingt ou trente ans les mettre hors du ring. C'est ainsi que pendant deux mois, n'ayant plus autour de moi mes propres annĂ©es, je vĂ©cus en parasite chez la gĂ©nĂ©ration cadette, y buvant surnoisement la jeunesse, chez la gĂ©nĂ©ration aĂźnĂ©e, y goĂ»tant un fruit non moins dĂ©fendu, et j'Ă©tais heureux, car je n'avais ni de la premiĂšre l'ignorance ni de la seconde la peur. Libre Ă moi ds de DĂ©mocratie et de Parti dĂ©mocratique. D'autres font grand biuit avec le mot AmĂ©ricanisme, ce grand mot solennel Dans ce que la soi-disant dĂ©mocratie s'engage maintenant Ă faire; il y a de quoi ronger la face des gĂ©nĂ©rations successives du peuple, pis que la plus horrible maladie. Les autres collaborent au mĂȘme acte, et se servent du grand mot AmĂ©ricanisme, sans en avoir encore senti l'Ă©lan, comme le grand mot Religion a Ă©tĂ© dit le plus haut et le plus souvent par des hommes qui faisaient nuitamment des massacres sans discernement et remplissaient le monde de haines, d'horreurs, d'injustices, de proscriptions, de vengeances sanglantes, de lois pĂ©nales. Aujourd'hui, il arrive Ă la vertu de l'AmĂ©ricanisme ce qui arrive bien des fois Ă beaucoup de vertus, savoir, ceux qui ne les possĂšdent et ne les comprennent pas cherchent, en leur nom, Ă trahir la masse qui les possĂšde, mais ne les comprend pas. De quoi les jeunes gens se mĂ©fient-ils ? Je leur dirai ce qui lĂšs guette, c'est la ruse amĂ©ricaine elle est plus subtile que la ruse italienne je gage qu'il n'y a pas sur terre de ruse plus subtile. QU'EST-CE QUE L'AVENIR RĂSERVE AUX LIBRES PAYSANS ET AUX. TRAVAILLEURS ? Il y a quelques gĂ©nĂ©rations, la plupart des paysans et des travailleurs comme nous Ă©taient esclaves, serfs, privĂ©s de leur libertĂ© par la loi ils en sont encore privĂ©s dans certaines parties du continent europĂ©en. Aujourd'hui, ceux qui sont libres ici et libres dans les Iles Britanniques et ailleurs, le sont grĂące Ă des actes qui ont Ă©tĂ© faits, et Ă des hommes qui ont vĂ©cu, il y a un siĂšcle ou plus, et quelques-uns il y a plusieurs siĂšcles. Les hommes et les actes d'aujourd'hui dĂ©cident eux aussi pour ds gĂ©nĂ©rations futures, comme des hommes et des actes passĂ©s ont dĂ©cidĂ© pour nous. De mĂȘme que les larges et gras Ătats de l'ouest, les parts les plus grosses et les meilleures de l'hĂ©ritage des fermiers et ouvriers amĂ©ricains, Ă©taient attribuĂ©es au peuple et aux ouvriers longtemps Ă l'avance par Jefferson, Washington et les premiers CongrĂšs, de mĂȘme un ouest beaucoup plus grand va vers son attribution. Doit-il ĂȘtre attribuĂ© aux travailleurs ou aux maĂźtres des travailleurs ? Les ouvriers futurs de l'AmĂ©rique devront-ils ĂȘtre esclaves ? Le travail sera-t-il abaissĂ©, et les femmes seront-elles fouettĂ©es dans les champs pour ne pas avoir fait leur tĂąche ? Si l'esclavage n'est pas interdit par la loi sur tout le territoire national amĂ©ricain, comme il Ă©tait interdit au commencement, aussi interdit, qu'il est actuellement autorisĂ© et exigĂ© par les contrats organiques, et si, au contraire, l'entrĂ©e et l'Ă©tablissement de la main-d'Ćuvre esclave sont protĂ©gĂ©s dans tout le continent, on verra arriver, l'un aprĂšs l'autre, des Etats Ă esclaves qui se joindront Ă l'Union pendant-les siĂšcles Ă venir, on verra la surface entiĂšre du pays possĂ©dĂ©e par les grands propriĂ©taires, dans des plantations de milliers d'hectares, oĂč il n'y aura pas plus de place pour les races libres de fermiers et d'ouvriers qu'il n'y en a, actuellement, sous n'importe quel despotisme europĂ©en et l'existence de nos Ătats libres d'aujourd'hui sera mise en pĂ©ril parce que ce vaste territoire fournira des Ătats qui emporteront tout par leur nombre. Ouvriers OuvriĂšres Ces immenses contrĂ©es de la nation amĂ©ricaine vous appartiennent elles vous sont confiĂ©es elles portent les germes des villes peuplĂ©es, des fermes innombrables, des troupeaux, des granges, des bosquets, des jardins dorĂ©s, et des foyers inaliĂ©nables de vos successeurs. Les matamores politiques et les journalistes subventionnĂ©s du nord soulĂš- vent un brouillard de prĂ©varications autour de vous. Mais les r plus virils des dĂ©sunionnistes du sud, les chefs parmi les trois cent cinquante mille maĂźtres, voient clairement le rĂ©sultat f et son principe. Me Duffie, gouverneur dĂ©sunionniste, soutient avec une hardiesse ingĂ©nue que les ouvriers d'un pays ne sont pas de sĂ»rs dĂ©positaires du pouvoir et des droits politiques, il soutient qu'une rĂ©publique ne peut exister d'une façon permanente si les gens des usines et des fermes ne sont pas esclaves, soumis par de strictes lois Ă leurs maĂźtres. Calhoun, sĂ©nateur dĂ©sunionniste, dĂ©nonce et nie, Ă la face du monde, l'article principal du contrat organique de Ces Etats qui dit que tous les hommes naissent libres et Ă©gaux, et Ă ses disciples les meneurs actuels des trois cent cinquante mille maĂźtres, et les guides de la soi-disant dĂ©mocratie, conseillers des PrĂ©sidents, et organisateurs des candidatures de Buchanan et de Fillmore il lĂšgue le mandat dĂ©libĂ©rĂ© d'agir contre cet article principal, ce qui est la plus fausse et la plus grave des erreurs politiques. Tel est le sens dĂ© ce mandat qui fut prononcĂ© en l'Ă©tĂ© de la 73e annĂ©e de Ces Ătats et qui, depuis, n'a cessĂ© d'opĂ©rer sur l'esprit de la lĂ©gislation du CongrĂšs, sur l'action officielle et sur les candidats offerts au peuple par les partis politiques. LES PARTIS POLITIQUES NE SONT-ILS PAS A PEU PRĂS AU BOUT DE LEUR ROULEAU? '1 Oui, de toute Ă©vidence. L'AmĂ©rique n'est plus d'Ăąge Ă avoir des partis, elle est trop grande, et eux trop petits. Ils ont l'habitude de faire cause commune tant avec le pire qu'avec le meilleur, et plutĂŽt avec le pire. Je ne fais de confiance Ă aucun vieux parti, ni Ă aucun nouveau parti. Supposant mĂȘme qu'un soit formĂ© sous les plus nobles auspices et arrive au pouvoir avec les plus nobles intentions, combien de temps resterait-il ainsi ? Combien d'annĂ©es ? Resterait-il ainsi un an ? DĂšs qu'il triomphe et qu'il dispose des faveurs, les hom- mes politiques abandonnant les partis vaincus, se prĂ©cipitent vers lui, et il mĂ»rit et pourrit, comme le reste. EN VERTU DE QUEL DROIT, CN PARTI POLITIQUE, QUEL QU'IL SOIT, PEUT-IL SE SERVIR DU GOUVERNEMENT 2 En vertu d'aucun droit. Ni le parti de la soi-disant dĂ©mocratie, ni celui de l'abolition, ni celui de l'opposition aux Ă©trangers, ni aucun autre parti n'a le droit de s'approprier l'usage exclusif de la PrĂ©sidence, et tout jeune homme amĂ©ricain doit ĂȘtre assez sensĂ© pour le comprendre. J'ai dit que les partis Ă©taient morts, mais il en reste les peaux vides, les bouches putrides qui mĂąchonnent, criaillent et donnent le ton Ă ces assemblĂ©es, les politiciens qui se tiennent Ă l'arriĂšre, dans l'ombre, et qui racontent des mensonges pour tromper le peuple et l'effrayer, et qui nomment des candidats comme Buchanan et Fillmore. LES PROGRAMMES DES PARTIS. LES SECTIONS. LES PROFESSIONS DE FOI Quelle prĂ©somption pour un programme, une section ou une profession de foi quelconque, de vouloir dominer les autres et gouverner l'immense diversitĂ© de Ces Etats Ă©gaux et libres Les programmes ne comptent pas. L'homme qu'il faut est tout. A la chute des partis tombent les programmes qui sont toujours Ă remonter, redescendre, retourner, repeindre et changer. LES PROGRAMMES AMĂRICAINS PERMANENTS Les programmes de la PrĂ©sidence Je dois avouer, avant tout, que jamais je n'ai compris Sipliss pour la bonne raison que jamais je ne cherche Ă comprendre si ce n'est en derniĂšre ressource. Et c'est par opposition avec Harri le Hollandais, que je comprenais, et Judas, que je comprenais, que je parviendrai mais ce n'est pas sĂ»r Ă vous donner une idĂ©e de Sipliss, que je n'ai point compris. Sous ce rapport, M. Auguste est la seule personne qui eĂ»t pu le comprendre et encore, quand je repense Ă la dĂ©licatesse d'un ĂȘtre comme Sipliss, je me demande si M. Auguste Ă©tait capable de descendre Ă de .telles profondeurs. Prenez un homme purement animal. Prenez l'invraisemblable Hollandais avec ses culottes bleu-cobalt un tas de cheveux orange collĂ©s sur le front, une longue figure rose, vingt-six ans, ayant roulĂ© dans tous les pays du monde Chouette femme, l'Australienne. La Japonaise, y a pas plus propre au monde l'Espagnole ? bien. L'Anglaise ? ça ne vaut rien, moche on trouve partout des Allemandes, des marins norvĂ©giens, des allumettes suĂ©doises, des bougies hollandaises ». il avait Ă©tĂ© Ă Philadelphie et avait fait partie de l'Ă©quipage d'un yacht de millionnaire connaissait les usines Krupp et y avait travaillĂ© s'Ă©tait trouvĂ© sur deux bateaux torpillĂ©s, et sur un autre qui toucha une mine alors qu'on pouvait dĂ©jĂ voir la cĂŽte avec le lorgnon » Presque pas de soldats en Hollande aux Indes » Les Indes NĂ©erlandaises. Un bon coin, fait toujours chaud lĂ -bas, j'Ă©tais dans la cavalerie si vous tuez un homme ou si vous volez 1 Extrait de The Enormous Room Boni and Liveright ed. New-York, 1922. cent francs ou n'importe quoi, en prison pour vingt-quatre heures toutes les semaines une nĂ©gresse coucher avec vous parce que le gouvernement a besoin de petits blancs, chouettes femmes les nĂ©gresses, n'arrĂȘtent jamais de travailler nettoient vos ongles ou vos oreilles ou font du vent Ă cause de la chaleur. Personne peut battre les Allemands si le Kaiser dire Ă un homme de tuer ses pĂšre et mĂšre il les tue tout de suite » le grand gars, fort, rude, jeune et plein de vie qui rĂ©pĂ©tait Moi, coucher avec nĂ©gresse qui fumait sa pipe la nuit. Prenez cet animal. Vous l'entendez, vous avez peur de lui, vous le sentez et vous le voyez et vous le comprenez mais vous ne le touchez pas. Ou un homme qui nous fait remercier Dieu d'avoir créé des animaux Judas, comme nous l'appelions. Un homme qui met la nuit ses moustaches sous presse au moyen d'une sorte d'Ă©cran translucide qu'un ruban maintient derriĂšre la tĂȘte qui cultive avec des soins infinis l'ongle de ses deux petits doigts qui a deux femmes 1 et flirte avec l'une et l'autre, prudemment, habilement, sans jamais s'ĂȘtre attirĂ© une seule fois des ennuis qui parle français, cause en flamand, peut s'exprimer en huit langues diffĂ©rentes et est Ă cause de cela toujours utile Ă M. le Surveillant Judas avec son horrible front qui brille, grĂȘlĂ© de petites marques avec sa pleine figure Ă la Reynard Judas Ă la douche avec son corps pĂąle et gras, et presque putrescent Judas avec qui je causai de la Russie, certaine nuit qu'il portait ma pĂ©lisse l'affreux et impeccable Judas. Oui, prenez cet homme. Vous le voyez, vous sentez l'odeur rance et chaude de son corps vous n'avez pas peur de lui, Ă dire vrai, vous le haĂŻssez vous l'entendez et vous le comprenez. Mais vous ne le touchez pas Et maintenant, prenez Sipliss, que je vois et entends, et que je,sens, et que je Louche et que je goĂ»te en quelque sorte, mais que je ne comprends pas. 1 Dans le camp de concentration mĂȘme, au quartier des femmes, ce qui Ă©tait sĂ©vĂšrement dĂ©fendu. n. t. Prenez-le dans la molle sincĂ©ritĂ© de l'aube, se baissant avec grĂące pour cueillir parmi les crachats des bouts mĂąchĂ©s de cigarettes. Ă©coutez-le, toute la nuit vomissements qui s'abattent dans l'obscuritĂ©. voyez-le tout le jour et tous les jours, ramassant ses mĂ©gots dĂ©trempĂ©s et les tassant avec soin dans sa pipe ronde quand il n'en trouve pas, il fume tranquillement de petits Ă©clats de bois. regardez-le en train de se gratter le dos contre un mur tout Ă fait comme un ours. ou dans la cour, ne parlant Ă personne, ensoleillant son Ăąme. Il est Polonais croyons-nous. M. Auguste est trĂšs bon pour lui M. Auguste peut comprendre quelques mots de son langage et pense que ces mots-lĂ voudraient bien ĂȘtre polonais qu'ils font tout leur possible pour ĂȘtre polonais, mais sans jamais y parvenir. Tous les autres hurlent aprĂšs lui. Judas, en parlant de Sipliss, devant son nez, le traite de sale cochon. Et, furieux, M. Peters s'Ă©crie Il ne f aut pas cracher par terre obtenant des excuses si humbles qu'on pourrait les dire abjectes les Belges crachent sur Sipliss les Hollandais se moquent de lui et le chahutent de temps Ă autre. Ils l'appellent Syph'lis » sur quoi l'autre les reprend d'un air de majestĂ© offensĂ©e pas syph'lis, Sipliss ce qui fait rire tout le monde aux Ă©clats de personne il ne peut dire Mon Ami, de personne il n'a jamais dit et ne pourra jamais dire Mon Ennemi. Quand il y a de l'ouvrage Ă faire, il travaille comme un nĂšgre. le jour que nous eĂ»mes nettoyage de chambre, par exemple, Sipliss et Le Chapeau » firent'presque tout le travail et pendant ce temps-lĂ , B. et moi nous faisions prendre par le planton tandis que nous essayions de nous faufiler dans la cour. Chaque matin il descend le baquet aux excrĂ©ments solides, sans que personne ait besoin de le lui rappeler il le descend comme si c'Ă©tait son bien, et va le vider dans l'Ă©gout juste derriĂšre la cour des f emmes, ou en verse un peu rien qu'un peu et trĂšs dĂ©licatement dans le jardin oĂč M. le Directeur fait pousser des fleurs pour sa fille en vĂ©ritĂ©, il a pour l'excrĂ©ment une espĂšce d'affection silencieuse il vit dedans il en est hĂ©rissĂ©, tachetĂ©, Ă©claboussĂ© il dort dedans il en met dans sa pipe et prĂ©tend que c'est dĂ©licieux. Et il est dĂ©vot avec intensitĂ©, avec une intensitĂ© absurde, terrible, et trĂšs belle. tous les vendredis on Je trouve assis Ă cĂŽtĂ© de sa paillasse sur une sorte de petit tabouret, lisant son livre de priĂšres qu'il tient la tĂȘte en bas tournant avec une dĂ©licatesse infinie les pages minces et difficiles Ă dĂ©coller, et se souriant Ă lui-mĂȘme tandis qu'il regarde sans lire. Sipliss est vraiment dĂ©vot, comme l'est Garibaldi, et, je crois, comme l'est aussi le Pic-des-Bois un petit homme brun et triste, qui crache le sang je veux dire par lĂ qu'ils vont Ă la messe pour la messe, alors que tous les autres y vont pour voir les femmes. Et encore, je ne sais pas au juste pourquoi s'y rend le Picdes-Bois, mais je suppose que c'est parce qu'il est sĂ»r de mourir bientĂŽt. Garibaldi, lui, a peur, terriblement peur. Quant Ă Sipliss, il y va pour s'Ă©tonner, pour s'Ă©tonner de la surprenante gentillesse et dĂ©licatesse de Dieu. Qui le fait s'agenouiller Ă La FertĂ©-MacĂ©, sachant bien que Sipliss Lui en serait reconnaissant. Il est on ne peut plus ignorant. Il se figure que l'AmĂ©rique est lĂ , sous certaine fenĂȘtre Ă gauche quand on entre dans l'Ănorme Chambre. Il ne peut concevoir un sous-marin. Il ne sait pas qu'il y a la guerre Instruit de ces choses, sa surprise est ineffable, son Ă©tonnement indicible, et il tire de cet Ă©tonnement un plaisir intense. Sa figure sale, fiĂšre, et noble, rĂ©flĂ©chit le plaisir qu'il Ă©prouve quand on lui apprend que des peuples sont en train d'en tuer d'autres sans que personne sache pourquoi, que des bateaux vont sous l'eau et tirent sur les navires des obus longs d'un mĂštre, que l'AmĂ©rique n'est vraiment pas de l'autre cĂŽtĂ© de cette fenĂȘtre contre laquelle nous sommes en train de parler, mais qu'en rĂ©alitĂ© l'AmĂ©rique est de l'autre cĂŽtĂ© de la mer. La mer est-ce de l'eau ? c'est de l'eau, monsieur ? Ah une grande quantitĂ© d'eau d'Ă©normes quantitĂ©s deau, d'eau et d'eau encore de l'eau et de l'eau et de l'eau et de l'eau et de l'eau. Ah 1 Et on ne voit pas l'autre cĂŽtĂ© de cette eau, monsieur ? C'est Ă©tonnant, monsieur Il mĂ©dite cela, en souriant doucement c'est Ă©tonnant, comme c'est Ă©tonnant, pas d'autre cĂŽtĂ©, et encore la mer. Dans laquelle nagent des poissons. Etonnant. Il est on ne peut plus curieux. Il est on ne peut plus affamĂ©. Nous venons d'acheter un fromage avec l'argent du Zoulou. Sipliss s'approche, salue timidement et d'un air insinuant, avec les mines d'un chien mille fois battu mais encore fier. Il sourit. Mais il ne dit rien, car il est embarrassĂ© au possible. Pour l'aider Ă surmonter sa gĂȘne, nous faisons ceux qui ne le voient pas. Cela arrange un peu les choses Fromage, monsieur ? Oui, c'est du fromage. Ah- h- h- h- h- h- h. son Ă©tonnement est extrĂȘme. C'est du fromage. Il pĂšse ces quelques mots. AprĂšs un temps. Monsieur, c'est bon, monsieur ? a Et il pose la question comme si sa vie mĂȘme dĂ©pendait de la rĂ©ponse. Oui, c'est bon », lui disons-nous d'un air qui le rassure aussitĂŽt. v â Ah-h-h. Ah-h. Le voici une fois de plus superlativement heureux. C'est bon, le f romage. Est-ce que rien pourrait ĂȘtre plus superbe et plus Ă©tonnant ? AprĂšs une minute environ Monsieur, monsieur, c'est cher le f romage a TrĂšs, lui rĂ©pondons-nous sans mentir. Il sourit, Ă©tonnĂ© jusqu'au bonheur. Puis, avec une extrĂȘme dĂ©licatesse et la plus grande timiditĂ© concevable Monsieur, combien ça coĂ»te, monsieur Nous le lui disons. Il en chancelle de surprise et de bonheur. Alors seulement, et comme si nous venions tout juste d'en concevoir l'idĂ©e, nous proposons d'un air dĂ©tachĂ© â En voulez-vous a Il se redresse, frĂ©missant du haut de sa tĂȘte magnifique et sale jusqu'Ă ses chaussons sans semelle avec lesquels il dĂ©ambule sous la pluie et par les gelĂ©es â Merci, monsieur Nous lui en coupons un morceau qu'il saisit en tremblant. Il le tient, pendant une seconde, et Ă peu prĂšs comme un roi tiendrait et contemplerait le plus beau et le plus gros joyau de son royaume, se tourne et nous remercie avec profusion puis disparaĂźt. Ce qui attise le plus sa curiositĂ©, c'est peut-ĂȘtre cette chose au nom aimab'ement sonore que tout le monde dĂ©sire autour de lui, que tous ceux qui l'injurient, lui crachent aprĂšs et le bousculent, semblent dĂ©sirer d'un terrible dĂ©sir. La LibertĂ©. Chaque fois que quelqu'un s'en va, Sipliss tombe dans une extase d'excitation tranquille. Il se peut que cet homme heureux soit Fritz; pour qui Jean Le Baigneur est en train de faire une collecte comme si Fritz Ă©tait hollandais et non pas danois â pour qui Jean Le Baigneur se dĂ©mĂšne, allant deci et de-lĂ , Ă grandes enjambĂ©es, en secouant un chapeau dans lequel nous dĂ©posons pour Fritz des piĂšces de monnaie Jean Le Baigneur, aux joues d'ouistiti, qui dans ses rĂȘves mĂ©lange le flamand, le français, l'anglais et le hollandais, qui est Ă La FertĂ©" depuis deux ans et on dit mĂȘme qu'il avait refusĂ© d'en partir, un jour que l'occasion s'Ă©tait prĂ©sentĂ©e, qui crie baigneur de femmes moi, et qui chaque soir se hisse dans sa couchette de bois en hurlant Gou'd naĂŻ'te » dont la plaisanterie favorite consiste Ă clamer Une section pou*" les femmes ce qu'il fait Ă l'occasion dans la cour tandis qu'il lĂšve ses savates Ă semelles de carton et piĂ©tine dans la boue glaciale, tout en gloussant et en mouchant son nez dans un drapeau anglais. et Ă prĂ©sent voici Fritz, rayonnant de joie, qui serre des mains et nous remercie tous et me dit Giaod-bye, Johnny ». Il agite son bras et le voilĂ parti pour toujours et derriĂšre moi j'entends une voix timide Monsieur, LibertĂ© P Et je rĂ©ponds Oui, sentant Ă la fois ce Oui dans mon ventre et dans ma tĂȘte et Sipliss se tient Ă cĂŽtĂ© de moi, s'Ă©merveillant avec tranquillitĂ©, heureux au possible, sans remarquer que le parti n'a point songĂ© Ă lui dire au revoir. Ou bien ces hommes peuvent ĂȘtre Ham et Pompom qui courent Ă droite et Ă gauche dans le plus grand Ă©tat d'excitation, donnant Ă chacun des poignĂ©es de main, et j'entends une voix derriĂšre moi LibertĂ©, monsieur ? LibertĂ© ? a Je dis Non, PrĂ©cigne », et me sens Ă©trangement abattu et Sipliss reste Ă ma gauche, debout, contemplant le dĂ©part des deux fortes-tĂȘtes avec un intĂ©rĂȘt dĂ©sappointĂ© Sipliss Ă qui personne ne prend garde en partant, que ce soit pour l'Enfer ou pour le Paradis. Une fois par semaine le chef de chambre jette un morceau de savon sur les matelas, â et j'entends une voix Monsieur, voulez pas ? Et c'est Sipliss qui nous demande notre savon pour laver du linge. Parfois, quand il a gagnĂ© quelques sous en lavant pour les autres, il se dirige d'un pas digne et tranquille vers la chaise du Boucher tous ceux qui voulaient se faire raser ayant Ă©tĂ© servis et, les yeux fermĂ©, subit avec une expression patiente la torture du plus mauvais rasoir car Le Boucher n'est pas homme Ă gĂąter une bonne lame sur le menton de Sipliss lui, Le Boucher, comme nous l'appelons, le successeur de La Grenouille qui s'Ă©tait arrangĂ© un jour pour disparaĂźtre comme Le Barbier son prĂ©dĂ©cesseur. Le Boucher, une brute et un voleur qui se plaisait Ă nous vanter les villes allemandes et leurs prisons, ces prisons oĂč il n'est pas permis de fumer, ces prisons si propres oĂč il y a chaque jour une visite mĂ©dicale, et oĂč tous ceux qui se figurent-avoir un grief de quelque sorte ont droit d'appel immĂ©diat et direct; lui, Le Boucher, qui est peut-ĂȘtre le plus heureux des hommes quand il passe une soirĂ©e Ă nous montrer des petits jeux de sociĂ©tĂ© bons pour des enfants de trois ou quatre ans et qui triomphe quand il affirme La maladie n'existe pas en France. Voulant dire par lĂ qu'on y est en bonne santĂ© ou bien qu'on y est mort. En encore Quand ils les Français ont un inventeur ils vous le fourrent en prison. Donc, voici Le Boucher lourdement penchĂ© sur Sipliss, tranchant et tailladant avec ardeur et insouciance, ses grosses lĂšvres collĂ©es et serrĂ©es, un peu omme l'entrĂ©e d'un sac, ses petits yeux de porc Ă©tincelants un tour de main et il crie Fini et le pauvre Sipliss se lĂšve en chancelant, horriblement balafrĂ©, saignant par au moins trois estafilades de dix centimĂštres et par une douzaine de larges coupures il titube jusqu'Ă sa couche en se tenant la figure comme s'il craignait qu'elle ne soit sur le point de tomber et il se couche doucement de toute sa longueur, soupirant d'aise et de surprise, et mĂ©ditant sur les inestimables dĂ©lices de la propretĂ©. Je remarquai Ă l'Ă©poque, et j'en fus frappĂ© comme d'une chose d'un grand intĂ©rĂȘt, que, dans le cas d'un certain type d'ĂȘtre humain, plus cruelles sont les misĂšres qu'on lui inflige, et plus il devient cruel envers tous ceux qui ont le malheur d'ĂȘtre encore plus faibles et plus misĂ©rables que lui. Ou peutĂȘtre devrais-je dire que, Ă©tant donnĂ© des circonstances suffisamment misĂ©rables, chaque ĂȘtre humain, ou presque, rĂ©agira de temps Ă autre contre des mĂȘmes circonstances qui mutilent sa personnalitĂ© par la mutilation dĂ©libĂ©rĂ©e d'une personnalitĂ© plus faible ou dĂ©jĂ plus mutilĂ©e que la sienne. Cela est, j'ose dire, l'Ă©vidence mĂȘme, et je ne prĂ©tends pas avoir dĂ©couvert quoi que ce soit. Je ne fais au contraire qu'Ă©noncer ce qui m'intĂ©ressa particuliĂšrement durant mon sĂ©jour Ă La FertĂ© je fus on ne peut plus Ă©mu en constatant que parmi soixante hommes, et si occupĂ©s soient-ils Ă souffrir en commun, il y en a toujours un ou deux, ou trois qui savent trouver le temps nĂ©cessaire pour gratifier leurs camarades d'une petite souffrance additionnelle. En ce qui concerne Sipliss, devenir la cible des moqueries de chacun ne peut pas prĂ©cisĂ©ment s'appeler une souffrance. q Indiciblement seul, Sipliss trouvait un charme Ă toutes les injures quelles qu'elles fussent pour la simple raison qu'elles affirmaient ou du moins impliquaient que lui, Sipliss, Ă©tait un ĂȘtre animal. Se voir tourner en ridicule devenait pour cette crĂ©ature, qui sans cela se fĂ»t sentie tout Ă fait ignorĂ©e, une marque d'attention une chose dont on peut se rĂ©jouir , dont il est permis d'ĂȘtre fier. Les habitants de l'Ănorme Chambre avaient confiĂ© Ă Sipliss un rĂŽle, modeste mais essentiel, dans le drame de La MisĂšre il le jouerait avec toute l'adresse dont il Ă©tait capable le bonnet Ă grelots ne parerait pas une tĂȘte indigne de ce profond symbole. Il serait un grand Bouffon, puisque telle Ă©tait sa fonction un amuseur de premier ordre, puisque son devoir Ă©tait d'amuser. AprĂšs tout, les hommes dans La MisĂšre ont droit tout comme les autres Ă une certaine quantitĂ© d'amusement et c'est mĂȘme Ă ceux-lĂ surtout que l'amusement devient indispensable notre capacitĂ© de souffrance dĂ©pend de la mesure oĂč nous pouvons ĂȘtre amusĂ©s. Je suis aprĂšs tout, moi, Siplissr une crĂ©ature trĂšs nĂ©cessaire. Je me souviens du jour oĂč Sipliss justifia comme un maĂźtre ses aptitudes Ă l'emploi de bouffon. Tandis qu'il se pavanait de long en large, tout fier, la tĂȘte au vent, mains dans les poches et pipe entre les dents, quelqu'un s'Ă©tait glissĂ© derriĂšre lui et aprĂšs plusieurs Ă©checs navrants avait rĂ©ussi Ă lui accrocher dans le bas de sa veste, au moyen d'une Ă©pingle, une pancarte soigneusement prĂ©parĂ©e Ă l'avance, et qui portait l'inscription numĂ©rique 606 en chiffres Ă©normes. Ce haut fait accompli, le farceur s'Ă©loigna Ă pas de loup. A peine uvait-il atteint sa paillasse qu'une volĂ©e de cris s'Ă©leva des cris oĂč toutes les nationalitĂ©s s'unissaient des cris ou plutĂŽt des huĂ©es qui firent trembler les colonnes et rĂ©sonner les vitres Six cent six Syph'lis 1 Sipliss sortit de sa rĂȘverie, retira sa pipe de ses lĂšvres, se redressa avec orgueil, et regardant l'un aprĂšs l'autre F les quatre coins de l'Ănorme Chambre tempĂȘta et bredouilla dans son mauvais français â Pas sypiĂŻlis Pas sypJilis i A quoi, renversĂ© par le rire, chacun rĂ©pondit Ă pleine voix Six cent six EnragĂ©, Sipliss fit alors un bond vers Pite l'Ombre et fut reçu par un Fous le camp toi, sale Polak, ou je m'en vais te faire sauter pour quelque chose ceci des lĂšvres de Lacs d'AmĂ©rique ». Refroidi, mais plus majestueux que jamais, Sipliss essaya de reprendre Ă la fois sa promenade et^son calme. Le vacarme enfla Six cent six Syphilis Six cent six augmentant de volume Ă chaque instant. Sipliss, hors de lui, fonça sur un autre de ses compagnons de captivitĂ© un petit vieillard qui courut se rĂ©fugier sous la table et fit jaillir de partout des menaces telles que Eh lĂ toi, putain de Polak, laisse le vieux tranquille ou tu vas te faire assommer, sur quoi il fourra ses mains dans les poches de son pantalon presque diaphane et s'Ă©loigna, furieux, ayant littĂ©ralement l'Ă©cume aux lĂšvres. Six cent six criait tout le monde. Sipliss tapait du pied, fou de colĂšre et de mortification. C'est dommage, disait doucement Ă cĂŽtĂ© de moi M. Auguste. C'est un bon-homme, le pauvre, il ne faut pas Vem-merd-er. Regarde-toi dans le dos hurla quelqu'un. Sipliss s'enroula sur lui-mĂȘme, tout Ă fait comme un chat qui essaie d'attraper sa queue, et dĂ©chaĂźna des tonnerres de rire. On ne pourrait d'ailleurs rien imaginer de plus grotesque et de plus pitoyable Ă la fois, de plus drĂŽle et de plus horrible. â Ta veste Regarde ta veste Sipliss se pencha en arriĂšre, loucha fixement par-dessus son Ă©paule gauche, puis par-dessus la droite, tira sur sa veste, d'abord d'une façon, et puis d'une autre faisant balancer ainsi sa queue improvisĂ©e, ce qui jeta l'Ănorme Chambre dans des spasmes d'hilaritĂ© aperçut enfin un coin de l'appendice diffamateur, tira sa veste Ă gauche, se saisit du 606 », l'arracha, le jeta par terre, et piĂ©tina comme un fou ce chiffon de papier. II tempĂȘtait, agitait les bras et bredouillait, en bavant plus qu'un chien enragĂ©. Il se tourna vers le coin qui vocifĂ©rait le plus bruyamment et gronda comme un dĂ©ment, d'une langue Ă©paisse â Wouwouwouwouwou. Puis Ă grandes enjambĂ©es il regagna sa paillasse et s'allongea et c'est dans cette position que je le surpris quelques minutes aprĂšs, souriant, et mĂȘme riant tout bas. trĂšs heureux. comme seul peut l'ĂȘtre un acteur dont les efforts ont Ă©tĂ© saluĂ©s d'applaudissements unanimes. Outre son surnom de Syph'lis » il Ă©tait connu aussi sous le nom de Chaude-Pisse, le Polak. S'il est quelque chose de terrifiant Ă propos des prisons, ou du moins des copies de prisons comme celle de La FertĂ©, c'est peut-ĂȘtre la clartĂ© parfaite avec laquelle sans s'en rendre compte d'ailleurs, les dĂ©tenus illustrent bon grĂ© mal grĂ© certaines lois psychologiques fondamentales. Le cas de Sipliss en est un exemple curieux tout le monde, bien entendu, redoute les maladies vĂ©nĂ©riennes en consĂ©quence, on choisit un individu dont on. ne connaĂźt rien de la vie intĂ©rieure, mais dont l'extĂ©rieur physique, suffisamment sale et dĂ©goĂ»tant, satisfait les exigences de la raison et, ayant tacitement reconnu cet individu comme un Symbole de tout ce qui est mauvais, on se met Ă le couvrir d'insultes et tout le monde se rĂ©jouit de sa trĂšs naturelle dĂ©faite. je verrai toujours Sipliss, Ă genoux, en train de ramasser religieusement la sciure d'un cratchoir que venait de renverser le talon du planton omnipotent il souriait comme il souriait Ă la messe quand M. le CurĂ© lui rappelait l'existence de l'enfer. Il nous raconta un jour, de la façon suivante, la longue et volumineuse histoire d'un incident sĂ©rieux de sa vie â Monsieur, moi estropiĂ© oui, monsieur estropiĂ© âmoi travailler, avec du monde,- dans maison, trĂšs haut, troi- siĂšme, beaucoup du monde, des planches lĂ -haut planches pas bonnes tout tremble. Ici, il commença de chanceler devant nous et de tourner sur lui-mĂȘme tout tombe. tombe, tombe» tout, tous les vingt et sept hommes briques planches â -bpftagttes â tout â dix mĂštres. zouzouzouzouzouPOUM tout fĂŽ monde blessĂ©. tout le monde tuĂ©, pas moi, moi blessĂ©. oui, monsieur » â et il souriait, frottant sa tĂȘte d'un air niais. Vingt-sept hommes, des briques, des planches et des brouettes. Dix mĂštresv. Planches et briques. Hommes et brouettes. Une nuit, il nous raconta encore, de sa petite voix faible et pointue, qu'autrefois, en Alsace-Lorraine, il jouait du violon avec une femme dĂ©gourdie et gagnait cinquante francs par nuit c'Ă©tait le bon temps » et il ajoute tranquillement â Je joue bien, je peux jouer n'importe quoi, n'importe quoi. Chose que, vraisemblablement, je ne crus guĂšre jusqu'Ă certaine aprĂšs-midi oĂč un homme revint avec un harmonica qu'il avait achetĂ© en ville, et dont il essaya de jouer et tout le monde essaya d'en jouer. C'Ă©tait peut-ĂȘtre lĂ l'instrument le plus humble et le moins cher qu'on puisse trouver, mĂȘme dans le beau pays de France et tout le monde Ă©tait dĂ©goĂ»tĂ© quand, vers six heures du soir, une voix se fit entendre derriĂšre le dernier amateur une voix timide et prĂ©cipitĂ©e Monsieur, monsieur, permettez ? a le dernier amateur se retourna et Ă son Ă©tonnement vit ChaudePisse le Polak, que bien entendu tout le monde avait oubliĂ©. L'homme jeta l'harmonica sur la table, avec un regard dĂ©daigneux un ftegard dĂ©daigneux et menaçant pour cet objet de l'exĂ©cration universelle et il tourna le dos. Sipliss, tremblant depuis le haut de sa tĂȘte magnifique et sale jusqu'Ă la plante de ses pieds nus, magnifiques et sales, couvrit dĂ©licatement et avec assurance l'harmonica de sa main qui tremblait il s'assit, d'un air dĂ©libĂ©rĂ© et gracieux ferma les paupiĂšres sur ses cils il y avait de grosses larmes sales. et il joua. Et soudain Il posa doucement l'harmonica sur la table. Il se leva. Il alla, vite, Ă sa paillasse. Il ne remuait pas. Il ne parlait pas. Il ne rĂ©pondait pas aux appels, Ă ceux qui rĂ©clamaient encore de la musique, Ă tous les cris de Bis » Bien jouĂ© » Allez » Vas-y » Il pleurait, doucement et discrĂštement pour lui-mĂȘme. Doucement et discrĂštement, il pleurait, ne voulant ennuyer personne. espĂ©rant que les autres ne s'apercevraient pas que leur Bouffon faillissait Ă son rĂŽle, Le jour suivant il Ă©tait comme Ă l'ordinaire debout avanttout le monde, cherchant des bouts mĂąchĂ©s de cigarettes dans l'Ănorme Chambre, sur le parquet visqueux et couvert de crachats prĂȘt Ă recevoir les insultes et les brocards, les jurons et les soufflets. Alors. Un soir, quelques jours aprĂšs celui oĂč les hommes qui devaient comparaĂźtre devant la Commission eurent goĂ»tĂ© le privilĂšge d'ĂȘtre toisĂ©s par cet arĂ©opage ineffable et sans pitiĂ© un soir trĂšs tard, juste avant l'extinction des feux, un planton inconnu entra dans l'Ănorme Chambre et lut en hĂąte une liste de cinq noms, ajoutant DĂ©part demain, de bonne heure, et il ferma la porte derriĂšre lui. Sipliss, comme Ă l'habitude, Ă©tait trĂšs intĂ©ressĂ©, des plus intĂ©ressĂ©s. Et nous aussi car ces noms appartenaient respectivement Ă M. Auguste, M. Petairs, le Vagabond, Sipliss et L'Homme-Cuiller. Ils Ă©taient jugĂ©s, tous les cinq. Ils partaient pour PrĂ©cigne, tous les cinq. Ils seraient tous les cinq prisonniers pour la durĂ©e de la guerre. J'ai dĂ©jĂ racontĂ© comment M. Pet-airs, assis Ă cĂŽtĂ© du Vagabond qui pleurait avec frĂ©nĂ©sie, s'Ă©tait mis Ă Ă©crire des lettres, reniflant avec son gros nez rouge, et rĂ©pĂ©tant de temps en temps Sois un homme, Demestre, ne pleure pas, ça ne sert Ă rien de pleurer. » M. Auguste Ă©tait dĂ©sespĂ©rĂ©. Nous fĂźmes notre possible pour le remonter ayant fait chauffer du vin rouge dans un quart en Ă©tain, nous le conviĂąmes Ă une sorte de CĂšne, et il but avec nous, assis sur le bord d'un de nos lits. Nous lui offrĂźmes quelques tĂ©moignages de notre affection et de notre amitiĂ©, y compris Ì â je m'en souviens un Ă©norme fromage. et alors, devant nous, tremblant d'excitation, Sipliss apparut. Nous le priĂąmes de s'asseoir. Les curieux il y avait toujours des curieux pour chaque fonction qui impliquait le boire et le manger, et si personnelle fĂ»t-elle se renfrognĂšrent et ricanĂšrent. Le con, Sipliss, chaude-pisse â s'assiĂ©rait avec des hommes avec des messieurs » Sipliss s'assit gracieusement et lĂ©gĂšrement sur un de nos lits, prenant grand soin de ne pas en forcer le mĂ©canisme quelque peu capricieux il Ă©tait assis trĂšs fier droit modeste mais point intimidĂ©. Nous lui offrĂźmes un quart de vin. Durant une seconde, une espĂšce de grimace douloureuse crispa tout son visage puis dans un murmure d'Ă©tonnement pur et indescriptible, il demanda en se penchant un peu vers nous et sans paraĂźtre imaginer le moins du monde que sa question pĂ»t obtenir une rĂ©ponse affirmative Pour moi, monsieur ? a Nous lui sourĂźmes en disant Prenez, monsieur. Ses yeux s'ouvrirent. Je n'ai jamais vu d'yeux depuis. Il reprit posĂ©ment, en avançant la main avec une dĂ©licatesse majestueuse Merci, monsieur. Avant son dĂ©part, B. lui donna des chaussettes et je lui offris une chemise de flanelle qu'il prit doucement et sans hĂąte, avec simplicitĂ©, et comme un AmĂ©ricain ne prendrait pas un million de dollars. Je ne vous oublierai pas », nous dit-il, comme si dans son pays il eĂ»t Ă©tĂ© plus qu'un trĂšs grand monarque. mais je crois comprendre oĂč se trouve ce pays, il me semble que je le comprends moi, qui n'ai jamais compris Sipliss, je comprends cela. Il a le domaine des harmonicas, les prairies des flĂ»tes, le champ des clarinettes, la terre des violons. Et Dieu doit dire sans doute Pourquoi vous ont-ils mis en prison ? Que leur aviez-vous fait ? Je les faisais danser et ils m'ont mis en prison. Tous ces gens noirs de suie sautaient et je les faisais pĂ©tiller comme les Ă©tincelles sur le devant de la cheminĂ©e et je gagnais quatre-vingts francs tous les dimanches, et de la biĂšre, et du vin, et du bon manger. Maintenant. c'est fini. Et tout de suite geste de se couper en deux la tĂȘte. Et Dieu doit dire 0 toi qui permettais Ă la joie des hommes de se libĂ©rer par la danse, monte vers moi. Tu trouveras ici un homme, qu'on appelle le Christ, et qui aime la voix du violon. » E. E. CUMMINGS. TRADUCTION DE GEORGES DUPLAIX Edward JEtlin Cummings a 32 ans il est nĂ© Ă Cambridge, Massachusetts. Il fit ses Ă©tudes Ă l' UniversitĂ© de Harvard. DĂšs sa sortie de Harvard c'Ă©tait la Guerre, et les Etats-Unis n'y Ă©taient pas encore entrĂ©s, il vint en France et s'engagea dans les Ambulances oĂč il resta six mois. A la suite d'un incident relatĂ© dans The Enormous Room », il fut transfĂ©rĂ© dans un camp -de concentration. Il a publiĂ©, en 1922, The Enormous Room qui est le rĂ©cit de sa eaptivitĂ© au Camp de concentration. Il a donnĂ©, depuis, trois volumes de poĂšmes. Le plus rĂ©cent, paru en 1925, qui s'intitule laconiquement & », est, paraĂźt-il, dune extrĂȘme audace. e Le prix du Dial dollars vient de lui ĂȘtre attribuĂ©. On sait que The Dial 'est une des meilleures revues littĂ©raires d'AmĂ©rique et mĂȘme du monde entier. On y a publiĂ© des traductions d' Ćuvres de Paul ValĂ©ry La SoirĂ©e avec M. Teste, trad. par Miss Barney, et la Lettre de Mme Ămilie Teste, trad, par Lewis GalantiĂšre, de Jules Romains Lucienne, trad. par Waldo Frank, de Louis Aragon, Jean Cocteau, de Gourmont, d'Anatole France. Paul Morand y a donnĂ© pendant longtemps une Lettre de Paris. Le prix du Dial avait Ă©tĂ© attribuĂ© les annĂ©es prĂ©cĂ©dentes Ă Sherwood Anderson, Ă T. S. Eliot, Ă Marianne Moore qui dirige actuellement, avec Scofield Thayer, The Dial, et qui est une poĂ©tesse de grande valeur. 14 REVUE DE LA CRITIQUE NOTES LES FAUX MONNAYEURS Ce livre, il nous avait un peu déçus, aux premiers mois de sa parution il est dangereux d'ĂȘtre trop attendu peut-ĂȘtre aussi, par l'influence du roman feuilleton, un rĂ©cit dĂ©coupĂ© en tranches se fait-il suivre avec trop de hĂąte, trop d'intĂ©rĂȘt pour l'intrigue. Se presser, c'est justement la plus fĂącheuse disposition pour aborder Les Faux Monnayeurs. Ì Le roman, pour Gide puisque aucune de ses Ćuvres prĂ©cĂ©dentes ne porte ce nom, ce serait une action qui n'aurait plus aucun souci des lois du temps conversations, papiers ou lettres accessoires, commentaires et rĂ©flexions, c'est une grande journĂ©e de dĂ©sĆuvrement que demande ce livre. AndrĂ© Gide semble remarquable moins par ses dons de crĂ©ateur que par son art de comprendre et de juger. Il aurait pu ĂȘtre, et de haut. le plus grand des critiques français il a Ă©tĂ© un grand Ă©crivain, jamais surabondant et toujours renouvelĂ©, par une incomparable critique de soi-mĂȘme. Mais souvent il veut Ă©chapper Ă cette perfection qui le limite. Il se dĂ©braillait dĂ©jĂ dans les Caves du Vatican avec le mĂȘme sens aigu de la taquinerie, avec plus de richesse, il reprend la mĂȘme allure dans les Faux Monnayeurs; il se dĂ©peigne artistement, il se dĂ©boutonne tant qu'il peut il fait broussatller son talent, pour paraĂźtre plus touffu et plus riche multiplie sur son espalier les surgeons sauvages, pour dire c'est la nature, c'est la vie. Cette conception doit quelque chose aux romans anglais, Ă Proust, surtout Ă DostoĂŻevski. Mais on sait que l'auteur des PossĂ©dĂ©s vendait ses livres au poids, et son abondance n'est pas seulement une rĂšgle d'esthĂ©tique. La psychologie de Gide doit bien davantage encore Ă DostoĂŻevski cela devrait ĂȘtre Ă©tudiĂ© dans l'ensemble de son Ćuvre bornons-nous Ă en montrer, sans les discuter, les deux principes cachĂ©s l'Ăąme est une substance, et comme un ĂȘtre cachĂ© dans chaque ĂȘtre il y a dans chaque ĂȘtre plusieurs profondeurs superposĂ©es qui ne communiquent pas, et les moins visibles, les plus rares, sont les plus rĂ©elles. Il faut juger Gide plus qu'un autre sur ses intentions, parce qu'il est l'artiste le plus conscient qui soit. Mais la valeur du livre est ailleurs que dans ces gros efforts qui n'ont pas entiĂšrement rĂ©ussi. Dans les personnages, et dans l'auteur, il y a un cĂŽtĂ© potache, un air Janson de Sailly qui charment le lecteur de loisir. Tous se jettent dans le compliquĂ© avec une fraĂźcheur d'Ăąme charmante AndrĂ© Gide les taquine, surtout les plus jeunes, comme un grand-pĂšre ferait ses petits-enfants. C'est une sorte d'apologue, qui rappelle les moralitĂ©s de la BibliothĂšque rose, un parallĂšle entre les bons pĂ©dĂ©rastes, reprĂ©sentĂ©s par Edouard, et les mauvais pĂ©dĂ©rastes, reprĂ©sentĂ©s par Passavant. Quant Ă la femme, c'est le pĂ©chĂ©. Ce livre oĂč il a mis tant d'efforts a le charme des vacances,. du gratuit, de l'improvisĂ©. Je sais bien que beaucoup de pages en particulier le Journal d'Edouard, ont une grande pĂ©nĂ©tration, un intĂ©rĂȘt plus ferme, mais lĂ n'est pas le ton ni le mĂ©rite essentiel des Faux Monnayeurs, et cela fait penser aux autres Ćuvres de Gide. M. AndrĂ© Gide avait peut-ĂȘtre voulu faire un grand livre trĂšs fort il a fait un gros livre trĂšs agrĂ©able la rĂ©ussite demeure importante. Ce vaste ouvrage, moins substantiel qu'il n'en a l'air, ornĂ© de floraisons curieuses, et fermentait quelque peu dans l'esprit, ressemble Ă un choufleur. Quelque prĂ©somption, tant d'influences subies, des gaucheries, des enfantillages, lui donnent l'air d'une Ćuvre de jeunesse. Et peut-ĂȘtre AndrĂ© Gide a-t-il obtenu, lĂ , ce qu'il a cherchĂ©. BELLA On sait avec quelle promptitude Ă©crit Jean Giraudoux. Il est certain qu'il doit rĂȘver beaucoup avant d'Ă©crire. Jene pense pas qu'il rĂȘve jamais sur l'intrigue de ses romans il y attache sans doute peu d'importance, et se donne peut-ĂȘtre le plaisir de l'improviser Ă mesure ce n' est. plus, en gĂ©nĂ©ral, sur ses personnages, dont il aime Ă faire des types plutĂŽt que des individus. Ce sont plutĂŽt des paysages intellectuels qu'il doit former et embellir Ă plaisir. On a notĂ©, chez lui, le procĂ©dĂ© du dĂ©nombrement il Ă©tait le premier qui. c'Ă©tait le seul Ă . Je crois que le record est pour Giraudoux la forme la plus naĂŻve et la plus moderne de l'idĂ©al. Si un livre comme Bella rappelle quelque ancien genre littĂ©raire, c'est sĂ»rement le conte de fĂ©es au lieu de prĂ©senter des astrologues ou des hĂ©ros, il nous enchante de savants et de politiques prodigieux. Il trace leurs portraits avec tant d'aimable fureur, avec tant d'intransigeance sur la perfection, que nous ne pensons mĂȘme plus au vraisemblable, que nous sautons hors de la rĂ©alitĂ©, hors du roman mĂȘme. Il y reste, seulement pour accroĂźtre le charme, un sens trĂšs vif de l'entraĂźnement et de l'acheminement vers la perfection. Si des haines politiques devaient quelque jour l'Ă©carter de la diplomatie, la maison de publicitĂ© serait sage, qui se l'attacherait Ă prix d'or pour annoncer les modes ou les produits de beautĂ©. Connaissez-vous les rĂ©clames avant aprĂšs ? le premier texte semble rĂ©digĂ© par Mirbeau et le second par Giraudoux. Le portrait des Dubardeau, qui ouvre le volume, fait penser Ă certaines pages de l'Eau de Jouvence de Renan, ou Ă l'essai de ValĂ©ry Introduction Ă la mĂ©thode de LĂ©onard de Vinci. Ces grands spĂ©cialistes. unis tous ensemble en une grande pensĂ©e aussi vaste que la pensĂ©e humaine, composent un paysage intellectuel inoubliable. Quelquefois Ă l'Ăcole Normale, entre un astronome, un chimiste, un philologue, un naturaliste Ă©tendus sur le toit ou se promenant dans le parc, je forinais un rĂȘve analogue, et Giraudoux Ă©tait aussi normalien hĂ©las, il me fallait constater presque toujours que les sciences sont avant tout des langues spĂ©ciales, et qu'elles ne se communiquent donc guĂšre. Mais quel ravissement devant ce portrait des Dubardeau, qui nous le laisse oublier un instant. Quant au fĂ©roce portrait des Rebendart, y compris la distribution des prix dĂ©jĂ cĂ©lĂšbre, je n'en peux guĂšre parler avec justice l'intense satisfaction que j'Ă©prouve Ă le relire n'est pas pure sachant que chaque fois que j'aurai des Rebendart ou leurs pareils pour me commander, je retournerai en prison, je me rĂ©jouis de cette analyse exacte, seule vengeance des mauvais esprits. Ces deux sĂ©ries de portraits pourtant le cĂšdent encore au portrait de Fontranges. L'amour viril et pudique d'un homme pour son fils, toutes les applications intelligentes de cet amour, plus tard ses blessures cachĂ©es, sortent du monde des rĂȘves et des fables, et rejoignent la plus forte rĂ©alitĂ© humaine. Cet idĂ©alisme-lĂ rappelle le portrait de Madame de Mortsauf, du Lys dans la VallĂ©e de Balzac Fontranges est le personnage le plus individuellement vivant que Jean Giraudoux ait créé. Nous souhaitons et le caractĂšre de l'auteur nous le laisse espĂ©rer que Fontranges n'en restera pas lĂ . Le fragment. ou plutĂŽt l'essai dĂ©tachĂ© de Bella que Giraudoux a donnĂ© au Navire d Argent, et qui montre 'la situation dĂ©licate d'un homme d'Ăąge moyen, isolĂ© par le massacre de sa gĂ©nĂ©ration, entre les jeunes gens et l'Ăąge mĂ»r, m'a paru rĂ©vĂ©ler en Giraudoux des possibilitĂ©s d'essayiste aussi belles que celles du romancier il m'a laissĂ©, comme ferait le spectacle d'une coupure physique, une impression fraĂźche en mĂȘme temps que douloureuse. Montherlant, dans les NOUVELLES LittĂ©raires, salue en LoUIs HĂMON le prĂ©curseur de la littĂ©rature sportive, et dit de BATTLING Malone Une Ă©tude d'Ăąme de boxeur, une Ă©tude des milieux de la boxe Ă Londres, et traitĂ©es par un Ă©crivain vĂ©ritable Paraissant il y a deux ans, Battling Malone eĂ»t rencontrĂ© le mĂȘme succĂšs que Maria Chapdelaine. Je ne sais si les engouements successifs qui constituent l'opinion française sont propices aujourd'hui Ă ce succĂšs. Si non, voilĂ qui serait une amĂšre injustice, bien Ă©tonnante de la part de notre temps; inclinĂ© plutĂŽt Ă surfaire qu'Ă ignorer. Ce roman vif et aisĂ©, oĂč l'art se cache pour ne pas ralentir l'emportement de la vie, est de ceux qui sont aussi intĂ©ressants pour le grand public que pour une Ă©lite cultivĂ©e. Ce regard aigu posĂ© sur un corps spĂ©cialisĂ©, et cette prĂ©cision pour le dĂ©crire, sont choses dont on dit d'ordinaire qu'elles sont entrĂ©es dans notre littĂ©rature depuis peu. Or, ce texte de Louis HĂ©mon a Ă©tĂ© Ă©crit avant 1-911. Ceci est important, je pense. Nous avons bien lĂ avec, paraĂźt-il, le jeune Reutlinger, n'ai rien lu le vrai prĂ©curseur de tout un mouvement dont les deux essais les plus significatifs ont Ă©tĂ© le 5000 » de Dominique Braga. » M. EDMOND JALOUX, dans le mĂȘme journal, explique l' intĂ©rĂȘt psychologique et dramatique de VĆuvre de M. BesliĂšre DE SABLE AU CHEF d'azur II y a lĂ un fort beau portrait psychologique, aigu, puissant, douloureux et qui va trĂšs loin dans l'Ă©tude de la personnalitĂ©. Le cas de Mme Dutrieu est d'ailleurs un cas frĂ©quent et, sous la forme que lui donna M. Jean BesliĂšre, et d'oĂč toute morbiditĂ© est exclue, je ne vois pas qu'il ait Ă©tĂ© traitĂ© encore. C'est vraiment l'histoire normale d'une femme qui, n'ayant pas pu faire dĂ©river dans une rĂ©ussite extĂ©rieure le monde obscur de ses instincts, les transforme en un cauchemar affreux OPINIONS LES ROMANS qui la poursuit sans arrĂȘt. Tout cela est dit, Ă la fois avec beaucoup de pĂ©nĂ©tration, de subtilitĂ© et de force, et l'art du trĂšs rĂ©el conteur qu'est M. BesliĂšre se retrouve brusquement Ă la fin du livre, lorsque, par un renversement inattendu, on s'aperçoit tout d'un coup que l'acte honteux de Mme Dutrieu, qui a causĂ© son propre suicide et le renoncement au monde de son mari Ă©pouvantĂ©, a servi Ă faire d'Emmanuel un homme plus honnĂȘte et plus pur que les autres justement parce qu'ayant connu l'amour physique forf jeune et dans des conditions dont il n'a jamais compris le romanesque, il garde une fraĂźcheur d'Ăąme que ses camarades ont perdue. Son portrait double ainsi et complĂšte celui de Mme Dutrieu, et la raison d'Emmanuel est la consĂ©quence de la folie de celle-ci. Cette conclusion Ă la fois sage et ironique termine fort heureusement un livre Ă qui je vois de grandes qualitĂ©s. Mais je ne peux pas m' empĂȘcher cependant de regretter que M. Jean BesliĂšre, pour nous raconter une histoire si vivante, si humaine et si proche de nous, ait dĂ©rangĂ© des personnages de 1825 et ait mĂȘlĂ© des rĂ©flexions sur la Quotidienne et sur la Commission des ĂmigrĂ©s Ă ce beau morceau d'analyse morale. Il est vrai aussi que tout esprit obĂ©it Ă certaines nĂ©cessitĂ©s impĂ©rieuses et involontaires M. BesliĂšre a besoin sans doute d'un certain recul et d'une Ă©poque en quelque sorte historique pour nous communiquer l'Ă©tat de ses rĂ©flexions.» » M. Jaloux, Ă propos du Silence DANS LA campagne salue une rĂ©ussite dans l'art sentimental et f in de M. ESTAUNIĂ .Toute cette belle histoire dont je regrette les quatre derniĂšres lignes qui insistent un peu trop sur une conclusion que nous venons dĂ©jĂ de comprendre, toute cette belle histoire, dis-je, tourne autour d'un drame central qu'on ne cesse d'apprĂ©hender et de deviner. Mais comme dans la vie, Ă aucun point, il ne s'est fatalement Ă©lucidĂ© et il nous laisse une angoisse vague eh mĂȘme temps qu'il nous 'entraĂźne aux plus subtiles mĂ©ditations. C'est une des plus belles rĂ©ussites de cet art si particulier et si profond qui est celui de M. Ădouard EstauniĂ©. J'aurais voulu parler Ă©galement des autres nouvelles de ce volume je ne peux que citer comme les plus intĂ©ressantes Le silence dans la campagne et Pages roumaines. » LES ESSAIS M. CHAUMEIX a beaucoup admirĂ©, dans le GAULOIS, le livre de Mme GĂRARD d'Houville sur V Enfant Il y a de tout dans ce livre, du naturel et du fĂ©erique, de l'observation et de la rĂȘverie, du rĂ©alisme et de la dĂ©votion. On pense Ă ces peintures oĂč sont reprĂ©sentĂ©es avec tant de vĂ©ritĂ© simple les nativitĂ©s, oĂč tous les dĂ©tails de la vie familiĂšre sont indiquĂ©s et oĂč tout est enveloppĂ© aussi de tant de mystĂšre respectueux. A peine nĂ©, voici l'enfant qui ouvre les yeux sur ce monde vaste, incomprĂ©hensible, ennemi. Que de choses il lui faut dĂ©couvrir et comprendre, que de choses trop grandes et trop redoutables pour lui L'auteur nous le fait voir si petit sur cette route immense, nous raconte- ses surprises, ses dĂ©ceptions, ses mots, ses mĂ©lancolies. Et quand parmi beaucoup d'anecdotes charmantes et vraies, de remarques, de bons conseils aux parents et de songes, nous arrivons Ă la derniĂšre page, il nous reste l'impression d'un sĂ©jour parmi un petit pcple Ă©nigmatique et prĂ©cieux, qui rassemble en lui-mĂȘme nos sensibilitĂ©s, les plus sĂ»rs secrets de nos destinĂ©es, et nos plus merveilleuses espĂ©rances. M. HENRI DE RĂGNIER, dans le FIGARO, f ait partager le plaisir qu' il a pris au divertissant ART d'ĂȘtre PAUVRE de Boni de Castellane Ce sont des souvenirs. que nous offre M. Boni de Castellane dans le volume qu'il a intitulĂ© U Art d'ĂȘtre Pauvre et qui fait suite Ă celui oĂč il nous apprenait comment il avait dĂ©couvert l'AmĂ©rique ». La pĂ©riode d'existence que nous retrace l'aimable et mordant mĂ©morialiste, et qui va de l'annĂ©e 1906 jusqu'Ă nos jours, comme on dit dans les manuels d'histoire, pourrait s'appeler celle de son redressement financier ». M. de Castellane, en effet, nous conte comment, au lendemain d'un divorce retentissant, il passa soudain de l'opulence Ă son contraire et comment, au lieu de n'avoir qu'Ă vivre sa vie, il se trouva subitement en devoir de la gagner. Il va sans dire que M. de Castellane mit Ă franchir ce pas beaucoup d'Ă©nergie et de courage en y joignant une rĂ©elle ingĂ©niositĂ©. Amateur d'art avisĂ© et d'un goĂ»t trĂšs sĂ»r, M. de Castellane se rĂ©solut Ă tirer parti de ses connaissances en matiĂšre de curiositĂ©s et des relations que lui valait sa haute situation parisienne, mondaine et, si l'on peut dire, mondiale, pour subvenir Ă ses besoins. Il y parvint peu Ă peu largement, de sorte que s'il pratiqua l'art d'ĂȘtre pauvre » il ne se crut pas obligĂ© de s'y tenir dĂ©finitivement. D'ailleurs, ses opĂ©rations artistiques ne le dĂ©tournĂšrent jamais de ses prĂ©occupations politiques. Il en rĂ©sulta un tissu de vie fort composite et fort complexe dont M. de Castellane nous expose avec bonne humeur la trame et le dĂ©cor. Son livre de souvenirs abonde en portraits, en rĂ©flexions, en anecdotes fort amusantes. Celle d'un dĂ©jeuner oĂč il avait invitĂ© Sarah Bernhardt et que la grande tragĂ©dienne finit par manquer » est d'un comique irrĂ©sistible. Ajoutons que, de cette pĂ©riode de lutte et de difficultĂ©s, M. de Castellane ne semble pas avoir gardĂ© d'amertume. » M. PAUL Souday, dans le TEMPS, signale la. prĂ©cision, l'utilitĂ© et l'intĂ©rĂȘt de l'HISTOIRE DE LA LittĂ©rature de MM. BĂDIER et Hazard Or, c'est avant tout Ă l'intĂ©rĂȘt documentaire qu'ont visĂ© MM. Joseph BĂ©dier, Paul Hazard et les collaborateurs qui ont acceptĂ© de se ranger sous leur guidon. Je n'hĂ©site pas Ă les en louer. Ils ont voulu ĂȘtre utiles iis y ont parfaitement rĂ©ussi. Cet ouvrage collectif dĂ©passe les proportions d'un simple manuel, mais rendra plus complĂštement les mĂȘmes services. Tout l'essentiel y est dates, titres d'ouvrages, bibliographie., rĂ©fĂ©rences, biographies, analyses, exposĂ© des questions, Ă©tat actuel de la science ou de l'opiuion. C'est lorsqu'on connaĂźt bien tout cela que l'on peut sans pĂ©ril se former des avis personnels et se risquer chez les critiques systĂ©matiques ou impressionnistes. Ces deux gros volumes fournissent Ă l'amateur de littĂ©rature une base d'opĂ©rations solide. On y apprĂ©cie, d'un bout Ă l'autre, la sobriĂ©tĂ© et la modĂ©ration des jugements, l'exactitude de l'information, le bons sens et la droiture, une impartialitĂ© et une objectivitĂ© Ă peu prĂšs irrĂ©prochables. C'est un travail profondĂ©ment honnĂȘte et, pour ainsi dire, garanti. Ce grand sĂ©rieux me paraĂźt, d'ailleurs, plus attrayant que les partis pris des fanatiques et les jongleries des tireurs de paradoxes. Les NOUVELLES LittĂ©raires ont consacrĂ© un numĂ©ro Ă RenĂ© BoyLESVE, qui vient de mourir. Voici sur l'ceuvre et surtout sur l'homme, une admirable page de Paul ValĂ©ry .Il Ă©tait ce qu'il n'a cessĂ© d'ĂȘtre Ă©lĂ©gant, mince, rĂ©servĂ© de maniĂšres trĂšs courtoises et trĂšs exactes discret avec ironie dans une atmosphĂšre de jugements foudroyants. La littĂ©rature ne se passe point de couronnements et d'exĂ©cutions imaginaires qui en feraient le mĂ©tier le plus dramatique du monde si les paroles Ă©taient des actes, et si le temps et le sourire n'existaient pas. Dans ces vaines tempĂȘtes, celui qui ne dit pas grand'chose sourit Ă un sablier invisible. Au milieu des Ă©clats, des dĂ©bats et des Ă©carts de langage, RenĂ© Boylesve aisĂ©ment silencieux gardait en soi son souci de la grĂące et les secrĂštes certitudes de son goĂ»t. Fier de ce qu'il taisait, il adorait dans son cĆur une harmonie infiniment juste, qui fut l'objet essentiel et constant de son dĂ©sir. Bien des auteurs ne poursuivent que dans leurs Ćuvres la puissance ou la dĂ©licatesse qu'ils visent. Ils se font une vie Ă©crite bien diffĂ©rente de leur vie temporelle et de ses modes. Le lecteur qui les veut connaĂźtre en personne s'expose Ă d'Ă©tranges surprises le dur styliste est d'Ăąme tendre l'Ă©crivain complexe ou profond est le plus enjouĂ© des hommes le poĂšte du cĆur a des goĂ»ts ignobles l'ami des foules vit comme un prince, et le mystique fait ce qui lui plaĂźt. Mais au contraire il y avait chez RenĂ© Boylesve une rare et remarquableconformitĂ© entre l'ĂȘtre et sesouvrages; il y eut toujours entre sa personne et son art une relation Ă©vidente et simple, une sorte d' accord parfait. Ce n'est pas que notre ami ne contĂźnt ces contrastes intimes et ces dissensions de l'Ăąme sans lesquelles l'esprit le plus dĂ©liĂ© demeure Ă jamais ignorant de ses profondeurs et de ses ressources. Sur son visage s'unissaient la sagesse et la prudence un peu mĂ©lancolique Ă l'expression d'une rĂȘverie voluptueuse. Mais encore c'Ă©st l'harmonie et la justesse dont je parlais tout Ă l'heure qui dominaient en lui. Cet Ă©quilibre, ce tempĂ©rament peu commun des diverses manifestations d'une vie demande une singuliĂšre Ă©nergie, qui se dissimule elle-mĂȘme dans la douceur et F amĂ©nitĂ© qu' elle ne manque point de produire. On n'imagine pas quelle profonde fermetĂ© de caractĂšre il faut pour ne pas cĂ©der Ă la grande crainte d'ĂȘtre imperceptible qui rĂšgne dans les arts. » J. P BIBLIOGRAPHIE LA LITTĂRATURE AMĂRICAINE TRADUITE EN FRANĂAIS REMARQUES ET ADDENDA On nous saura peut-ĂȘtre grĂ© de signaler les traductions suivantes d'ouvrages ayant trait Ă l'Histoire, Ă la Politique, Ă l'Industrie, Ă la PĂ©dagogie, etc. ces ouvrages Ă©tant fort reprĂ©sentatifs du gĂ©nie amĂ©ricain toutes ces traductions sont de publication rĂ©cente. HENRY FORD. â Ma Vie et mon Ćuvre, PrĂ©f. par Victor Cambon 15 fr.. C. BERTRAND Thompson. â Le SystĂšme Taylor, PrĂ©f. par Alexandre Millerand 12 francs. â MĂ©thodes amĂ©ricaines d'Ă©tablissement des prix de revient en usines 12 francs. GANTT. Travail, salaires et bĂ©nĂ©fices, trad. par A. Blandin 12 francs. CHARLES Buxton GOING. Principes d'organisation industrielle, trad. par A. Blandin 9 francs. IDA M. TARBELL. â La RĂšgle d'or des affaires 15 francs. DAVID JAYNE BILL. â La reconstruction de l'Europe, trad. par Alaux 5 francs. La Crise de lĂ dĂ©mocratie aux Ătats-Unis, trad. par Mme Emile Boutroux, PrĂ©f. par Emile Boutroux 5 francs. FRANCK-L. Schcell. â La question des noirs aux Ătats-Unis, PrĂ©f. par M. Delafosse 7 fr. 50. RAY STANNARD BAKER. â Le PrĂ©sident Wilson et le rĂšglement franco-allemand, Ă©d. par Alaux 15 francs. Edward A. FILENE. â Le ProblĂšme europĂ©en et sa solution, trad. par Francis Delaisi, PrĂ©f. de Paul PainlevĂ© 10 francs. JAMES W. GERARD. MĂ©moires de l'ambassadeur Gerard, 2 vol. 24 francs. LEE MERIWETHER. Journal, PrĂ©f. de M. Edouard de Billy 10 francs. HENRI MORGENTHAU. MĂ©moires de l'ambassadeur Morgenthau 12 francs. Vernon KELLOGG. â Mes SoirĂ©es au Grand Quartier,PrĂ©f . 4fr. James BECK. â La Guerre et l'HumanitĂ© 5 francs. Abraham FLEXNER. â La Prostitution en Europe, trad. H. Minod 10 francs. EDWARD ALSWORTH Ross. La Chine qui vient, trad. par Delhorbe 7 fr. 50. DOROTHY CANFIED FISHER. L'Ăducation Montessori 9 francs. Les Enfants et les MĂšres, trad. par BRANDON. Petite Histoire des Ătats-Unis 6 francs. JAMES BROWN SCOTT. Notes de James Madison sur les DĂ©bats de la Convention fĂ©dĂ©rale de 1787, trad. par A. de Lapradelle 6 fr.. On voudra bien ajouter Ă notre Bibliographie des numĂ©ros de dĂ©cembre et janvier R. W. EMERSON. â Les Anglais, esquisse de leur caractĂšre, trad. et intr. par Pierre Chavannes 10 francs. WOODROW WILSON. â Histoire du Peuple amĂ©ricain, trad. par DĂ©sirĂ© Roustan, PrĂ©f. d'Emile Boutroux, 2 vol. 60 francs. â Discours et Messages, trad. par DĂ©sirĂ© Roustan 15 fr.. MAX EASTMAN. â Depuis la mort de LĂ©nine, trad. 7 fr. 50. SHERWOOD ANDERSON. â L'Homme qui devint femme, suivi d'une Vue cavaliĂšre sur la LittĂ©rature amĂ©ricaine par Bernard Fay 9 francs. â Winesburg-Ohio {en prĂ©paration. EUGĂNE O'Neill. â L'Empereur Jones; Le Singe velu De l'Huile; Difterent ». Ces piĂšces ont Ă©tĂ© traduites par M. Maurice Bourgeois et sont encore inĂ©dites. ANTHOLOGIES Anthologie des Humoristes anglais et amĂ©ricains du xvne s. Ă nos jours, par Michel Epuy. Rip, l'homme qui dormit vingt ans et autres contes d'AmĂ©rique, trad. par Eve Paul Margueritte, Notes et PrĂ©f. par Vincent O'Sullivan 8 fr. 50. Le Rire dans le brouillard, petite anthologie d'Humoristes anglais et amĂ©ricains, par Maurice Dekobra 8 fr. 50. Il n'existe pas, pour le moment, d'Histoire complĂšte de la LittĂ©rature amĂ©ricaine celle que nous avons dĂ©jĂ signalĂ©e, de William P. Trent, s'arrĂȘte Ă MarkTwain et Ă Henry James. Nous pensons que cette lacune sera prochainement comblĂ©e en effet, M. Charles Cestre et Mlle B. Gagnot doivent publier prochainement une Anthologie de la LittĂ©rature amĂ©ricaine; M. RenĂ© Lalou prĂ©pare un Panorama de la LittĂ©rature amĂ©ricaine M. RĂ©gis Michaud, Professeur Ă l'UniversitĂ© de Californie et auteur de remarquables travaux sur Emerson, fait actuellement en Sorbonne douze confĂ©rences sur Le Roman amĂ©ricain contemporain que nous espĂ©rons voir publier. Signalons encore les belles Ă©tudes sur la LittĂ©rature amĂ©ricaine d'aujourd'hui contenues dans Notre AmĂ©rique de Waldo Frank, et pour finir, l'Essai de ValĂ©ry Larbaud sur Une Renaissance de la poĂ©sie amĂ©ricaine » qui a paru dans La Revue de France Nos du 1er et du 15 septembre 1921. LA GAZETTE LETTRE Paris, 12 fĂ©vrier 1926. Cher Ami, Hurrah Nous avons terminĂ© nos traductions. Fini le Discours de Whitman, et finie la nouvelle de Me Alman 1 Nous avons bien dru un moment que nous n'arriverions pas au bout de notre tĂąche. VoilĂ deux mois que nous peinons sur le Discours. Il y avait d'abord la difficultĂ© de le lire, car il est imprimĂ© en caractĂšres trĂšs petits, aussi petits que les plus petits des tableaux d'oculiste. Sylvia devait se servir d'une loupe, et, malgrĂ© cela, elle avait la vue trĂšs fatiguĂ©e elle a mĂȘme souffert pendant une dizaine de jours d'une obstruction des canaux lacrymaux je crois que cela provenait moins de ses yeux que d'un Ă©tat de surmenage gĂ©nĂ©ral mais l'Ćil droit Ă©tait assez malade et elle devait le couvrir d'un bandeau, de sorte qu'au dĂźner d'anniversaire de Joyce, auteur et Ă©diteur faisaient tous deux leur petit Wotan. Elle est guĂ©rie maintenant. Outre la difficultĂ© du dĂ©chiffrage, il y avait tous les problĂšmes de traduction que vous pouvez aisĂ©ment imaginer. Ce discours est Ă©crit d'une façon trĂšs familiĂšre, avec des tournures qui sont moins faites pour avoir un sens prĂ©cis que pour former de belles pĂ©riodes capables de toucher un audi- toire populaire Ă certains moments, Sylvia disait LĂ , il avait son monde. » Et certes, il avait dĂ» avoir son monde, et il nous avait, nous aussi nous Ă©tions grandement Ă©mues arrivĂ©es Ă l'Ă©tonnant dernier paragraphe, notre Ă©motion Ă©tait telle que nous ne pouvions prononcer une parole je pensais aux discours de TĂȘte d'or, et je me retenais de pleurer, parce que je sentais que j'aurais versĂ© des torrents de larmes. La force, le magnĂ©tisme, l'humanitĂ© ruisselante du poĂšte, me, secouaient comme un dĂ©chaĂźnement orchestral. Vous me direz que les poĂšmes des Feuilles d'Herbe auraient pu me toucher mieux encore, mais comme vous le savez, ma connaissance de l'anglais est trĂšs imparfaite, et une traduction, mĂȘme quand elle a la valeur de celle de Bazalgette, prive un poĂšme de beaucoup de ressources. Et puis, dans le cas particulier du Discours que je traduisais avec Sylvia, j'avais cette chance vraiment extraordinaire d'avoir entre les mains les Ă©preuves que Whitman avait imprimĂ©es lui-mĂȘme et qu'il avait commencĂ© de corriger. Un vĂ©hicule unique m'Ă©tait donnĂ©, quelque chose comme un tapis enchantĂ© qui me transportait Ă travers le temps et l'espace jusqu'au lieu d'Ă©ternelle communion oĂč la vertu de Whitman continue de travailler pour les hommes. Il me semble qu'il n'est pas dĂ©raisonnable de penser, de sentir ainsi. C'est un des principes fondamentaux des religions que de croire miraculeux ce qui a touchĂ© les saints, et cela est assez logique il y a bien des corps dans la nature qui sont douĂ©s de propriĂ©tĂ©s remarquables et d'un effet continu l'Ă©lectricitĂ© dure Ă jamais dans l'aimant et dans les organismes qui ont su faire sa conquĂȘte. Et le gĂ©nie de Whitman Ă©tait particuliĂšrement Ă©lectrique, par la composition de sa nature et par la force de sa volontĂ©. Ceux qui liront le Discours verront bien les rĂ©serves de stable Ă©nergie qu'il contient qu'ils pensent Ă la main du poĂšte assemblant avec patience les lettres minuscules, faisant tenir en 14 millimĂštres son nom Walt Whitman, auquel il voulait initier le peuple amĂ©ricain tout entier qu'ils es- saient d'imaginer les sĂ©ries d'Ă©vĂ©nements qui ont empĂȘchĂ© ce publiĂ© et qui l'ont amenĂ© entre nos mains. J'ai Ă©crit derniĂšrement Ă M. Jean Catel pour lui demander comment il l'avait dĂ©couvert il m'a rĂ©pondu qu'il l'avait achetĂ© chez un libraire de Boston avec une liasse de coupures de journaux. Whitman gardait, paraĂźt-il, tous les articles oĂč il Ă©tait question de lui M. Catel me dit qu'il en a vu des centaines. Sans doute, le* Discours Ă©tait-il restĂ© perdu parmi des coupures puisqu'il ne figure pas dans les Ćuvres complĂštes. M. Catel a soigneusement compulsĂ© les volumes Ă ce sujet et Sylvia, Ă son tour, a fait une rĂ©vision. Nous avons trouvĂ©, cependant, quelque chose qui s'y rapporte de façon assez amusante, c'est dans Collect, un article intitulĂ© Les Origines d'une Tentative de SĂ©cession » oĂč Whitman confie, avec quelque dĂ©tachement, qu'il s'est intĂ©ressĂ© Ă la politique entre vingt et un et quarante ans. Je n'y participais pas, dit-il, mais je l'observais et je votais rĂ©guliĂšrement. » Plus loin il rappelle, comme un temps dĂ©jĂ lointain, les annĂ©es comprises entre 1840 et 1860 oĂč la Convention fĂ©dĂ©rale prĂ©sentait le pire spectacle qu'on eĂ»t jamais vu aux Ătats-Unis Les membres qui la composaient Ă©taient, pour les sept huitiĂšmes, la plus basse sorte de braillards et de vantards, fonctionnaires, postulants, tricheurs, malfaisants, conspirateurs, assassins, hommes de paille, etc. » Vous reconnaissez lĂ toutes les gentillesses qu'il envoyait dans son Discours Ă lĂ tĂȘte des politiciens. Mais il ne fait aucune allusion Ă ce Discours. J'ai l'impression qu'il devait mĂȘme ĂȘtre un peu gĂȘnĂ© de l'avoir prononcĂ© c'avait dĂ» ĂȘtre dans sa vie comme une sorte de dĂ©bauche. Il avait sĂ»rement remuĂ© d'Ă©pais sentiments populaires qui l'avaient rempli d'une lourde ivresse, puis de confusion. Vous me direz que de tels sentiments n'Ă©taient pas pour lui dĂ©plaire, puisqu'il passait sa vie au milieu des gens du peuple, mais justement, il voulait avant tout les Ă©clairer, les Ă©lever, et il Ă©tait trop sage pour ne pas prĂ©fĂ©rerl'Ă©volution Ă la rĂ©volution. En tout cas, il avait senti le danger qu'il y aurait Ă renouveler une pareille expĂ©rience, et combien les luttes politiques pouvaient l'Ă©loigner Ă jamais des vertus du poĂšte. Je ne crois pas qu'il puisse ĂȘtre ennuyĂ© que nous ayons retrouvĂ© et publiĂ© son Discours il ne risque plus, maintenant, d'ĂȘtre empoisonnĂ© par les vapeurs sulfureuses des antres du pouvoir; il peut ĂȘtre tranquille, d'ailleurs, nous n'en inonlerons pas les villes, Le Navire d'Argent n'est pas un quotidien Ă gros tirage, tant s'en faut. Mais ne pensez-vous pas que ç'aurait Ă©tĂ© grand dommage que ce texte restĂąt inconnu, car, outre sa valeur littĂ©raire, c'est un trĂšs prĂ©cieux document sur la vie du poĂšte. Songez qu'il a fait ce Discours en 1856, un an aprĂšs avoir publiĂ© les Feuilles d'Herbe, il Ă©tait alors en pleine possession de son gĂ©nie et son manifeste contre les abus du temps n'a certainement pas Ă©tĂ© inutile. Moi, je n'oublierai jamais l'Ă©motion extraordinaire qu'il m'a donnĂ©e et qui dure encore. J'Ă©tais toute plongĂ©e dans cette Ă©motion quand j'ai rencontrĂ© l'autre soir, Ă un dĂźner du Pen Club, Louise Weiss qui m'a demandĂ© si je voulais participer Ă un mouvement pour le vote des femmes bien que je ne me sois jamais occupĂ©e de fĂ©minisme, j'ai rĂ©pondu oui avec enthousiasme, et ma foi, je ne m'en dĂ©dis point. La traduction de la nouvelle de Mc Almon nous a donnĂ© un tout autre genre de sport. Elle est trĂšs bonne cette nouvelle il nous a paru qu'elle formait un tableau assez complet d'une des activitĂ©s les plus essentielles des EtatsUnis. â Nous avons hĂ©sitĂ© un moment Ă la traduire parce qu'elle est Ă©crite souvent en argot et parce qu'elle contient certaines vĂ©ritĂ©s que les Français ont l'habitude d'exprimer par des sous-entendus, non pas quand ils parlent, mais quand ils Ă©crivent. Nous savons ce que sont les conversations d'hommes et, grĂąces Ă Fargue, nous n'ignorons rien de tout ce qui peut se dire et s'inventer inĂ©puisablement sur le noble sujet du Sexe. Nous avons bien pensĂ© que nous allions choquer nos lecteurs et, qu'en particulier, notre bonne amie Mme L.. nous ferait des reproches, et puis, ce sont des choses qu'on n'aime pas Ă©crire. Mais Sylvia, aprĂšs un sĂ©rieux examen de conscience, s'est Ă©criĂ©e Eh quoi, moi Ă©ditrice d'Ulysses, j'aurais peur d'un homme quand un rĂ©giment ne me fait pas peur » Et nous nous sommes lancĂ©es bravement. Nous avons mĂȘme, par excĂšs de zĂšle, donnĂ© en bas de page les expressions amĂ©ricaines qui correspondent aux nĂŽtres. J'espĂšre qu'on nous en saura grĂ©, puisque les dictionnaires ne les indiquent pas et qu'il est assez difficile de demander aux AmĂ©ricains des prĂ©cisions lĂ -dessus. Les AmĂ©ricains sont plus favorisĂ©s ceux qui viennent Ă Paris peuvent se faire initier par les petites femmes, mais comment voulez-vous que les Français aillent s'amuserĂ New York? d'abord, ça leur coĂ»terait trop cher, et puis, il paraĂźt qu'on ne s'y amuse pas 1 Quant Ă l'argot, c'est une question bien dĂ©licate en littĂ©rature, mais il joue fatalement un grand rĂŽle chez un peuple dont la langue personnelle est en formation voyez la place qu'il occupe dans l'Ćuvre de William Carlos Williams qui est, pourtant, le meilleur littĂ©rateur actuel des Ătats-Unis. Vous connaissez, sans doute, ce que Whitman a Ă©crit sur L'Argot en AmĂ©rique » en rĂ©visant les Ćuvres de prose, Sylvia a dĂ©couvert cet admirable essai dont elle n'avait pas gardĂ© souvenir. Je ne puis me retenir de vous rappeler ces lignes L'argot est une tentative de l'humanitĂ© pour Ă©chapper Ă la sĂšche littĂ©ralitĂ© des choses et pour s'exprimer d'une taçon illimitĂ©e, ce qui, aux degrĂ©s les plus Ă©levĂ©s, produit des poĂštes et des poĂšmes. Sans doute, dans les temps prĂ©historiques, a-t-il dĂ©brouillĂ© et perfectionnĂ© l'immense mĂȘlĂ©e des mythologies primitives. L'argot est aussi la fermentation, l'Ă©ructation saine de ces processus qui sont Ă©ternellement actifs dans le langage et par lesquels l'Ă©cume et les dĂ©bris sont rejetĂ©s, dont la plupart disparaissent, mais dont quelques-uns demeurent et se cristallisent. C'est trĂšs juste, n'est-ce pas? -Ce sont les expression» d'argot en voie de cristallisation que le dictionnaire qualifie de familier » ou de populaire ». Comme il serait intĂ©ressant d'avoir l'avis de Paul ValĂ©ry lĂ -dessus. Cher Ami, c'est bien triste que vous soyez si loin et que nous ne puissions discuter Ă loisir toutes ces questions. J'espĂšre que vous trouverez le temps de m'Ă©crire longuement. Adrienne MONNIER. Je viens de recevoir une lettre de Valery Larbaud. Je me permets d'en dĂ©tacher les passages suivants Je ne suis pas encore sorti de Lisbonne, que j'ai visitĂ©e avec soin, et oĂč j'ai mĂȘme eu, mardi dernier, le spectacle, qui n'Ă©tait pas sur le programme, le spectacle extra, d'une petite rĂ©volution avec bombardement. Je travaillais au son du canon qui faisait trembler ma porte et mes fenĂȘtres. Je ne parvenais pas Ă me figurer que j'Ă©tais en danger. Comme on dit Pluie d'Ă©tĂ©. il me semble qu'on peut dire RĂ©volution portugaise ne tue pas. Le chef des insurgĂ©s Ă©tait un astronome. Je me limite Ă vous donner des nouvelles qui concernent nos Ă©crivains prĂ©fĂ©rĂ©s et le Navire d'Argent. On ne les lit guĂšre, ni les uns, ni l'autre. Le malaise politique, l'instabilitĂ© sociale font que les gens de l'Ă©lite se prĂ©occupent surtout de questions de morale, de haute politique thĂ©orique, de gouvarnement, etc. Ils sont d'action portugaise, si on peut dire, et on voit beaucoup Maurras, Valois, Massis, Maritain,. aux devantures des libraires qui vendent, m'a dit un libraire, autant de livres français que de livres portugais. Je n'ai vu Le Navire'd'Argent nulle part dans Lisbonne, mais, imaginez ma surprise, en feuilletant une revue rĂ©cemment lancĂ©e, un magazine dans le genre de l'Illustration française, ou plus exactement du Blanco y Negro espagnol Ilustraçao, j'ai trouvĂ© une reproduction trĂšs exacte, Ă la rĂ©serve de quelques fautes d'inattention ou d'impression, une copie de la derniĂšre partie de la Bibliographie de la LittĂ©rature anglaise traduite en français, telle que l'a publiĂ©e le Navire d'Argent. Une note renvoyait le lecteur, pour le commencement de cette bibliographie, au n° 1 de Ilustraçao .1er janvier 1926. Je me suis procurĂ© ce numĂ©ro et j'y ai trouvĂ© une autre tranche de la Bibliographie parue dans lĂ© Navire le premier auteur mentionnĂ© Ă©tait Meredith. Une note prĂ©liminaire disait que cette Bibliographie Ă©tait offerte aux lecteurs portugais qui ne connaissent pas l'anglais, et qui certainement en sauraient grĂ© Ă Ilustraçao. Du Navire d'Argent, pas un mot. Je vous envoie ces deux numĂ©ros, 1 et III, de Ilustraçao vous verrez qu'il n'y a pas de doute possible quant Ă l'origine de cette Bibliographie c'est une copie la traduction de Ulysses par ValĂ©ry Larbaud et Augusto Morel y est indiquĂ©e avec la mention Em preparaçao. Cela prouve que le Navire d'Argent a trouvĂ© l'embouchure du Tage, et que l'utilitĂ© de sa Bibliographie anglaise a Ă©tĂ© immĂ©diatement reconnue. C'est trĂšs flatteur pour lui. Quant Ă l'absence de toute indication de source, â rappelez-vous les maximes de l'auteur du TraitĂ© de l'Amour du MĂ©pris de soi-mĂȘme Il mĂ©rite que son ouvrage, s'il a du succĂšs, soit attribuĂ© Ă un autre il mĂ©rite d'ĂȘtre traitĂ© de plagiaire par ceux-lĂ mĂȘmes qui le plagient, etc. » 1 Au moment de mettre sous presse, je reçois encore une 1 carte de Valery Larbaud. 'J'Ă©crirai, dit-il, dĂšs que je serai remis de l'orgie de sympathie dont voici le document. â Le document, c'est le Menu d'un Banquet offert Ă Lisbonne le 22 Ao grande escritor francĂȘs Valery Larbaud ». Et voici le MENU Escalope de veau Nouvelle Revue Française. Dindonneau rĂŽti Amants, heureux amants. Rouge, Blanc, Porto et Champagne. ĂABIS. OC. eKNĂH. U'IMPB. ET D'ĂDIT., 71, RUE Dt tlENNIS, IjaS ConsommĂ© Fermina Marquez. Filet de sole A. O. Barnabooth. Orelheira Ăą Portuguesa. GĂąteaux Navire d'Argent. La GĂ©rante A. POTAGE POISSON BNTRĂES LĂGUME Chou-fleur. SALADE ENTREMETS Glace Commerce. ROTI VINS SOMMAIRE JEAN PRĂVOST. Les Instituteurs 235 RAINER MARIA RILKE. Trois Ă©bauches cle Portraits. 242 Traduction par Maurice Bet z. R. FERNANDEZ. Diverses maniĂšres de se connaĂźtre. 248 MARCELLE AUCLAIR. Oscillations 260 RAMON GOMEZ DE LA SERNA. â CinĂ©landia. 265 Traduction par Marcelle AuclĂ ir. ANTOINE DE SAINT EXUPĂRY. L'Aviateur 278 BLAISE CENDRARS. Le Principe de L'UtiLitĂ©. 288 REVUE DE LA CRITIQUE NOTES de JEAN PRĂVOST sur Georges Duhamel La Pierre Nous sommes co-propriĂ©taires d'un vaste empire souterrain qui s'enfonce en forme de coin jusques au centre de la terre. La mĂȘme boue originelle, la table commune, le lit, ces souvenirs sont les liens de notre amitiĂ© fraternelle. 7 Mes frĂšres ? que ce mot amer a peine-Ă sortir de ma bouche, et combien mon cĆur me reproche la pubertĂ© de cet amour. Moi qui ne rencontre personne aux rendez-vous que je me donne qui m'entends condamner Ă mort par le regard de mes amis je ne sais pas comprendre encore par quel miraculeux dĂ©tour un homme aux abois, Ăąme vide, en son corps ancien ressuscite,. Pourtant, me voici parmi vous, avec vous prĂȘt Ă me commettre. Je suis devenu l'un des vĂŽtres, tant vous m'avez rouĂ© de coups. Vous exigez que je vous tende cette main dont je -me dĂ©chire. Vous revendiquez l'accolade que je me refusai d'abord. -FrĂšres, vos misĂ©rables rĂšgles sont lĂšs armes d'Ăąmes jalouses. Dans vos lois et dans vos oracles, j'entends l'appel dĂ©tresse. Je ne veux pas avec emphase me soustraire au commun service. Je ne veux pas ĂȘtre ce dieu qui conspire au dedans de moi. Je viens combattre dans vos rangs, et non plus contre des chimĂšres. Mais permettrez-vpus que je meure au poste que je choisirai ? 8 Prodigue des voix de l'espĂšce, prodigue du sang de la race, chacun, dans son vacarme, explose. pour son meurtre chacun s'engraisse. Ce n'est que civils et soldats et criminels et magistrats, paix couardes, guerres pouacres, bref, cacophonie et massacres. Mais moi, parmi ce hĂŽurvari et ces poussiĂšres de bazar, je tends l'oreille vers le cri des maigres bĂȘtes du dĂ©sert. Il est d'usage qu'entre esclaves on Ă©change des invectives. Mais tel qui dĂ©serte, souvent, ailleurs assure la dĂ©fense. Vers mon authentique devoir condamnĂ© pour toujours Ă fuir, j'exĂ©cuterai la sentence, gravissant, rature Ă rature, les degrĂ©s des mots qui s'annulent, jusqu'au seuil de cela dans moi qui veut adhĂ©rer, et se taire, et survivre, pour que sa loi s'accomplisse enfin sur la terre. Je m'engage Ă ne prononcer que de trĂšs humaines paroles. Puisse-je trouver des accents qu'accueillent vos oreilles d'hommes Afin qu'un jour, nous retournant du haut de la pente insensible, nous apercevions, tous ensemble, nos frontiĂšres derriĂšre nous. Que je ne reparte pas seul sur le chemin de mon exil. Janvier 1926; 1' ROBERT CHĂRADE. CIRQUE PETITE ECUYĂRE A ma SĆur. Rose, un voile rose, elle y vole, Fleur pĂ©ril de l'air, Sur fond muet de spectateurs, On en meurt. Le cheval de sa peau vĂȘtu comme d'un gant Vole. Cheval beige, cheval nu, Le pied claque sur son flanc. L'air sent le sable. Des seins de neige naissants. Chair prodigue- dans le vide, Epure Ă©perdue, Un petit cĆur nu d'enfant Si pĂ©rissable! 1 CLOUNE ETOILE Cloune, Ă©toile de mer, De ton costume vert oĂč la lumiĂšre coule, De ta face nue, De ton pas fictif, De ton haut ramage, Cueille mille visages sages Et quand tu les tiens sous ta main, Soudain Jette la bombe de ta farce Et que mille rires Ă©clatent 1 GYMNASTE AERIEN PathĂ©tique au commandement, La musique joue en silence. Peau d'Ăąne roule. Se dĂ©veloppe lentement, Grandit, s'en fle, s'ouvre, s'achĂšve L'exploit d'un corps trop bien Ă l'aise Dans l'embĂ»che de ses spirales. Applaudir au coup de cymbales, VoilĂ l' travail! HAUTE ECOLE Sous les flots crus d'une trompette Que ta robe havane brise, Coursier, au doux col de caprice, Voici que d'un pied qui diverge Tu brodes ton dessin mouvant En marge du cercle prudent OĂč ta fantaisie reste prise. ECUYĂRE VOLTIGE TombĂ©e du ciel de papier Que tes appas roses crĂšvent, PiĂšce montĂ©e, tu rejoins Le bel Ćil de porcelaine De ta jument pommelĂ©e Aux grĂąces demi-mondaines. CLOUNE Une lĂšvre, un nuage, un Ćuf, DĂ©sir de l'Ćil qu'il volera. Ame ingĂ©nue Ă fleurie, Il aimerait faire du bleuffe. Il les avale par mĂ© garde. Son bras s'envole 1 Pour lui courir aprĂšs laisse tomber son cĆur. C'est une farce, II va. Sous les bravos pluie en Ă©clats De sa prĂ©caire faim de joie Ce n'est pas pour ce soir encore L'enterrement de sa douleur. TRIPLE SA UT DANS 1ĂAIR Qui vole, une flamme, oĂč est-elle p Volute dans mon Ćil mais abolie dĂ©jĂ , Les pieds dans le front, Ce doux flanc joblong, MĂ©tĂ©ore, agate, Eclair qui roule jailli du sol De rien nais-tu subit miracle! HALa Halo bleu, un blond corps y tremble Pendu dans l'air. Point d'or, unique chair qui tisses L'angoisse nue de ces regards, Il n'y a que toi qui vives 1 La salle dans la nuit conspire. v Suffit un choc et turf Ă©crases Tu es couchĂ©e dans ma bouche. D'une architecture d'acier Saigne cette musique fade. Les hommes n'oublient pas que tu es une femme. ADRIEN COPPERIE. TRADUIT DES FLEURS VIOLETTE Violette, fleur archevĂȘque, AmĂ©thyste des futaies, Comme pour, au seuil des temples, Baiser le feu des anneaux, Qui veut mĂ©riter ton ciel Il lui faut s'agenouiller. J'ai trouvĂ© dans les forĂȘts L'apaisement des Ă©glises. A la'porte de la ville Un soir de fin fĂ©vrier La nuit buvait les lumiĂšres A quatre pas de leur source. La bise affilait des lames Aux angles des places vides Et l'on marchait comme au cĆur Rude des gĂ©omĂ©tries. Mais Ă la porte d'un bar Quelques bouquets de violettes, Morceau de ciel importĂ©, Secours jetĂ© dans les brumes, Sauvaient de mourir d'ennui Cette ville sans azur. MENTHE La robustesse du pays Griait dans le dessin forcenĂ© de ses cĂŽtes Qui lĂ -haut sĂ©paraient le ciel en deux morceaux. Les collines portaient par an Les fenils de quinze villages Et mille muids d'un vin puissant > A faire chanter les dimanches Jusqu'au milieu de Les hommes Ă©taient des gĂ©ants Qui allaient lentement sur terre Parce qu'en allongeant le pas Ils eussent fait le tour du monde avant deux ans. Les chiens n'arrĂȘtaient de japper Que pour lĂ©cher aux mains les enfants Ă©trangers. Dans les prĂ©s bataillaient des tribus vĂ©gĂ©tales QuĂŻ ne se distinguaient qu'Ă la teinte des fleurs. Des buissons limitaient la fournaise des vignes Et les ceps se tordaient sur la braise des pierres. Un Ă©tĂ© cuisait au centre De cet univers massit f Si brĂ»lant qu'Une restait Dans cette cuve Ă©clatante Qu'un peu d'eau bleue, et qui,tremblait. Des joncs la tamisaient et semblaient la dĂ©fendre. Un hirsute bouquet lui rassemblait de l'ombre. Et les taureaux buvaient Ă longs traits attentifs Cette onde simple et-douce oĂč macĂ©raient des herbes, Et qui Ă©tait lĂ©gĂšre, et qui sentait la menthe, Et dont l'odeur calmait la peau comme une brise. HENRI DALBY. TROIS POĂMES COMPARAISONS 'ÌÌÌÌÌÌ l Tes formes nues, hautes Ă franchir, s* Ă©tendent Des montagnes, devant une auto, sous un beau ciel. JJn nĂ©vĂ© convexe, la hanche; un brin de pic sur le sein La falaise du cou et la route des clavicules., Un brouillard subtil flotte Ă l'aisselle des vallĂ©es, Et les pentes robustes of frent leur glĂšbe au labour. 'Ì' U Ainsi qu'un troupeau de larges bĂȘtes approche, Poitrails et garrots, croupes et cornes, mu fles, meuglements A'nsi, ton geste, ion rire, tes pieds torts, Vont on ne sait oĂč, martelant sous eux. L'air se dĂ©cante Les sabots fendus, terribles, ont marquĂ© la terre. LA CHARTREUSE Rien que les cellules nues, les murs de chaux, grabat et table, Et l'atelier en bas l'Ă©tabli, l'Ă©tau, la varlope. Le nu pour l'Ăąme, le rugueux pour les mains, Et, pour la vue, orbites vidĂ©es, les arcades. L'eau qui glissa dĂ ns les bassins, dĂ©cantĂ©e, Laisse voir la poussiĂšre, les feuilles mortes, Ă travers un vide Soif et silence plein la bouche et les oreilles. {Ă©trange. VoilĂ ce que j'ai connu dans le haut cloĂźtre solitaire Et dĂ©sormais, autour de moi, la V ille Ă©norme Ne sera plus que pauvretĂ©, odeur, de mort, Plus que poussiĂšre et feuilles mortes au fond du jour. Que le silence m'y lĂ©zarde comme une foudre l' Silence du cecur, mutitĂ© de toutes choses. Je scierai les jours patiemment. Je raboterai les semaines. Mais, quand tu reparaĂźtras, quels clairons Ă©tranges Dissoudront les murs, quelle plaie d'en haut entrĂ© mes cĂŽtes! Quatre anges, en vĂ©ritĂ©, Ă©lĂšveront vers la lumiĂšre Mes membres oubliĂ©s au-dessous .de l'Ă©ternitĂ©. PROPRIETE A Adrienne Monnier. Encore la grande verdeur verte, bondissant Du ciel les bras des arbres en sont pleins. Pas une ride Ă ma face, La brise sur mon cteur ne retrouve pas une annĂ©e, La terre est vraie, l'eau lavĂ©e, le ciel nu. Pourtant, des branches d'hiver dans-les taillis mordraient encore Et les cataractes de la durĂ©e gon flent des nuages. La derniĂšre forĂȘt que j'ai vue, lourde de neige, Ecumait, immobilement recourbĂ©e Sur une maison fumante, gréée de rires, de cris d'en f ants, La net qu'au globe je dirige Ă la fois pilote et soutier, Commandant responsable au fisc et tout galonnĂ© d'hypothĂšques. Mais çà et lĂ , des toits lointains, couleur de lĂšvre, Perçaient la tempĂȘte blanche comme des dauphins. Or, aujourd'hui, voici le foisonnement, le vert jeune. LĂ© monde est Ă moi. 0 mes hommes, O mes femmes, tous mes enfants tous moi-mĂȘme, Riez, dansez dans l'Univers je l'ai achetĂ© 1 Je le possĂšde tout entier et n'ai rien d'autre. LUC DURTAIN. ETAPES I Le vide que la seule prĂ©sence de l'homme remplit est-il plus dĂ©solĂ© que le dĂ©sert ? Souvent j'ai pressĂ© contre moi l'Ă©nigme vivante qui se taisait, et quelle rĂ©ponse apportent Ă la nuit .les rĂąles secrets du plaisir ? Les moyens ne manquent pas de prĂ©cision et f entre dans ce corps haletant comme- la hache dont f rĂ©missent les plus hautes cimes. Au seuil de l'exil cette voix, entre l'Ăąme et la chair, cet appel et cette f rĂ©nĂ©sie. Que rejoindrai- je au delĂ de ces bonds successifs, au bord de quelles Ă©tendues me rejettera la plus longue vague Ha J'ai voulu savoir par les dĂ©tours les plus obscurs jusqu'oĂč se poursuivrait ce dĂ©chirement.. J'ai cherchĂ© comment se dĂ©tacherait le mieux de moi cet autre qui rit jusqu'au sang, et me secoue et me possĂšde, et me remplit des hurlements de sa joie. J'ai tentĂ© entre lui et moi de glisser les laideurs chaudes et les excrĂ©ments. Je me suis livrĂ© avec lui aux filles des deux villes mortes. Je l'ai conduit, titubant, au dernier cercle des caravanes campĂ©es, sous la tente des chameliers ivres. DĂ©doublement de moi-mĂȘme, arrachement de cette proie, dĂ©livrance qui me rejette en, arriĂšre dans la solitude dont Von ne sort pas j'ai cru au moins que cet abandon pourrait ĂȘtre Ă moi sans partage. r Mais dans le jour subit qui glace d'un seul jet tout l'espace dans ce rĂ©veil Ă genoux, parmi tant de corps prostrĂ©s, ce dĂ©sir morne et infatigable rampe et s' Ă©tire dĂ©' au fond de moi. Il renaĂźt de chacune de mes dĂ©faites, il refo le de mon souffle et de mon sang çet ĂȘtre en moi qui s' abattra ce soir sur ces dĂ©pouilles trompeuses, dans nos cris un instant confondus. J'accepterai ses mensonges, il se fera contre moi le complice de l'insaisissable. C'est lui que je poursuivrai de ma haine et de ma dĂ©ception jusque dans les plus secrĂštes convulsions du plaisir. Mes ruses pour le dĂ©cevoir ou pour le terrasser, il s'en jouera comme d'une f umĂ©e, et dans la possession mĂȘme de cette femme, est-ce autre chose que lui que fĂštreins ? P II Une cime au delĂ des monts, dans l'air du soir, blanche, puis rosĂ©, puis bleue. Une pensĂ©e Ă la cime de mon Ăąme, un instant, puis s'Ă©vanouit. FraĂźcheur, lenteur des souffles qui descendent des montagnes et du ciel, qui se glissent entre les branches sans qu'une feuille bouge. Les Ă©toiles, une Ă une, et'milliers par milliers, sortent des pro f ondeurs du silence. Colline par colline, la terre s'Ă©loigne et se perd dans l'ombre le dĂ©sert autour du jardin s'enveloppe de douceur et de nuit. Halte dans le voyage, abandon de mon corps Ă lui-mĂȘme. Soumission de mes membres Ă leur poids. Je laisse comme une onde qui reflue mes pensĂ©es revenir sur elles-mĂȘmes, revenir jusqu'Ă moi et m'emporter un peu. J'accepte de subir tout ce que je vois; j'accepte ces arbres, ces Ă©toiles, ces pierres et l'espace surnaturel. J'accepte d'ĂȘtre moi sans savoir qui je suis, sans savoir dans cette minute mĂȘme oĂč je commence ni oĂč je m'achĂšve. Esprit dĂ©liĂ© de la connaissance, cĆur dĂ©gagĂ© des passions, l'assiste au rythme de mon souffle comme aux rĂ©volutions des planĂštes, et ce cĆur qui bat m'est aussi insoumis que cette lune qui monte. A r Ă©crĂ©me limite de ce dĂ©tachement, il y eut,"çe soir-lĂ , la notion d'un ravissement possible, quelque chose qui Ă©tait tout entiĂšre dans ce caillou que ma main serrait, dans cette absence soudaine Ă ce monde encore trop sensible et dans cette f uite vertigineuse, loin de moi, de cet insaisissable mot-mĂȘme J Dispersion plus complĂšte que le sommeil, l'Ăąme disjointe en mille trombes, et sa poussiĂšre mĂȘlĂ©e Ă toutes les poussiĂšres. HENRI HQPPENOT LES NOSTALGIQUES I Au bois, je me promĂšne. Je vais oĂč va mon cĆur. J'entends qu'il plaint sa peine Et parle Ă sa douleur. Au bois je me promĂšne. Mon cĆur va s'Ă©coutent. Je te connais Ă peine Et dĂ©jĂ souffre tant. Mon cĆur en malencombre Raffine les soucis Et songe Ă deux yeux sombres, Longs sous deux longs sourcils A deux lĂšvres trĂšs souples, D'oĂč chaque mot bondit En limiers qu'on dĂ©couple A ton col arrondi Aux cheveux bruns qui fondent Les tons et les reflets Et cachent; sous leurs ondes, L'oreille au juste ourlet A la grĂące qui penche Ton profil calmĂ© et fin Et comme elles sont franches Tes deux fluettes mains Et comme tu es sainte Et sage et simple aussi y Et qu'un peu de ma plainte Est que tu es ainsi. II Le ciel est gris-perle Sur le fleuve Ă plat. Ilya,parlĂ , Quelque part, un merle. Il pleut. Pas trĂšs fort. Il tombe une goutte. Une autre est en route. On l'attend encor. L'attente est profonde. Tout semble aux Ă©coutes II manque une goutte Au bonheur du monde. If Et pour qu'on l'accueille Au bout du chemin, L'homme tend la main Et l'arbre une feuille. ĂLIEMARCUSE. DEUX POĂMES MISERERE L'Ăąme irait Ă sa perte, A la perte des pentes, Aux pentes vers la mer L'Ăąme irait s'endormir. L'amour ferait semblant, Semblant Ă sa naissance De mourir de ses feux Sans renaĂźtre des cendres. La vie serait plus bas, Plus bassement ourdie, Sans atours ni soleil, RoulĂ©e 'en sa misĂšre. MisĂšre Ă mort es-tu. TuĂ© l'homme et son cĆur, Voici la flamme hagarde Et le rire des eaux. ASTAROTH Par deux miroirs qui se font face Je me multiplie et m'efface. Un cortĂšge de moi semble en de longs portiques Attendre avec Ă©moi l'ouverture de portes. Si je lĂšve le bras, une foule salue, Et ma derniĂšre image est la plus courtisane, Ombre courbĂ©e et sans figure. Apparais, maĂźtre redoutĂ©, Viens fracasser de ton silence Les plus secrĂštes de mes chambres II Comme la magicienne antique Qui tenait les dieux par ses rites, Je te force dans ces miroirs, Vois, je te flatte d'Ă©pouvante, Et je te donne pour escorte, PressĂ©e en files rĂ©guliĂšres, La lĂ©gion revenue des guerres Qui ne nous est plus qu'ornement Ăź ADRIENNE MONNIER, DAPHNIS ET CHLOĂ FRAGMENT. a O blonds jours de l'Ă©glogue oĂč l'amoureux Daphnis Parmi les grappes nues, les Ćufs, le lait caillĂ©, Te portait, ĂŽ ChloĂ©, son cĆur dans un panier. Que ne suis-je flĂ»teau Je baiserais ses lĂšvres, RĂ©pondait un soupir au fin gardeur de chĂšvres Je vois ses joues enjouĂ©es sourire Ă ses pipeaux, Aussi doux que son chant est le grain de sa peau Parmi les vents discords son souffle me rassure, A tous les mots qu'il dit mon cĆur bat la mesure. 6 secret entre nous comme un fruit partagĂ© Qui fonds sur notre langue, harmonieuse gorgĂ©e, De notre double amour gonflant l'unique aveu Nous n'aurions sur ce jonc qu'une bouche Ă nous deux. DAPHNIS. O Diane, d'un mortel votre biche aurait faim l -Ah viens goĂ»ter mon cĆur dans le creux de ces mains. .Sept fois je plonge, amis, en l'eau bleue qui te baigne Sans que de mon ardeur'la flamme ailĂ©e s'Ă©teigne. Comme en Neptune enfouis deux tritons se confondent Nos pieds Ă©tincelants noueraient leur joie sous l'onde. CHLOĂ. Sur ton sein sĂ©cherait le mien, tremblant ramier. Qui fait verser mes pleurs peut seul les essuyer. DAPHNIS. Tes bras, ton cou, ta voix Ă©veillent des caresses, Tout ton corps, ivre vase, embaume de promesses. CHLOĂ. O brune abeille Ă©blouie que dĂ©lecte une fleur Tu boirais de mes flancs la profonde chaleur. Daphnis. Leur cire a retenu les parfums du printemps Ou bien brĂ»le en secret, ChloĂ©, ton propre encens ?. .Convoitise embrasĂ©e, fais mĂ»rir le beau fruit Qui de nous jaillira, dĂ©lices, cette nuit. CHLOĂ. O rĂȘve, Ă le saisir mon Ăąme qui s'essaye Envie d'ĂȘtre ton lit, ton souffle, ton sommeil. DAPHNIS. Nos dĂ©sirs, clairs phĂ©nix, se riront de la Parque, Eros tendra pour nous plus d'un nerf Ă son arc AGNEL PORTAIL. Extrait du Cantique ombragĂ©, Ă paraĂźtre. DERRIĂRE LE SILENCE Le soir, ses lentes paupiĂšres, Comme un oiseau prĂšs de mourir. Qui lui jeta la grave pierre Par oĂč coule dĂ©jĂ la nuit a Les racines dans la terre s Sentent s'accroĂźtre le pĂ©ril. L'Ăąme oublieuse de la chair S'alarme et gagne son zĂ©nith. On se regarde, on s'ignore, On croit saisir une main, C'est dĂ©jĂ le lendemain On se penche sur l'aurore. Ces tours prĂ©lĂšvent du ciel Pour la claire voix des cloches Et le rĂ©pandent de proche En proche et de loin en loin. Iront-elles jusqu'Ă vous O morte dessous ta terre Et votre Ăąme saura-t-elle Encor se mettre Ă genoux. Vous Ă©tiez si nonchalante Dans vos robes de jadis Belle cendre endolorie Sous le lourd rideau de marbre Qui vous façonne la nuit. Autour de moi les murs aux sĂ©vĂšres Ă©paules Ont chargĂ©, dĂ©chargĂ© des tombereaux de nuit. Mes mains ne pourront pas se dĂ©faire de l'ombre Qui roule sur mon lit. Le jour se lĂšve sur le port EntraĂźnant le monde Ă sa suite. Rendez-moi lĂšs quais de l'aurore i Je suis restĂ© vivant dans la glu de la nuit. JULES SUPERVIELLE. DĂSIR DE POĂSIE ValĂ©ry suppose, dans son avant-propos Ă Connaissance de la DĂ©esse, que le domaine poĂ©tique attendait autrefois Ă toutes les tendances et Ă toutes les pensĂ©es humaines, et que ce domaine peu a peu s'est xesserrĂ©, la science, la philosophie, l'histoire agrandissant leur place, jusqu'Ă restreindre enfin les poĂštes Ă la matiĂšre de la poĂ©sie pure. Peut-ĂȘtre cette rĂ©gression s'est-elle faite surtout dans nos esprits la poĂ©sie garde dans son domaine toute l'Ă©tendue de notre esprit et de nĂŽtre cĆur, mais l'attitude de l'esprit qui ferait jaillir la poĂ©sie ou souhaiterait y boire se fait chez nous de plus en plus rare et ne dure plus qu'un moment. L'Ă©tat poĂ©tique, je parie que la plupart de nos contemporains ne l'ont traversĂ© qu'un instant â entre l'adolescence et la premiĂšre maturitĂ©, entre le vert et le violet du crĂ©puscule, entre le dernier rĂȘve et la premiĂšre pensĂ©e du matin, entre l'arrivĂ©e Ă la villĂ©giature et l'ouverture de leur malle, entre le dĂ©sir d'une femme et sa possession. Et cet Ă©tat transitoire, moins d'hommes encore souhaitent lui donner une rĂ©alitĂ© ou une perfection ceux mĂȘmes qui cherchent Ă ennoblir le vague Ă VĂąme ne cherchent qu'une poĂ©sie brĂšve. Ceux qui tiennent Ă la poĂ©sie avant tout doivent renoncer violemment Ă tout le reste, Ă la vie quotidienne, Ă la connaissance, Ă la raison. Tour d'ivoire, abstention parnassienne, PoĂ©sie maudite, toutes ces attitudes si diffĂ©rentes, hostiles mĂȘme l'une Ă l' autre, sont nĂ©es pourtant du mĂȘme dĂ©sir de la poĂ©sie avant tout, ont abouti Ă LautrĂ©amont et au SurrĂ©alisme. Mais ce serait lĂ le divorce entre la poĂ©sie et toute espĂšce dĂ© public. Qui ne veut pas plus renoncer Ă la poĂ©sie^ qu'Ă rien autre de l'homme, et recherchĂ© la poĂ©sie comme une part indispensable de l'unitĂ© de l'esprit, oĂč s'adressera-t-il dĂ©sormais ? La poĂ©sie de ces rĂ©voltĂ©s ne serait pas seulement opposĂ©e Ă tout le reste de sa pensĂ©e, elle manque aussi d'Ă©lĂ©ments essentiels Ă toute poĂ©sie, de rythme et d'unitĂ©. Cette sorte d'amputation, on la sent irrĂ©mĂ©diable et .cruelle. Ailleurs, ma lecture est toujours active. Lecteur, si humble que je sors .devant les grandes Ćuvres, je reste concurrent. Tout tend chez moi Ă l'analyse de plus en plus subtile, au systĂšme de mieux en mieux liĂ©. Je suis heureux de sentir un manque dans l'oeuvre d'autrui ,ou dans la nature une chose dans laquelle les Ćuvres manquent encore. L'absence sentie dans ma lecture, je l'appelle espĂ©rance. Oublieux des autres lecteurs, de la marche de la vĂ©ritĂ© en soi, je suis sĂ»r, devant un sujet vierge, sinon de ma dĂ©couverte, du moins de mon plaisir, et devant l'Ćuvre d'autrui je souhaite de rester insatisfait. Mais devant la poĂ©sie, oĂč nulle ambition, nul dĂ©sir ne me pousse, je me remets Ă autrui tout entier, je souhaite louer, aimer, admirer, n'avoir qu'Ă suivre une Ćuvre souveraine. Un Ă©tat obscur, une part de moi consciente mais nĂ©gligĂ©e, me ` fait courir la campagne je souhaite que ce trouble trop vif, qui va jusqu'Ă m'Ă©touffer, m'apaise, et dure cependant, soit entretenu et rĂ©glĂ©. Une poĂ©sie amoureuse et mĂȘme libertine, et mĂȘme indĂ©cente, adoucira plutĂŽt le dĂ©sir qu'elle ne l'aggravera, Saura en tous cas l'ennoblir, y faire consentir ou se refuser tout moimĂȘme. Et si ce dĂ©sir est irrĂ©alisable ou refusĂ©, la poĂ©sie peut lui donner de s'accomplir dans la pensĂ©e plus harmonieusement que dans la nature. Un poĂšme, mĂȘme rĂ©aliste, idĂ©alise toute chose. Et quand les recherches particuliĂšres vous agacent de leurs Imperfections, quand les idĂ©es gĂ©nĂ©rales se soulĂšvent et retombent avec balourdise, la poĂ©sie peut en mimer aussi l'impossible triomphe, nous contenter de fantĂŽmes. Le rythme du inonde, les allures de la vie, que nous avons dĂ» renoncer Ă comprendre, elle les imite Ă nos yeux, et le mieux chez les poĂštes qui pensent le moins, mieux chez HomĂšre que chez le prodigieux LucrĂšce, mieux chez Hugo que chez Vigny. La fraĂźcheur, mĂȘme du mystĂšre, la PoĂ©sie nous la procure en d'obscurs symboles, et ce mystĂšre plaĂźt, l'impatience de l'inconnu se calme nous imaginons Ă©ncore penser, et nous ne pensons plus qu'images toute la recherche se tourne vers l'expression, et nous accepterions le mot du PoĂšte pur S'il y avait un mystĂšre du monde, il tiendrait dans un premier Paris du Figaro ». Au cours de nos lectures, la patiente justesse des analyses souvent nous lasse, les recherches nous déçoivent par leur rĂ©ussite oĂč il n'entre rien d'imprĂ©vu. Le dĂ©sir de poĂ©sie se prĂ©sente alors comme le besoin d'un Ă©tat plus imparfait, mais plus riche et plus neuf des espĂ©rances confuses rappellent, dans cette mĂ©ditation poĂ©tique, que les poĂštes prophĂ©tisaient autrefois. Folie sans doute, que de troubler l'eau avare au pĂȘcheur, oĂč nul poisson n'Ă©tait visible sous prĂ©texte qu'invisible dans l'eau troublĂ©, il peut du moins ĂȘtre prĂ©sent folie que de prĂ©fĂ©rer l'intuition vague Ă l'ignorance raisonnĂ©e. Mais quoi, la patience infinie de la recherche nous aura tout juste fait avancer de quelques pas l'Ă©tendue qui nous est interdite, la sur'voler en rĂȘve nous console. Et de la poĂ©sie est ;sortie quelquefois l'idĂ©e neuve. Sans remonter aux prophĂ©ties de LucrĂšce, si nous retrouvions les projets de Kepler. -1 La mĂ©taphysique a lĂąchĂ© tout espoir de nous offrir une perspective du mo/nde les derniers qui l'aient tentĂ© ont abritĂ© leur impuissance sous des mots arides et faits de nĂ©gations. La poĂ©sie pourrait-elle nous prĂ©senter une synthĂšse plus intense, et qui se passerait de vĂ©ritĂ© ? Hugo a Ă©crit le Satyre. La poĂ©sie classique, plus facilement qu'une autre, nous fait sortir de nous-mĂȘmes. En dehors mĂȘme du gĂ©nie d'un poĂšte, suffit qu'il soit ancien et d'un siĂšcle Ă prestige pour nous tirer avec lui dans le passĂ©. Ronsard nous charme un peu par cette vie sans mĂ©canismes, par cette surabondance de nature qu'il nous reste Ă regretter aujourd'hui Regardant vers Montmartre et les champs d'alentour ». HĂ©las Elle nous ramĂšne aussi Ă l'enfance, mais ce n'est pas, comn»? on pourrait le croire, la plus, ancienne qui paraĂźt toujours la plus puĂ©rile. Les poĂštes du siĂšcle dernier me semblent bien plus enfants que leurs prĂ©dĂ©cesseurs c'est qu'ils caressaient pour la premiĂšre fois les rĂȘves ou les illusions sur Dieu, la Nature et l'Amour, dont nous sommes les mieux revenus aujourd'hui. La naĂŻvetĂ© des MĂ©ditations, des Nuits, de Jocelyn, de V Espoir en Dieu, ne le cĂšde en puĂ©rilitĂ© qu'aux bouderies d'Alfred de Vigny. Hugo a paru le plus menacĂ©, mais il n'a rĂ©ellement souffert que des anthologies. classiques et des plaisanteries de cafĂ©. Quels atouts, que cinquante annĂ©es de travail et de gĂ©nie. Sa pensĂ©e a nourri tant de naĂŻvetĂ©s successives, qu'elle Ă©gale en ampleur et en diversitĂ© tout l'univers des apparences. Ceux qui s'en moquent ne l'ont pas lu, et ceux qui le lisent sans cesse peuvent toujours y revenir pour de nouvelles dĂ©couvertes. Quant Ă Baudelaire, il s'est exploitĂ© soi-mĂȘme et le fonds romantique avec toute la sagacitĂ© clas-,sique Il contient en ce moment tout notre esprit, nos goĂ»ts et nos peines, la folie et l'ennui de son siĂšcle avec la justesse du siĂšcle de Racine par la surface de sa renommĂ©e, par sa prĂ©sence en nous, son conseil, il est le plus vĂ©ritablement classique de nos poĂštes, en mĂȘme temps que notre livre, de piĂ©tĂ©, notre Internelle DĂ©solation. Le poĂšte contemporain ne nous oblige Ă aucun voyage, Ă aucun effort pour sortir de nous-mĂȘmes. Le classique, si vivant qu'il reste, sa voix nous parvient par-dessus la tĂȘte de plusieurs gĂ©nĂ©rations il nous charme, mais c'est eux qu'en chantant il regardait. Le contemporain est tout prĂšs de nous et en nous quelle que soit sa nature propre, il nous paraĂźt plus personnel, il dĂ©gage et annonce Ă l'avenir une part de notre Ăąme qui sans lui restait muette et emprisonnĂ©e. Mais aujourd'hui, il semble presque impossible aux poĂštes d'exprimer des sentiments* normaux dans une forme rĂ©guliĂšre. Les rythmes, les images et les mots sont usĂ©s. Nous accepterions qu'ils ne diffĂšrent de leurs anciens que par des nuances; pourvu que ces nuances soient les nĂŽtres, mais eux, qui ne sont pas seulement les successeurs, mais les concurrents de leurs anciens, se contraignent Ă rechercher, mĂȘme loin de nous, des voies nouvelles. La force de Claudel a -rompu tous les rythmes, et sa parole ne suit plus que les lois de son souffle sa poĂ©sie se rĂšgle sur son Ăąme au lieu de rĂ©gler son Ăąme et la nĂŽtre c'est pourquoi sa poĂ©sie ne lui suffisait pas, et la foi catholique Ă©tait nĂ©cessaire Ă sa consolation, Ă sa majestĂ©, Ă son regard aussi sur le monde et les hommes. Je crois l'Otage plus puissant et aussi solide contre les siĂšcles qu'aucune tragĂ©die de Racine, et certains de ses cantiques Ă©gaux aux plus belles poĂ©sies de toutes les langues mais comme il a aimĂ© unir sa force au vouloir de Dieu et aux puissances de la Nature, il ne cherche pas l'intimitĂ© avec nous ou avec lui-mĂȘme il est le PĂšre, mais le PĂšre auquel on dit vous. ValĂ©ry Ă surmontĂ© la mĂȘme difficultĂ©, tantĂŽt en Ă©vitant le sentiment normal, en incorporant de fortes pensĂ©es en des sentiments nouveaux et rares, tantĂŽt en Ă©vitant d'ĂȘtre un poĂšte contemporain. TantĂŽt il se rattache Ă MallarmĂ©, tantĂŽt son application souple et sa sonoritĂ© perlĂ©e le placent auprĂšs de La Fontaine tantĂŽt il sembla avoir rĂ©alisĂ© les rĂȘves de ChĂ©nier, la pensĂ©e paĂŻenne et moderne de V HermĂšs avec plus dĂ© subtilitĂ© et de souplesse. Ses plus beaux poĂšmes ne peuvent sĂ©idater inhumains par lĂ peut-ĂȘtre une pensĂ©e qui accepte un- destin pĂ©rissable, de pĂ©rir avec son auteur, de faire partie de ce tout qui va sous terre et rentre dans le jeu nous touche de plus prĂšs â plus bas peut-ĂȘtre, moins purement, â que ces Ćuvres sorties du jeu et entrĂ©es, dĂšs leur naissance, dans l'Ă©ternitĂ©. La robustesse presque trop masculine et l'ampleur superbe de Romains sont disciplinĂ©s par la rigueur du rythme cette rigueur est sans doute moindre que celle des classiques et jamais la forme ne commandĂ© la suite et l'allure de la pensĂ©e, mais dans sa phrase toujours consciente d'elfemĂȘme les Ă©motions et les sentiments 'qu'il nous communique sentent l'abri d'une soliditĂ©. Un sentiment voulu, mais trĂšs ample, de soi et des ensembles humains, laisse peu dĂ© place chez lui aux, tendresses et aux amitiĂ©s particuliĂšres. Il m'a semblĂ© que lorsqu'il s'adressait aux hommes il Ă©tait orateur plutĂŽt que poĂšte peut-ĂȘtre je dominais mal l'habitude d'entendre l'effort et l'espoir actif exprimĂ©s par des orateurs, tandis que les rĂȘves ou les souvenirs sont les ressources coutumiĂšres du poĂšte pour s'Ă©chapper du prĂ©sent. J'ai quelquefois rĂȘvĂ© d'un monde qui serait nĂ© de notre civilisation bruyante, de nos machines et de nos villes, mais d'oĂč ee bruit et ces villes auraient eux-mĂȘmes disparu, comme se dĂ©font les Ă©chafaudages autour du monument accompli des maisons isolĂ©es parmi des parcs et des jardins, des routes luisantes et glissantes pour des vĂ©hicules silencieux l'Ă©nergie du vent et de la mer distribuĂ©e partout, et recrĂ©ant le travail isolĂ©, des pensĂ©es mieux choisies se transmettraient par l'Ă©ther plus de fumĂ©es. Ce rĂȘve n'est-il que romanesque l'espĂ©rance et le conseil de cette vie, ou son illusion tout au moins, ne sont-ils pas poĂ©sie ? Je veux croire que quelque poĂšte prophĂšte, qu'un purificateur de l'Occident s'est rĂ©fugiĂ© au sommet d'un phare, et qu'en regardant le grand rayon balayer la mer,- il nous choisit notre avenir dans le meilleur de nous-mĂȘmes. D'autres dĂ©sirs de poĂ©sie me sont venus la nuit, Ă la haute marĂ©e, les vagues se croisent par le travers et se mĂ©langent on n'aperçoit que ce qui saute, puis l'embrun pleut. L'eau massive geint lourdement contre la pente, et s'enfuit avec un frĂ©missement clair. Les poĂštes peuvent me troubler ou me charmer de ce spectacle, mais je sens sourdement, et voudrais qu'on m'en dise la vĂ©ritĂ© calme et sereine cette mer rage docilement, sa fureur inerte vient d'ailleurs, et qui le sentirait du fond du cĆur mĂȘme en se noyant se rirait d'elle. Ou regardons mieux elle ne prĂȘte que le dos au vent, au soleil et "Ă la lune de faibles ondes vibrent et se croisent sous l'eau calme, et croisent leurs imperceptibles reflets qui remontent du fond. Le poĂšte qui nous donnerait ce calme et cette consolation, je crois l'avoir entrevu possible 'dans le 27 prĂ©lude du Faust de Goethe, dans la conclusion du Centaure de Maurice de GuĂ©rin il serait Ă la poĂ©sie ce que Jean-SĂ©bastien Bach est Ă la musique, et pourrait, oubliant cette planĂšte et son pauvre soleil, assister Ă la dĂ©rive des constellations. D'autres dĂ©sirs encore, plus familiers nous ne pouvons soutenir sans rĂ©pit l'effort de la vie moderne aux moments de fatigue et de relĂąche, notre lime, lourdement assoupie comme dans un lit dĂ©fait, ne souhaite que le tiĂšde et le noir, toutes les saveurs sont amĂšres les soucis qu'on a Ă©cartĂ©s tatillonnent comme un graillon de tĂ©lĂ©phone dĂ©tachĂ©s de la chaĂźne de nos souvenirs, inconnus ou trop proches, nos Lares et nos Larves nous assiĂšgent l'Ăąme bĂ©gaie, et cherche une douceur Ă travers un rythme sourd. Cette bouderie et ces pĂ©nombres de la vie, Fargue en est le poĂšte accompli le plus heureux des modernes aussi pour exprimer la tendresse et l'amitiĂ© particuliĂšre. Mais Ă cĂŽtĂ© de ce qu'il exprime, j'ai senti Ă ces heures- lĂ et souhaitĂ© de voir exprimer autre chose mieux encore des curiositĂ©s sans but, des outils familiers dĂ©tournĂ©s de leur usage une loupe, je ne l'emploie ni pour dĂ©couvrir ni pour observer, mais pour contempler ce que je pourrais voir Ă l'Ćil nu avec une Ă©motion diffĂ©rente un insecte, un Ćil, une dent, objet subitement prĂ©cieux et monstrueux que la loupe entoure d'un arc-en-ciel de lumiĂšre et de rĂȘves. Ou, quand le monde -me fatigue pour un instant, je souhaite qu'un radioscope me montre, devant moi, mon crĂąne et mon squelette. Quelques poĂštes ont bien senti qu'il y avait lĂ des merveilles, mais ils en sont restĂ©s Ă un Ă©tonnement enfantin, ils ont dĂ©crit l'objet, au lieu que c'Ă©tait nous-mĂȘmes et notre Ă©motion qu'il fallait dĂ©crire. J'ai quelquefois aussi regrettĂ© que les amitiĂ©s particuliĂšres soient toujours trop tendrement dĂ©crites par les poĂštes. Notre gĂ©nĂ©ration est la derniĂšre peut-ĂȘtre oĂč la pĂ©dĂ©rastie n'est pas obligatoire profitons de oe bref moment, oĂč l'amitiĂ© peut exister encore, et oĂč elle a plus de prix que jamais. Je n'aime guĂšre les hommes dans leur ensemble. Il faut tout faire, et peut-ĂȘtre mourir, pour les droits et lĂ©s libertĂ©s des hommes, parce qu'il faut aimer et servir non pas l'ensemble, mais lĂšs possibilitĂ©s de tel ou tel inconnu que trop d'obstacles Ă©touffent encore aujourd'hui. Il faut aimer ceux que l'on a choisis. Dans le mĂ©lange informe des races, des cultures, des dĂ©formations et dĂšs goĂ»ts, l'un des plus grands bonheurs est de trouver un compagnon. Et nous n'avons plus de poĂštes pour le dire. Ceux qui parlent le mieux de l'amitiĂ©, un Duhamel" par exemple, en parlent Ă l'intĂ©rieur d'eux- mĂȘmes, et monologuent toujours. Faut-il remonter par delĂ l'ElĂ©gie aux Nymphes de Vaux, jusqu'Ă l'Ă©popĂ©e barbare, pour trouver la rĂ©serve et la vigueur de ces dialogues virils, cette aisance et cette sĂ©curitĂ© Ă vivre que donne l'amitiĂ© sans dĂ©tours ? Nos poĂštes sont trop chrĂ©tiens ou trop femmes, et pour ceux qui ne peuvent ĂȘtre leurs propres poĂštes, des sentiments joyeux et robustes leur restent sur le cĆur, ou meurent inavouĂ©s. Qui va naĂźtre ? a JEAN PRĂVOST. II ne semble pas que V Ćuvre admirable de Colette, LA Fin de ChĂ©ri, ait Ă©tĂ© mise par la presse Ă sa vĂ©ritable place parmi les plus beaux romans français. C'est peut-ĂȘtre que Colette a tant d'aisance dans l'allure, qu'il faut deux ou trois lectures pour sentir la richesse de l'Ćuvre. M. Jaloux, dans les NOUVELLES LittĂ©raires, analyse le caractĂšre du hĂ©ros .II ne cherche pas de laissĂ©s-pour-compte de l'illusion, ni d'ersatz du rĂȘve; ce qu'il veut, c'est avoir des renseignements sur la jeunesse de LĂ©a, il veut essayer de la revoir telle qu'elle Ă©tait, au temps oĂč il la connaissait et. surtout au temps oĂč il ne la connaissait pas encore. Et pendant de longues heures obscures, devant des photographies de sa maĂźtresse, autour du cafĂ© et de la drogue inutiles, il se fait raconter le passĂ© de LĂ©a. Et quand la Copine part, quand il ne trouve plus cet asile familier oĂč il pouvait cuver sa mauvaise ivresse et essayer de ranimer ses souvenirs, il ne peut plus exister. Il a vĂ©cu de LĂ©a, puis du fantĂŽme de LĂ©a, maintenant il ne peut-plus vivre du tout et il se tue. Toute cettederniĂšre partie du livre de Mme Colette est absolument admirable, tout se passe dans une demi-ombre, tout se fait Ă demi-mots et la profondeur dĂŽ cette dĂ©tresse, nous apparaĂźt dans un brouillard, avec une magnifique et cruelle luciditĂ©. Peut-ĂȘtre Mme Colette n' a-t-elle rien Ă©crit de plus beau, de plus intense et de plus tragique que ces derniĂšres pages. Mais il faut ajouter cependant que, pour en arriver lĂ , il y en a beaucoup de vaines et de vagues, oĂč l'on ne retrouve que sa virtuositĂ© habituelle. La Fin de ChĂ©ri, dans un sens. est un chef-d'Ćuvre, mais sur les 250 pages qui REVUE DE LA CRITIQUE OPINIONS composent La Fin de ChĂ©ri, ce chef-d'Ćuvre n'en contient qu'une centaine. » Peut-Ă©tre la scandaleuse lacune de deux chapitres dont la faute retombe sur les Ă©diteurs est-Ă©lle en partie cause de la sensation d'incomplet Ă©prouvĂ©e par quelques- ĂŽritiqms devant cet ouvrage. M. ANDRĂ BILLY, dans Z'Ćuvre, rapproche du cas de CHĂRI celui de f Alberte, de Pierre Benoit Nous avons vu dans ĂhĂ©ri un homme de trente ans se tuer parce qu'il ne peut se guĂ©rir d'avoir aimĂ© une vieille femme. Nous voyons dans Alberte un homme de trente-quatre ans assassiner une jeune fille de vingt-deux ans, sa fiancĂ©e, parce qu'il aime la mĂšre. Celle-ci est arrĂȘtĂ©e comme complice. C'est de sa prison qu'elle Ă©crit pour son avocat le mĂ©moire justificatif que nous fait lire Pierre BenoĂźt. Nous avons lu souvent des pseudo-confessions de ce genre, et le procĂ©dĂ© est si peu nouveau que je le croyais dĂ©finitivement abandonnĂ©, mais le talent de Pierre BenoĂźt, sans le rajeunir prĂ©cisĂ©ment, lui a rendu une sorte de fraĂźcheur. Alberte nous propose donc le monstrueux exemple d'une mĂšre moralement complice, par amour et par quel tardif amour â de l'assassin de sa fille, assassin qu'elle dĂ©nonce par vengeance le jour oĂč elle se voit dĂ©daignĂ©e de lui. Et cette femme est une bourgeoise provinciale Ă qui, comme dit ma concierge, on donnerait le Bon Dieu sans confession. C'est la vie, ajouterait-elle philosophiquement, et je ne la contredirais certes pas sur ce point. C'est la vie, en effet. Mais la vie, dans Alberte; s'envelopppe de mille prĂ©parations et ornements romanesques qui lui, donnent quelque chose de convenu. Le rĂ©cit, en outre, prĂ©sente des longueurs. BenoĂźt, çà et lĂ , s'attarde, et je ne jure pas qu'il ne le fait point de propos dĂ©libĂ©rĂ©, sĂ»r qu'il est de son charme et de son action irrĂ©sistible sur les lecteurs les plus sceptiques. M. EDMOND JALOUX revient sur la richesse et l'ampleur des POSSĂDĂS, dont la traduction complĂšte vient de paraĂźtre aux Editions Bossard Si les MĂ©moires Ă©crits dans un souterrain sont une des Ćuvres les plus immĂ©diatement accessibles de DostoĂŻevsky, les PossĂ©dĂ©s sont peutĂȘtre la plus complexe, mais peut-ĂȘtre aussi la plus grande ou tout au moins celle oĂč DostoĂŻevsky est allĂ© le plus loin dans sa propre pensĂ©e. Ils sont moins complets et moins vastes que les FrĂšres Kamarazoff, moins humains et moins Ă©mouvants que l'Idiot, mais ils reprĂ©sentent, dans la gĂ©ographie de notre auteur, son point extrĂȘme, ses Colonnes d'Hercule au delĂ , la vie s'arrĂȘte, la pensĂ©e ne peut plus fonctionner, l'homme vaincu par lui-mĂȘme s'asphyxie et meurt. Il y Ă dans les PossĂ©dĂ©s deux grands romans, qui pourraient avoir chacun sa marche particuliĂšre et qui sont nouĂ©s l'un Ă l'autre. Il y a aussi autour de ces grands romans, tout un- grouillement de personnages Ă©pisodiques, d'incidents de second plan, d'Ă©vĂ©nements de moindre importance,-dont la masse est si compacte, dont le grouillement est si inexplicable, qu'ils cachent les deux actions centrales que l'on ne voi^ se dĂ©rouler que peu Ă peu avec une mystĂ©rieuse majestĂ© et qui ne, se rĂ©vĂšlent absolument que lorsque la derniĂšre page du livre est fermĂ©e. Alors soudain, cet Ă©norme roman tragique, traversĂ© d'ombres et de lueurs crĂ©pusculaires, qui semblait se mouvoir dans un cauchemar, cette Ćuvre qui semblait cahotĂ©e, bizarre, incertaine, s'Ă©claire brusquement et on en voit s'Ă©taler toute la vaste perspective. Je me souviens qu'un critique contemporain louait un jour le roman d'un jeune Ă©crivain français, influencĂ© par DostoĂŻevsky, d'avoir pu le faire en revenant au modĂšle dç la composition française. Mais le roman du jeune Ă©crivain français avait deux personnages et il n'avait qu'une action. Pour ma part, la composition des PossĂ©dĂ©s m'Ă©tonne plus et me paraĂźt plus admirable que la plupart des livres qui paraissent bien composĂ©s, car rien n'est plus, aisĂ© que de bien composer en Ă©liminant Ă peu prĂšs tout et en racontant une histoire dĂ©pouillĂ©e de ses personnages secondaires et ramenĂ©e h un caractĂšre d'Ă©purĂ© rien n'est plus difficile que de maintenir des lois d'une composition vĂ©ritable Ă travers un pareil enchevĂȘtrement de personnages vivants et de faits rĂ©els et de dĂ©gager d'une apparence de brouillard un dessin architectural d'une telle ampleur. » Il touche -quelques mots aussi du caractĂšre moderne de la CONFESSION DE STAVROGUINE Tout ce que la psychologie la plus nouvelle a dĂ©couvert en Europe depuis trente ou quarante ans est contenu dans cette lettre de Stavroguine En rĂ©alitĂ©, Stavroguine est l'Hamlet du monde moderne, mais c'est un Hamlet plus grand que l'autre puisqu'il ne dĂ©pend pas des circonstances. Hamlet n'a Ă©tĂ© Hamlet que parce que lui a Ă©tĂ© imposĂ© soudain un destin auquel il ne pouvait pas faire tĂȘte mais aucun destin n'a Ă©tĂ© imposĂ© Ă Stavroguine dans quelques circonstances sociales, dans quelque milieu qu'il parĂ»t, il aurait portĂ© en lui cet Ă©pouvantable malheur de ne pouvoir s'adapter Ă la vie, non, je le rĂ©pĂšte, par impuissance, non par incomprĂ©hension., mais parce qu'il n'a jamais pu croire que la vie fĂ»t assez sĂ©rieuse pour qu'on prĂźt violemment son parti d'un cĂŽtĂ© ou de l'autre. La pensĂ©e de Stavroguine n'est pas absolument diffĂ©rente de celle de tous les philosophes qui ont Ă©piloguĂ© sur la nature humaine mais ces philosophes sont restĂ©s dans leur cabinet de travail et ne se sont pas mĂȘlĂ©s aux hommes, ou s'ils s'y sont mĂȘlĂ©s, ils ont choisi un devoir, une rĂšgle quelconque et l'ont suivi aveuglĂ©ment. » M. AndrĂ© ThĂ©rive, dans Z'Opinion, loue la technique et l'intĂ©rĂȘt des Dames DE Boisbrulon de- François Fosca 'ÌÌ'Ì M. François Fosca ne pĂšche assurĂ©ment point par maladresse. On sait que ce peintre excellent, ce critique d'art plein d'Ă©rudition et de goĂ»t., est aussi un lettrĂ© comme on n'en voit plus guĂšre. Son premier roman, Monsieur Quatorze, Ă©tait mĂȘme si malin, si intriguĂ© qu'il paraissait vaguement une dĂ©rision du roman d'aventures, un peu comme l'opĂ©rette est une dĂ©rision de la tragĂ©die. Et François Fosca l'a certainement voulu ainsi il est homme d'esprit. Aussi peut-on ĂȘtre sĂ»r que les Dames de Boisbrulon n'ont que les dĂ©fauts qu'il leur a donnĂ©s ou laissĂ©s par caprice. A mon avis, ce sont ceux mĂȘmes quej'imputais plus haut Ă certaines Ćuvres de Balzac. Cela n'empĂȘche que l'histoire ne soit trĂšs attachante, et le livre un des plus intĂ©ressants de la saison. » M. Albert Thiba-jdet, dans ^'Europe NOUVELLE, explique la trans- position tentĂ©e par MAc Orlan dans son dernier roman Marguerite de la nuit transpose Ă Montmartre l'aventure de Faust, les histoires de cession d'Ăąme pour une seconde jeunesse, de papiers signĂ©s avec du sang. Faust est un vieux professeur de collĂšge, MĂ©phisto, un petit marchand de cocaĂŻne, Marguerite, une poule qui trouve dans Faust rajeuni un gigolo aimĂ©. Le papier qui sert au diable de bon pour une Ăąme est un de ces titres au porteur cessibles par endos, dont le parlement va nous gratifier. Voyant, que son amant en est fort ennuyĂ©, Marguerite lui donne cette preuve d'amour de l'endosser et de substituer son Ăąme Ă celle de Faust chez l'agent de change infernal. Mais elle ne tient pas Ă le garder, elle cherche Ă le refiler Ă - son vieux or, les vieux de Montmartre ne marchent pas, ou bien n'ont pas souci de rajeunir. Marguerite se dĂ©cide Ă aller chercher en AmĂ©rique le vieux providentiel. Comme si, en matiĂšre d'AmĂ©ricains de ce genre, Paris n'offrait pas toutes les ressources nĂ©cessaires Cela, c'est moi qui le dis, mais l'ingrat Faust, joyeux de la voir partir, se garde bien de le lui rappeler. » M. Pierre LĆwel, dans f Avenir^ parle ont aidĂ© k votre travail, elles ne souffrent pas la plus lĂ©gĂšre restriction, le moindre sourire; On est sĂ»r alors de tomber par quelque cĂŽtĂ© dans l'artificiel et le faux. Le lecteur sent que cette perfection continue n'est pas du domaine de la rĂ©alitĂ© et qu'elle spĂ©cule un peu sur les cases disponibles de son crĂąne. Il existe deux maniĂšres d'Ă©viter ce danger ce sont la psychologie et l'ironie. Les Tharaud les ont employĂ©es ici, mais surtout la seconde. Et quand je dis l'ironie, entendons-nous bien. Il y a deux sortes d'?onie, l'une qui est une forme de l'amertume et l'autre qui est une forme de la sympathie. La seconde se rapproche fort de l'humour, et il va de soi que c'est d'elle qu'usent les Tharaud. Le personnage de PĂ©guy, par ce qu'il a de simple, de naĂŻf, de passionnĂ©, de paysan, de gĂ©nial, s'y prĂȘte Le bon PĂ©guy, le cher PĂ©guy, fut par bien des cĂŽtĂ©s un illusionniste. Toute biographie d'illusionniste ne prendra figure vivante que dans un bain d'humour. » BIBLIOGRAPHIE LA LITTĂRATURE ALLEMANDE TRADUITE EN FRANĂAIS II L'IMITATION FRANĂAISE 1618-1740 DU COMMENCEMENT DE LA GUERRE DE TRENTE ANS A L'AVĂNEMENT DE FrĂ©dĂ©ric II. Christophe DE Grimmelshausen 1625-1676. â La Vagabonde courage, trad. par M. Golleville, 1925 10 francs. â Les Aventures de Simplicius Simplicissimus, Trad. et PrĂ©f. par M. ColleviĂŻle, 1926, 2 vol. 12 francs le vol.. LE CLASSICISME De l'avĂšnement DE FrĂ©dĂ©ric II 1740 A LA FIN DU xviĂŻi* s. Gellert 1715-1769. â Fables et contes, trad., 1750 â trad. par {Boulanger de Rivery, 1754 par Mme de Stevens, 1776. â Extraits de ses Ćuvres, trad. par Toussaint, 2 vol., 1768..Ì"Ì â Hymnes et odes sacrĂ©es, trad. par El. 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Lestienne, 2 vol., 1907 â Extraits, avec analyse des Lettres Ă Arnauld, pub, par Emile Thouverez, 1910. Choix de Textes, avec Etude, par Paul Archambault, 1911. Ăditions actuelles Discours de la MĂ©taphysique, intr. et notes par Lestienne 2 fr. 80. Opuscules et Fragments inĂ©dits, pub. par L. Couturat 35 francs. ° Nouveaux essais sur l'Entendement humain, Ă©d. Flammarion 5 francs. Sur Leibnitz â La Philosophie de Leibnitz, par Bertrand Russell, trad. par J. Kay, PrĂ©f. par LĂ©vy-Bruhl, 1905 5 fr. 25. Leibnitz, par C. Piat, 1915 25 francs. La Logique de Leibnitz, par L. Couturat, 1901 16 fr. 80. Leibnitz et l'organisation religieuse de la terre, par Jean Baruzi, 1907 16 fr. 80. Leibnitz historien, par L. Daville, 1909 16 fr. 80. L'Espace et le Temps chez Leibnitz et chez Kant, par E. Van Biema, 190S 8 fr. 40. La PensĂ©e moderne, De Luther Ă Leibnitz, par Joseph Fabre, 1908 11 fr. 20. EMMANUEL KANT 1724-1804. Projet de paix perpĂ©tuelle, an IV 1796. La Philosophie de Kant, par Ch. de Villers, 1801. â De la MĂ©taphysique de Kant, par Destutt de Tracy, 1802. Essai sur le sentiment du beau, trad. par Veyland, 1823. Principes mĂ©taphysiques de la morale, trad. par J. Tissot, 1830. Critique de la raison pure, trad. par J. Barni, 2 vol., 1835 par J. Tissot, 1835 par A. Tremesaygues et B. Pacaud, 1905 trad. par J. Barni 1835, revue et corrigĂ©e par A. Archambault, 2 vol., 1912. â Principes mĂ©taphysiques du droit, trad. par J. Tissot, 1839. Leçons de MĂ©taphysique, pub. par M. PĆlitz, trad. par J. Tissot, 1843. â La Logique de Kant, trad. par J. Tissot, 1846. â Critique de la Raison pratique, trad. par J. Barni, 1848 â par F. Picavet, avec une Introduction sur la Philosophie de Kant en France de 1773 Ă 1814, et notes, 1888. La Religion dans les limites de la raison, trad. par J. Tissot, 1841 â par J. Trullard, 1841 â par A. Tremesaygues, 1913. â ThĂ©orie de Kant sur la religion dans les limites de la raison, trad. par le Dr Xortet, 1842 Traduction de l'AbrĂ©gĂ© de l'ouvrage prĂ©cĂ©dent, abrĂ©gĂ© que l'on croit de Kant lui-mĂȘme â ĂlĂ©ments mĂ©taphysiques de la doctrine de lĂ vertu, trad. par J. Barni, 1843. -MĂ©langes de logique, trad. par J. Tissot, 1863. â Anthropologie, trad. par J. Tissot, 1863. Essai philosophique sur la. paix perpĂ©tuelle, trad. avec PrĂ©f. par Ch. Lemonnier, 1881. â TraitĂ© de PĂ©dagogie, trad. par J. Barni, 1,885. â ProlĂ©gomĂšnes Ă toute mĂ©taphysique future, trad. par J. Tissot, 1865 â trad. nouv., 1891. â Premiers principes mĂ©taphysiques de la science de la Nature, trad. avec Intr. par Ch. Andler et Ed. Chavannes, 1891. Fondements de la MĂ©taphysique des mĆurs, trad. nouv. par H. Lachelier, 1904 par V. Delbos, 1907. â Pages choisies, par J. Vaudouer et L. Lantoine, 1906. â Choix de Textes, avec Etude et Notes, par RĂšnĂ© Gillouin, 1909. y â Trois opuscules scientifiques I. Cosmogonie.'â II. A propos des volcans lunaires. III. Post-scriptum, trad. par F. Bertrand et E. LaclavĂšre, 1914. â Ăcrits politiques, Intr. et notes par A. Aulard, 1917. Editions actuelles â Critique de la Raison pratique, trad. Picavet 12 francs. â Critique de la Raison pure,'trad. Pacaud et Tremesaygues 28 francs. â La Religion dans les limites de la raison, Ă©d. Tremesaygues 7 francs. â-TraitĂ© de. PĂ©dagogie, trad. Jules Barni 5 francs. â Critique de la Raison pure, Ă©d. Flammarion, 2 vol. 10 francs les 2 vol.. â Ăcrits politiques, pĂčb. par A. Aulard 5 francs. Sur Kant â Critique de la Doctrine de Kant, par Ch. Renouvier 12 fr. 50. â CoĂ»ts d'Emile Boutroux Revue des Cours et ConfĂ©'ternes, 1895^96. â L'IdĂ©e ou critique du Kantisme, par C. Piat 8 fr. 40. Kant, par ThĂ©odore Ruyssen. Ìâ Le Moralisme de Kant et l'amaralisme contemporain, par Alfred fouillĂ©e 10 fr. ,50. â Kant, par RenĂ© Gillouin 6 francs. Hertjer 1744-1803, â IdĂ©es sur la Philosophie de l'Histoire de l'HumanitĂ©,trad. et Intr. par Edgar Quin et, 3 vol., 1827. â Les Feuilles de palmier, contes orientaux avec LieBeskirid, trad. par Kauffmann, 3 vol., 1833; â trad. par Truenthai, 1836. â Histoire de la PoĂ©sie des HĂ©breux, trad. et Notice par la Baronne A. de Carlowitz, 1845. â Philosophie de 'l'Histoire de l'HumanitĂ©, trad. par Emile Taudel, 3 vol., 1861-1863. JEAN DE Muller 1752-1809. â Histoire des -Suisses, trad. par N.. Boileau et A. La* baume, et continuĂ©e par Mallet, 12 vol., 1794-1803. â Histoire Universelle, ouvrage posthume, trad. Hess, 4, vol., 1814-1817. â Lettres Ă Ch. de Bonstetten, trad. par Mme de Steck, Zurich, 1810 et 1812 â par Mme Brun, 1810. JEAN Wolfgang GOETHE 1749-1832.. â Clavijo, Goetz de Berliching, trad. par FrĂ©edel et Bonneville Nouveau Théùtre allemand, 12 vol., 1782. â Les Souffrances du jeune Werther ou. Werther, trad. par De Seckendorff, 1776 â par Deywerdun, 1776; â par Aubry, ou plutĂŽt le Cte de Schmettau Les Passions du jeune Werther, 2 vol., 1777 trad. anonyme, an Vin 180O; âtrad. par L,-C. de Salse, 2 vol. 1800 â par Ă. Dejaure, 2 vol., 1801 â par A. de La BĂ©doyĂšre, 1804 et 1809 par SĂ©velingĂ©s, an XII 1804 par A. Stapfer Ćuvres dramatiques 1825 â par X. Marmier, 1829 trad., suivie de celle de,Hermann et DorothĂ©e, avec une Ătude, par Pierre Leroux, PrĂ©f. de X. Marmier, 1839 â Nlle Ă©d. de la trad. de Werther, seul, par Pierre Leroux, avec une PrĂ©face de George Sand, illustrations par Tony Johannot, 1852 â trad. par Louis Enault, 1855 trad. par N. Fournier, avec une Ătude sur'GĆthe par Henri Heine, 1865 â trad. par d'Aubry, 1879 ;,â trad. par Sevelinges 1804, suivie de celle de Hermann et DorothĂ©e par BitaubĂ© 1800, complĂ©tĂ©es par Ernest GrĂ©goire, avec une PrĂ©face de Sainte-Beuve, 1880 â trad. par Mme Bachellery, 1886 â trad. avec celle d'Hermann et DorothĂ©e, par Maurice GĂ©rard, 1908; trad. avec Notice et Notes par Gauthier, 1921. Ì "Ì Ăditions actuelles â Trad. par Mme Bachellery 7 fr. 50. Ì â Trad. par N. Fournier 3 fr. 50. â Trad. par Pierre Leroux avec Hermann et DorothĂ©e 7 fr. 50. â Trad. par Sevelinges avec Hermann et DorothĂ©e 5 fr, 75. â Trad. avec Faust et Hermann et DorothĂ©e Ă©d. Flammarion 4 fr. 50. â PoĂ©sies diverses de GĆthe et de Schiller, trad. dans Le Spectateur du Nord, 1800 dans Le Mercure de France, an XII 1804 et 1813 â dans Le Mercure. Ă©tranger, 1914 et1815. Ì r. -Ì â Hermann et DorothĂ©e, trad. par BitaubĂ©, 1800; â trad. par A. Stapfer Ćuvres dramatiques 1825 â par X. Marmier, 1829 â par N. FouĂŻmier, avec une Ătude, par Henri Blaze de- Bury, sur Goathe et la Csse Stolberg, 1864; â trad. par avec texte allemand en regard, 1866; 'â, trad. en vers pas Edmond Delinge, 1872 â trad. par V. Mainfroy, 1874 â trad. en vers par Gabriel Colmet, Vi878; â trad. par LĂ©on BorĂ©, 1886; â trad. par LĂ©onard Belney, 1898 â par Julien Goujon, avec PrĂ©f. de Paul Deschanel, 1911 â trad. avec notice et notes par J. Rohmer, 1922. Ăditions actuelles â Trad. par N. Fournier 3 fr. 50.. ÌâTrad. par BitaubĂ© avec Werther 5 fr. 75. â Trad. par X. Marmier avec Werther 7 fr. 50. â MĂ©moires, trad. par Aubert de Vitry, 1823 âpar H. Richelet, 1844; â par la'Baronne A. de Carlowitz, 2 vol., 1855 Ă©d. actuelle 7 fr. 50 le vol.. râ Ćuvre? dramatiques, trad. par A. Stapfer, 4 vol., 1825 Ă©d. actuelle en 2 vol. Ă 7 fr. 50 le vol.. ° Ì â Faust, trad. par A. Stapfer dans le tome I V des Ćuvres dramatiques, 1825 trad. par GĂ©rard de Nerval, 1828 â avec Le Second Faust, 1840 trad. par X. Marmier dans le Théùtre, 1839 -trad. avec Ătude par Henri Blaze, 1840 â trad. en vers avec Ătude, par Alphonse de LĂ©spin, 1840 â trad. par le Prince A. de Polignac, PrĂ©face d'ArsĂšne Houssaye, 1859 â trad. par J. Porchat dans les Ćuvres complĂštes, 1860- 1863 Ì; â adaptĂ© Ă la scĂšne par P. Ristehuber, 1861 â trad. en vers par A. Poupart de Wilde, 1863 â trad., avec une Notice, sur l'Auteur et l'Analyse du Jugement de Mme de StaĂ«l sur l'ouvrage, Avignon, 1863 â trad., 1868 â trad. en vers par S. MĂąziĂšre, Mont-de-MarsĂ n, 1872 â trad. par H. Bacharaek, PrĂ©face d'Alex. Dumas fils, 1873 â trad. en vers par Alexandre Laya, 1873 â trad. en vers par Marc Monnier, 1875 â trad. par A. -Maussenet, 1878 â trad. en vers par Augustin Daniel, 1881 â trad. par Georges Gross, 1881 â trad. en vers La TragĂ©die du Dr. Faust, par A. de Riedmatten, 1881 trad par Camille BenoĂźt, PrĂ©face d'Anatole France, 1891 â trad. dans le mĂštre de l'original par François Sabatier, 1893; â trad. mĂ©trique par George Pradez, avec texte allemand en regard, 1895 â trad. par Suzanne Paquelin, lre partie en 1903^ 2e partie en 1908 trad. par Ralph Schropp, 1905 â trad. par AmĂ©dĂ©e Boutarel, musique de Schumann, 1909 â trad. par Ămile Vedel, 1913; trad. par T. de Wyzewa, 1913; â trad. lre partie par J. Rohmer â trad. 2e partie par Th. Gauthier, 1923 â trad. et Notice par Henri Liehtenberger, 2 vol., 1924. Ăditions actuelles â Trad. par Albert Stapfer 7 fr. 50. Trad. par Henri Blaze 7 fr. 50. .'â Trad. par GĂ©rard de Nerval 7 fr. 50. -f- Trad. avec Werther et Hermann et DorothĂ©e. â Cl. Garni er et Flammarion '5, fr. 75 et 4 fr. 50. â Trad. par T. de Wyzewa 12 francs. â Trad. par Henri Lichtenberger, 2 vol. 10 francs les 2 voL. â Wilhelm MĂ©ister, trad. par Toussenel, 4 vol., 1829 â trad. par la Baronne A. de Carlowitz, 2 vol., 1843 trad. par ThĂ©ophile Gautier fils, 2 vol., 1861 Ă©d. actuelle Ă 7 fr. 50 â imitĂ©, sous le titre de Mignon, par Ch. Simond, 1893; â trad. par Henri Liehtenberger, 1925 5 francs. â ĂlĂ©gies romaines suivies d'Ă©pigrammes, ballades, Ă©pĂźtrĂšs et choix de poĂ©sies fugitives, 1837 trad. par Ralph Schropp, 1888 â les Ăpigrammes, trad. par Ralph Schropp, 1888. â Ćuvres d'Histoire naturelle, trad. par Martins, 1837. â Théùtre, trad. par X. Marmier, 1839. ~â MaĂźtimes et RĂ©flexions, trad. par S. Sldower, 1842. Ìâ PoĂ©sies, trad. par H. Blaze, 1843. â Correspondance inĂ©dite avec Bettina d'Arnim, trad. par SĂ©bastien Albin, 2 vol., 1843. â Les AffinitĂ©s Ă©lectives, suivi d'un Choix de PensĂ©es, trad. par la Baronne A. de CarlĂŽwitz, 1844 â trad. par Camille Selden, 1872 Ă©d. actuelle Ă 7 fr. 50. Lettres inĂ©dites de Goethe,- lĂ plupart de -l'Ă©poque de sa jeunesse, pub. par Kestner, trad, par L. Poley, 1855. â IphigĂ©nie en Tauride, trad. en vers par E. Borel, Stuttgart, 1855 â par B. LĂ©vy, avec texte allemand et notes, 1866 â trad. en vers, avec Ătude, par A. Legrelle, 1870 ° â trad. avec intr. et notes par Emile Riquiez, 1891 â trad. par EugĂšne EichtaJ, 1900 â trad. par Georges Dwelshauvers, Bruxelles, 1903 â trad. par E. LeclĂ©rc, Langrjes, 1903. â Le Renard, trad. par Ed. Grenier, 1858;-â adaptĂ© pour la jeunesse par Charles KĂ©men, 1881 â imitĂ© Le Roman de Renard par Chauvin, Limoges, 1903. â Ćuvres, trad. par Jacques Porchat, 10 voL, 1860-18Ă3 . â PoĂ©sies diverses, PensĂ©es, Divan orientaloccidental. Tomes II, III, IV. â Théùtre. Tome- V. â PoĂšmes et Romans. Tome VI. â Les AnnĂ©es d'apprentissage de Wilhem Meister. Tome VII. â Les AnnĂ©es de voyage de Wilhem Meister, Nouvelles. Tome VIII. â MĂ©moires. Tome IX. Voyages en Suisse et en Italie. Tome X. â MĂ©langes. On peut avoir actuellement les tomes II, VI I, IX et X Ă 10 francs le vol.. â Entretiens de GĆthe et d'Eckermann, trad. par Charles, 1862 â trad. par Ămile DĂ©lerot, Intr. par SainteBeuve, 2 vol., 1863 Ă©d. actuelle 7 fr. 50 le vol.. -Correspondance entre Goethe et Schiller, trad. par la Baronne de Carlowitz, avec Ătude par Saint- RenĂ© Taillandier, 2 vol., 1863. â Correspondance choisie, trad., intr. et notes par J. GĂ©rard, 1877 â trad. par Lucien Herr, 2 vol., 1923 9 francs le vol.. â Ćuvres scientifiques de GĆthe, avec Ătude, par Ernest Faivre, 1862. Mon Journal, trad. en vers par Jules Froelich, 1881. Le Tasse, trad. par J. Porchat, avec texte en regard, 1882. â Campagne de France, trad. par J. Porchat, 1882. â FrĂšre et SĆur, comĂ©die imitĂ©e de GĆthe, 1883; â â imitĂ©e par Destreiix de Saint-Cristol, Montpellier, 1889. â GĆtz de Berlichingen Ă la main de fer, trad. avec texte en regard, par Lang, 1883. â Les Confessions d'une belle Ăąme, trad. par Paul Lallierj 1884. â Pages choisies, avec'Notice et notes par Pierre Lasserre et Paul Baret, 1901 9 francs.. â Le Roi des Aulnes, trad. par Catulle MendĂšs avec la partition de, Schubert, 1904. â Sa tyros, suivi de quatre ĂlĂ©gies romaines et du Journal, trad. par G. Polti et P. MorĂŻsse, 1907. â Lieds, Ballades, PoĂ©sies diverses. trad. par Alphonse SĂ©chĂ©, 1909. irâ Lettres choisies, trad. par MUe A. Fanta, PrĂ©face d'Arthur Chuquet,. 1912 7 fr. 50. y â MĂ©lusine, imitĂ© par Ch. Simond, 1912. â PoĂ©sies lyriques, trad. et notes par Th. Gautier, 1922. â Le. Serpent vert, conte trad. par Oswald Wirth, 1922 6 francs. â La Vocation théùtrale de Wilhem Meister PremiĂšre Version de Wilhem'Meister, trad. par Florence HalĂ©vy, Intr. de Michel Arnault, 1924 15 francs. FrĂ©dĂ©ric SCHILLER 1759-1805. â Les Brigands, Fiesque, Intrigue et Amour, Don Carlos, trad par Friedel et Bonneville Nouveau Théùtre allemand, 12 vol. 1782. Les Brigands, trad. sous le titre Robert, Chef de voleurs par La MartĂ©lliĂšre, 1793 trad. sous le titre Les Voleurs par CreuzĂ© de Lesser, 1795 â trad. par le Baron de Barante dans les Ćuvres dramatiques, 1821 â trad. par X. Marmier dans le Théùtre, 1840 â trad. par Hognais, 1852 â trad. par Ad. RĂ©gnier dans les Ćuvres, 1855; â trad. nouv., 1867 trad. en Publications Ă 0 fr. 05, 1886 â trad. par Guy Brand, 1898 trad., suivie de celles de Marie-Stuart et de Guillaume Tell, par Raoul Lantzenberg, 1909. Histoire de la Guerre de Trente ans, trad. par d'Arnay, 2 vol., 1794 par Chamfeu, 2 vol., an XI 1803 â par Meyriier, 2 vol., 1813 â par Mailher de Chassat, 2 vol., 1820 â par la Baronne de Carlowitz, 1842 Ă©d. actuelle Ă 7 fr 50 â par ThĂ©odore Joran, 1896. â La ClochĂ©, ou Le Chant de la Cloche, ou Le Lied de la Cloche, trad. par Millin, 1795; â trad. dans le tome V du Magasin encyclopĂ©dique, 1808 â trad. en vers par M. Peyrelle, 1848 trad. par le Dr Just, 1859 trad. en vers par-Fr. Amiel, 1860 â trad. en vers par Paul JDemeny, 1872 â trad. en vers par Gustave Fortin, 1884 â trad. en vers Ă©quimĂ©triques et Ă©quirythmiques par Edouard Pesch, 1890; â trad. par Emile Strauss, 1896 â trad. par Charles Krumholtz, Besançon, 1913. .1 â Ćuvres dramatiques, trad. par le Baron de Barante, 6 vol., 1821 â mĂȘme trad. complĂ©tĂ©e par H. de Suckau, 3 vol., 1852-1863 Ă©d. actuelle en 3 vol.. Ă 5 fr. 75 le vol.. Théùtre, trad. par X. Marmier, 2 vol., 1840 Ă©d. actuelle en 3 vol. Ă 7 fr. 50 le vol.. â Histoire du SoulĂšvement des Pays-Bas; trad. par Clot, 1821 par A. RĂ©gnier dans les Ćuvres, 1855 â trad. par G. Langhans, Colmar, 1863. â Jeanne -d'Arc voir Barante, Marmier â trad. par V. Cappon, 1844 â par A. RĂ©gnier dans les Ćuvres, 1855 â trad. en vers sous le titre La Pucelle d'OrlĂ©ans par Albert Ulrich, 1911. Intrigue et Amour, trad. par Alexandre Dumas, 1847. -L-~ Guillaume Tell voir Barante, Marmier trad. avec texte en regard par Th. Fjx, 1850 â trad par Jules Mulhauser, 1852 â trad. par A. RĂ©gnier dans les Ćuvres 1855 âtrad. dans le mĂštre de l'original par François Sabatier-Ungher, KĆnisberg, 1859 trad. par M. Lengham, Colmar, 1860 â trad, par Ad. MĂ©liot, 1866 â trad. par J. Porchat, 1866 trad. par G. Haeber, 1875 â trad. en vers par Henri Villard, 1887 trad. par E. Butet, 1895 â adaptĂ© pour les enfants par Franc-Nohain, 1908 trad. en vers par Albert Ulrich, 1911 âtrad., notices et notes par J. Rohmer, 1921. â Fiesque voir Friedel et Bonneville â trad. par Hector CrĂ©mieux, 1852. Marie Stuart voir Barante, Marmier â trad. avec texte en regard, par Th. Fix, 1853 par A. RĂ©gnier dans les Ćuvres, 1855. 1 â Wallenstein voir Barante, Marmier; trad. par Oscar Falateuf, 1853 trad. par A. RĂ©gnier dans les Ćuvres y 1855; Les trois Parties trad. par ThĂ©odore Braun, 1864 â trad. en vers par Michel Freydane, 1896. â Ćuvres, trad. par A. RĂ©gnier, 8 vol., 1855-1875 Tome I. Vie de Schiller, PoĂ©sies. Tomes II, III et IV. â Théùtre. Tomes V, VI. Ćuvres historiques. Tome VII. â MĂ©langes, prĂ©c* du Visionnaire. Tome VIII. â EsthĂ©tique. Edition actuelle Ă 10 francs le vol.. Ì â PoĂ©sies voir A. RĂ©gnier â trad. par MĂ»ller, 1858. La Mission de MoĂŻse, trad. par F. Seippel, Le Havre, 1859. âą â Don Carlos voir Barante, Marmier, A. RĂ©gnier â trad. en vers par Adrien Brun, 1860 trad. en vers par Henry Faye, 1881 trad. par B. JoĂ«l, 1895. â Correspondance avec GĆthe voir GĆthe. â L'HĂŽtelier du Soleil, trad. par FĂ©lix Thessalus, 1867. â Le Neveu pris pour l'Oncle, trad. par Anthime Leroux, 1887 â trad. sous le titre Oncle ou Neveu r par Paul Desfeuilles, 1892. â Théùtre en vers, trad. en vers par ThĂ©odore Braun, 3 vol., 1870. â Pages choisies, trad. par Ludovic Roustan, 19049 francs. â Les Brigands, Marie Stuart, Guillaume Tell, trad. par R. Lantzenberg, 1909 4 fr. 50. de KotzebuĂ« 1761-1819. â Le Club jacobin, trad. par M. Elis, 1792. w â Misanthropie et Repentir, ferad. par Fauvelet de Bourrienne* sous le titre L'Inconnu, 1792 ;â trad. par Rigaud, 1799 par Weiss, 1799; par Mme Bursay, et arrangĂ©e pour la scĂšne par M11"5 Julie Mole, 1799 â trad. par Alphonse Pages, 1863. â Théùtre, trad. par Weiss et Jauffret, 2 vol., 1799; â SupplĂ©ment, par de M. et W., 1820. â Contes Ă mes Fils, trad. par Mme Julie PĂ©contat, 1866. â Théùtre choisi, trad. par MM. de Barante et FĂ©lix Frank, 1870. Les gros Bonnets de KrĆhwinkel d'aprĂšs La Petite Ville, 1879. A deux de Jeu, adaptĂ© par Alfred de Corval, 1881. La Petite Ville allemande voir Weiss et Jauffret, Barante et F. Frank â trad. par A. Desfeuilles, 1887. La BarriĂšre maudite, Histoire de mon exil, trad., Lille, 1898. La Petite Ville allemande, suivie de La Cruche cassĂ©e de Kleist el de Minna de Barnhelm de Lessing, trad. par M. R. Bastian, 1912 4 fr. 50. HEEREN 1760-1842. Essai sur l'influence des Croisades, trad. par Ch. Villers, 1808. Manuel historique du SystĂšme politique des Etats de l'Europe et de leurs colonies depuis la dĂ©couverte des deux Indes, trad. par Guizot et Vincens Saint-Laurent, 2 vol., 1820. ` ° Manuel de l'Histoire ancienne, trad. par A. Thurot, 1823. De la Politique et du Commerce des peuples de l'AntiquitĂ©, trad. par W. de Suckau et A. SchĂčtte, 7 vol., 1829-1844. HEBEL 1760-1826. â PoĂ©sies suivies de PoĂ©sies de KĆrner, Uhland, Heine, trad. par M. Buchon, Salins, 1846. â PoĂ©sies complĂštes, trad. par M. Buchon, 1853. â PoĂšmes allĂ©maniques, trad. par M. Buchon, 1864. â Contes allemands, imitĂ©s par Nicolas Martin, 1866. AUGUSTE LAFONTAINE 1759-1831. â Nombreuses Ćuvres, trad. par Mme de Montolieu, le yte de Forestier, Breton, Cramer, la Csse de Montholon. -dans La France littĂ©raire, 1827-1829. â Nouveaux Tableaux de Famille, trad. par Mm? de Montolieu, 3 vol., 1841. â Le Vaurien, Tableaux de Famille, trad., 1858. Addenda Ă la prĂ©cĂ©dente Bibliographie. â Les Nibelungenlied, trad., intr. et notes par F. Piquet, 1924 5 'francs. LUTHER. â Pages choisies, trad. intr. et notes par Maurice Goguel, 1925 5 francs. A. MONNIER et JEAN PORSON PAGES FAUST SCĂNE I Une haute cellule voĂ»tĂ©e. Faust, nerveux, est assis Ă m table de travail. Nuit. Faust. J'ai fait, j'ai tout fait. Philosophie, mĂ©decine et jurisprudence Et thĂ©ologie, hĂ©las J'ai tout Ă©tudiĂ©, avec ardente ardeur. Et me voici, Ă ce jour, pauvre insensĂ©, Aussi instruit qu'aux premiers temps. Oh je suis magister,, je suis mĂȘme Docteur Et depuis des ans et des ans, A droite, Ă gauche, de-ci, de-lĂ , Par le bout du nez je promĂšne des Ă©lĂšves â Et jamais, jamais, je n'arrive Ă Savoir v Cela me brĂ»lera le cĆur, un jour. ` Oh je suis plus fort, que tous ces iafĂŻmes, Docteurs, magisters, scribes et, moines X { Point ne m'enchaĂźnent les scrupules et les, doutes, Point ne m'effrayent les dĂ©mons ou l'eiĂŻfer â C'est pourquoi aussi m'est refusĂ©e la Joie. Je ne me figure pas possĂ©der le Vrai, Je ne me figure pas rĂ©pandre des doctrines Qui. Ă©lĂšvent et convertissent l'Humain. Aussi n'ai-je ni biens ni terres, ` Mi honneurs ni splendeurs du monde. Pas un chien ne voudrait encore de cette vie Et c'est pourquoi je me suis donnĂ© Ă la Magie Par la force et l'art des esprits Maints secrets peut-ĂȘtre me seront rĂ©vĂ©lĂ©s Que plus,jamais,-avec d'amĂšres sueurs, Je ne doive affirmer ce que je ne sais point, Que je reconnaisse ce que le monde Au plus profond recĂšle, Que je voie les puissances et les origines Et ne me dĂ©batte plus dans le vide des mots Oh verrais-tu, rayon de pleine lune, Pour lĂ derniĂšre fois -L'angoisse- que tant et tant de lourds minuits Me virent courher Ă cette table Tu m'apparaissais alors, trĂšs douce amie, Et tu glissais jusqu'Ă moi sur les parchemins et les livres u-Ah puisse-je, au sommet des montagnes Errer dans ta lumiĂšre aimĂ©e, Aux portes des cavernes flotter avec les ombres, Voguer sut les prairies dans l'aube de tes rayons, Loin des tortures du Savoir Me baigner avidement dans la rosĂ©e de ta fraĂźcheur 1 Horreur! LĂ© cachot m'emprisonne encor 1 Maudite et sombre niche OĂč la divine lumiĂšre du ciel Tombe confusĂ©ment de vitraux barbouillĂ©s 1 Emplie d'un amas de grimoires \Que perforent les vers, qu'ensevelit la poussiĂšre, Noircie jusqu'Ă lĂ voĂ»te d'un papier entamĂ©. BourrĂ©e de cornues, d'instruments et de tubes, EncombrĂ©e d'ancestraux reliquats, VoilĂ ce qu'est ton monde! Cela s'appelle un monde â Et tu demandes encore pourquoi ton cĆur Se replie dans ta poitrine, Pourquoi un mat inexplorĂ© Noue et tes membres et ta vie ? Au lieu de la nature en fleur Que Dieu crĂ©a pour tes pareils Ju vis dans la fumĂ©e et dans la pourriture EncerclĂ© de squelettes et de tibias blanchis Va, fuis, lĂ -bas, dans l'immense Nature Et ce manuscrit mystĂ©rieux, oeuvre de Nostradamus N'est-il pas le compagnon suprĂȘme ? a' Tu connaĂźtras la voie des Ă©toiles, Et lorsque t'enseigne la Nature Monte en toi la sĂšve de l'Ăąme Comme parle l'esprit Ă un autre esprit. ` Inutile que de sĂšches rĂ©flexions Te dĂ©voilent ici les signes sacrĂ©s Vous flottez Ă mes cĂŽtĂ©s, Esprits! RĂ©pondez- moi si vous entendez! 1 Il ouvre un in-folio, et considĂšre le Signe du Macrocosme. Ha Quelle joie subite s'irradie En moi travers tous mes sens Jeune et sainte, une joie de vie S'Ă©panouit en nies nerfs et mes artĂšres â Ătait-il dieu, celui qui Ă©crivit ces Signes Qui le tumulte intime Qui emplissent de joie le cĆur amer Et, avec des gestes de mystĂšre, DĂ©voile autour de moi les forces Ă©ternelles ? Suis-je donc Dieu ? Je ï»e parais tout clair Je vois dans ces B^»8 pures La nature en travail se mouvoir devant moi. Aujourd'hui enfin j'entends la parole du sags ĂŻ Le monde des Esprits n'est pas de l'HermĂ©tique J Ton Ăąme est çlose^ ton çeui? est mfflt â Va, disciple, et baigne, inlassable, Ta poitrine terrestre dans l'aube rougissante » Il considĂšre le Signe. v Comme tout se tisse en Tout, L'un en dedans l'autre vit et crĂ©e. LĂ©s puissances du ciel descendent et remontent Et de l'une Ă l'autre Ă©changent les seaux d'or. Les ondes parfumĂ©es, Ă©manĂ©es du ciel Parcourent la Terre, Et l'Univers, harmonieusement, vibre de leur vibration. Quel spectacle Mais, hĂ©las rien qu'un spectacle ~°~ pĂJt'atteindre, Nature illimitĂ©e! Oh! mamelles, sources de toutes vies Que le ciel et la terre agrippent et Ă©treignent, LĂ oĂč se pressent les poitrines fanĂ©es Vous abreuvez, vous Ă©tanchez Jes Soifs, Et dois-je donc en vain languir ? âąÂ» II feuillette la volume mes dĂ©couragement. Le Signe de l'Esprit dp la Terre l'arrĂȘte. Comme bien autrement Ce Signe Ă moi se manifeste 1 Tum's plus proche, toi, esprit de la trj?e DĂ©jĂ je sens mes forces hautes, DĂ©jĂ je rayonne comme de vin. nouveau. Je me sens prĂȘt Ă braver le monde, A porter la Terre et ses malheur et ses joies, A ine dĂ©battre dans l'ouiagan nçir, A rester sans frĂ©mir sur le voilier qui coule- Des vapeurs montent, lĂ -haut La. lune s'efface -â La lampe vacille â Il brĂ»le â .Des rayons de feu M'enlacent la tĂȘte Une angoisse tombe Et m'Ă©treint -1 Oh je sens, tu es lĂ , tu m'entoures, esprit qui me hante DĂ©voile-toi â â Ah comme il arde en mon cĆur Vers des frissons nouveaux Mes sens unanimes s'affolentâ Mon Ăąme toutentiĂšrĂ© Ă toi s'est adonnĂ©e 1 Je yeux, je te veux! Et qu'il m'en coĂ»te la vie Il prend V in-folio et rĂ©cite myMĂȘrieusementlF invocation Ă l'Es» prit Une flamme rougeĂątre jaillit. L'Esprit apparaĂźt. L'Esprit. Qui m'appelle ? â Vision Ă©pouvantable l Tu m'as puissamment arrachĂ© A la longue Ă©treinte de ma SphĂšre Et maintenantâ FAUST. Oh tu me fais mal 1 L'Esprit; Tu demandes, haletant, Ă me voir r- FAUST se dĂ©tourne. L'ESPRIT. A entendre ma voix, Ă surprendre mes Traits Ee dĂ©sir de ton Ăąme a soumis ma puissance, Me voici Quelle terreur pitoyable, O Surhomme, t'Ă©crase OĂč est le cri de ton Ăąme ? ?. QĂč est ce cĆur, qui Ă©difiait et portait un monde, Ce cerveau frĂ©missant de joie qui pensait Se hausser jusques Ă nous, les Esprits ? OĂč es-tu donc, Faust, toi dont la voix me parvint Toi qui de toutes tes forces t'accrochais Ă moi Est-ce bien toi, ce vermisseau craintif Qui frissonne au plus profond de ses fibres Sous la tempĂȘte de mon haleine ? Faut. Faut-il que je te cĂšde, Spectre de flammes ? C'est moi, c'est Faust, ton semblable L'ESPRIT. Je voguĂš et j'oscille Dans les vagues de la vie. Je tangue et roule Dans les souffles des foules Berceau et tombeau Mer Ă©ternelle Ăternel flot De l'efflorescente vie v Je travaille au vrombissant rouet des Temps Et tisse Ă la DivinitĂ© ses vivants Ornements Ì .'ÌÌ FAUST. O Toi qui parcours l'Univers immense Esprit de l'action, combien 'de toi je me sens proche K "Ì ' Je ne sais si Le Navire d'Argent a rendu autant de services que La Proue. Va-t-il sombrer comme la vaillante entreprise de nos amis d'Argentine ? Nous voici au terme de notre premiĂšre annĂ©e pour arriver Ă assurer la publication rĂ©guliĂšre de ces douze numĂ©ros, il a fallu fournir un effort, une dĂ©pense, que seuls peuvent imaginer les gens qui font ou qui ont fait une revue. Toujours est-il qu'il est impossible de continuer sur les bases que j'avais primitivement cru possibles. J'ai dĂ©pensĂ© tout le peu d'argent que j'avais, tout l'argent que Sylvia Beach a pu me donner. Nous avons mĂȘme dĂ» emprunter et, comme nos librairies nous fournissent juste de quoi vivre, il faut, pour nous tirer d'embarras, que je me rĂ©signe ` Ă vendre ma particuliĂšre qui reprĂ©sente Ă peu prĂšs tout ce que -je possĂšde de plus prĂ©cieux. Je n'ose prĂ©voir le rĂ©sultat de cette Vente 1. J'espĂšre qu'il nous mettra en mesure de rembourser ce que nous devons et qu'il me donnera mĂȘme le moyen de continuer mon effprt d'une maniĂšre ou d'une autre. Le Navire d'Argent, s'il reparaĂźt, ne reparaĂźtra certainement pas avant Octobre. â D'ici lĂ , nos abonnĂ©s recevront, .s'il y a lieu, l'exposĂ© du nouveau Programme. Les abonnements en cours seront remboursĂ©s dĂšs maintenant Ă ceux qui en feront la demande. Je remercie ici, du fond du cĆur, toutes lespersonnes qui ont bien voulu, jusqu'Ă prĂ©sent, nous hpflprer "de, leur confiance, Ì"Ì, con'fiances = ~-s3 yt~ ADRIEMNE jnh^tiT^Ă ĂȘj ° p,rt?.-s5 ~y~'v~ 1 Qui aura lieu Ă Vmtel des Ventes, Salle n» 8, les Vendredi 14 el Samedi 15 Mai, par le ministĂšre de Ma Edouard Giord, commissaire-priseur, assistĂ© de M. L. Giraud-Badin, Libraire de la BibliothĂšque Nationale. TABLE DU TOME III FĂVRIER 1926 â MAI 1926 -Ì FĂVRIER Jan Giraudoux. â A la recherche de Bella 3 Jean Mistler. â L'Inquiet 14 Benjamin CrĂ©mieux.. â Italo Svevo 23 Italo Svevo. â Zeno Cosini 27 Traduction par Benjamm CrĂ©mieux. Italo Svevo. â Emilio Bmntani 54 Traduction par Valery Larbaud. Abel Chevalley. â Le Roman corporatif au temps de Shakespeare 64 REVUE DE LA CRITIQUE. â Notes de Jean PrĂ©vost 77 Si~ Opinions 82 LA GAZETTE, par Adrienne Monnier 89 , MARS Walt Whitman. â La Dix-HuitiĂšme PrĂ©sidence 99 Traduction par Sylvia Beach et Adrienne Monnier. '"Ì Notice de Jean Catel. Vyilliam Carlos Williams. â Le grand Roman amĂ©ricain 125 Traduction par Auguste MorĂ©l. Robert Me Almon. â L'Agence de PublicitĂ© 137 ? Traduction par Sylvia Beach et Adrienne Monnier. Ernest Hemingway. â L' Invincible 161 Traduction par Georges Duplaix. Cummings. â Sipliss 195 'j Traduction par Georges Duplaix. `~ REVUE DE LA CRITIQUE. â Notes de Jean PrĂ©vost 21 cC, ~"N°1~~dĂš-Je~.gJ\Ăv!ls~i.~ '~1;1"' Opinions ..rixdu travail qui leur sera proposĂ©; nous transmettrons leurs conditions Ă nos abonnĂ©s qui devront nous faire parvenir Ă lĂźavance la rĂ©tribution demandĂ©e. Cette rĂ©tribution sera versĂ©e intĂ©gralement Ă nos collaborateurs. Toute lettre demandant rĂ©ponse devra ĂȘtre accompagnĂ©e d'un timbre. 12, RUE DE L'ODEQN. PARIS -Vie SHAKESPEARE AND M SYLVIA BEACH BOOKSHOP LENDING LIBRARY EDITOR OF ULYSSES On jme saura grĂ© de signaler la meilleure, la plus complĂšte et la plus moderne des librai- ries et bibliothĂšques de prĂȘt anglo-amĂ©ricaines que. possĂ©dĂ© Paris. C'est Shakespeare and Company Ă la tĂȘte de laquelle est Miss Sylvia Beach dont le fĂŽĂŻe comme Ă©diteur et comme propagandiste eu France des plus rĂ©centes Ćuvres anglaises et amĂ©ricaines lui assure, dĂšs Ă prĂ©sent, une place enviable dans l'histoire ĂŻittĂ©raiĂŻe des Etats-Unis, et qui rĂ©unit autour d'elle l'Ă©lite des jeunes Ă©crivains anglais, irlandais et .amĂ©ricains qui nĂ©ment. ~i' VALERY LARBAUD. t La Revue de France PAilIS. 8OC. GĂNĂK. D'iMPK. ET D'ĂDIT., 71, HUE DE BENSBS. 1026 ContrastĂ© Insuffisant ou diffĂ©rant, mouvais» qualitĂ© d'impression Under-contrast or diffĂ©rent, bad prlntlng quallty