HenriVIAUD-MURAT | Deux erreurs aux consĂ©quences graves.. Ecouter. Commentaires Lexpression « la lettre tue mais l'Esprit vivifie » signifie que nous ne pouvons pas obtenir le salut par nos propres mĂ©rites. Personne ne peut observer parfaitement les lois de Dieu ; nous avons besoin de JĂ©sus. Seul le Saint-Esprit nous permet de vivre une vie sainte qui plaĂźt Ă  Dieu. 2 Corinthiens 3 - le contexte du verset "La lettre tue mais l'Esprit vivifie" vient de 2 Corinthiens Lalettre tue mais l’esprit vivifie . Cette rĂšgle d’Ambroise rapportĂ©e par Saint Augustin dans le livre VI des confessions m’est revenue Ă  l’esprit quand j’ai appris l’initiative du pĂšre jean Philippe Fabre de lancer le MOOC Sinod. Ce cours en ligne est destinĂ© Ă  tous ceux qui dĂ©sirent comprendre plus clairement le fonctionnement de la Bible pour mieux puiser le sens et la Manytranslated example sentences containing "la lettre tue l'esprit vivifie" – English-French dictionary and search engine for English translations. Lalettre tue, mais l’Esprit vivifie. Cette petite phrase, lettre autorisĂ©e au coeur du texte fondateur qu’est la Bible, nous invite Ă  porter un regard critique sur le type de rapport Ă  ce texte lui-mĂȘme. Que fonde le texte reçu comme fondateur? Qu’en est-il du rapport au fondement quand la lecture se fait mortifĂšre et que RetrouvezLa Lettre Tue Mais L'Esprit Vivifie Ou Foi Et Raison (1867) et des millions de livres en stock sur Amazon.fr. Achetez neuf ou d'occasion. Choisir vos prĂ©fĂ©rences en matiĂšre de cookies. Nous utilisons des cookies et des outils similaires qui sont nĂ©cessaires pour vous permettre d EnPalestine, JĂ©rĂŽme reprend le travail exĂ©gĂ©tique commencĂ© Ă  Rome et rĂ©dige, probablement en 388, son Commentaire sur l’EcclĂ©siaste. Ce premier commentaire suivi d’un livre vĂ©tĂ©rotestamentaire que JĂ©rĂŽme a Ă©crit et qui nous soit parvenu a donnĂ© lieu Ă  diverses Ă©tudes ; cependant la mĂ©thode d’explication du premier sens de l’Écriture mĂ©rite une Ă©tude plus 2CORINTHIENS 3:6
La lettre tue, mais l’esprit vivifie – 2 Corinthiens 3:6
Dieu a rendu les disciples de JĂ©sus capables d’ĂȘtre ministres d’une nouvelle alliance. De la mĂȘme maniĂšre que MoĂŻse a Ă©tĂ© le serviteur de l’ancienne alliance, les chrĂ©tiens sont les serviteurs spĂ©ciaux de la nouvelle alliance chargĂ©s de prĂȘcher la Bonne Nouvelle au monde. Leur rĂŽle est celui 1L a version de 1812 de Point de Lendemain de Vivant Denon dĂ©bute par cette Ă©pigraphe biblique qui peut surprendre Ă  l’entrĂ©e d’un texte libertin : « La lettre tue mais l’esprit vivifie ».. 2 Il s’agit d’un emprunt Ă  la DeuxiĂšme lettre aux Corinthiens (3 :6) de Saint Paul. Dans la Somme thĂ©ologique, Saint Thomas commente la sentence de Saint Paul en ces termes : Nm6q. Abstract As the anonymous author of “The Hard Church Novel” underlined in his article, “Theology and Literature – the study of God and the study of Man – need to go hand in hand, and are only just beginning to know it”. The links between literature and religion are in fact much older than we might imagine when reading this statement; however, it is a fact that the Victorian period was a time when many authors tried to reconcile secular writing and the Scriptures, to the extent that a new literary genre, the religious novel, was born. Although Elizabeth Gaskell’s works do not belong to this category, she set her heart on reconciling her vocation as a novelist with her beliefs as a Christian. Unlike her husband, she was not a Minister and therefore her own way of preaching the Word of God was to write fiction. She was convinced that the Pharisees had not disappeared with the Advent of Christ and, in her novels, she used her own, sometimes unorthodox, interpretation and rewriting of the Gospels to convert the Pharisees of her own time to the true essence of Christianity. Indeed, her Unitarian education granted her a greater freedom than most of her contemporaries in terms of biblical exegesis, as we can see in many of her works, but most particularly in Ruth, in which the eponymous heroine, a fallen woman, is not only described as a Magdalen but soon turns into a Madonna and then a Christ-like of page Full text 1 “[
] old and dear companions—brethren indeed of one blood; not always agreeing, to be sure; squabbl ... 1Les liens entre littĂ©rature et religion sont trĂšs anciens et pourtant, lorsque le genre romanesque s’est dĂ©veloppĂ© au XVIIIe siĂšcle, ces frĂšres de sang – pour reprendre la mĂ©taphore d’Edward Mortimer Chapman1 - paraissaient condamnĂ©s Ă  s’éloigner l’un de l’autre tant la littĂ©rature semblait prĂȘte Ă  s’affranchir de l’influence religieuse. Les auteurs de fiction dĂ©laissaient dĂ©sormais les hagiographies, quĂȘtes mystiques et autres rĂ©cits miraculeux au profit d’une description plus prosaĂŻque de la vie quotidienne d’ĂȘtres ordinaires. Puritains et Ă©vangĂ©liques se mĂ©fiaient d’ailleurs de la fiction au point que l’Evangelical Magazine considĂ©rait, au dĂ©but des annĂ©es 1790, que la lecture de roman Ă©tait un pĂ©chĂ© plus grave encore que l’adultĂšre. Mais les victoriens devaient ĂȘtre les architectes d’une rĂ©conciliation entre ces deux frĂšres devenus ennemis non contents de couvrir le paysage urbain d’églises anglicanes et de chapelles non-conformistes ou bien encore d’envoyer des missionnaires convertir les infidĂšles – Ă  l’étranger ou sur leurs propres terres – il leur fallait encore conquĂ©rir ce domaine littĂ©raire qui semblait sur le point d’échapper Ă  l’influence chrĂ©tienne. 2 Voir “The Hard Church Novel”, The National Review, vol. III, July and October 1856, 131. 3 Voir par exemple, Coelebs in Search of a Wife 1808 de Hannah More ou The Velvet Cushion 1814 d ... 2Les annĂ©es 1840 devaient se rĂ©vĂ©ler une pĂ©riode particuliĂšrement prolifique pour ce nouveau genre littĂ©raire qu’était le roman religieux et l’auteur anonyme de The Hard Church Novel » se fĂ©licitait, en 1856, que la thĂ©ologie et la littĂ©rature aient enfin appris Ă  faire bon mĂ©nage “Theology and Literature–the study of God and the study of Man–need to go hand in hand, and are only just beginning to know it ”2. Les premiers rĂ©cits Ă©vangĂ©liques3 ont Ă©tĂ© publiĂ©s au dĂ©but du XIXe siĂšcle mais c’est surtout avec la deuxiĂšme gĂ©nĂ©ration de romanciers Ă©vangĂ©liques, stimulĂ©s par leur rivalitĂ© avec les tractariens, que le roman religieux connaĂźt un vĂ©ritable essor. Les statistiques citĂ©es dans The Business of Belief The Emergence of Religious Publishing » rĂ©vĂšlent en effet que 33,5% des livres publiĂ©s entre 1836 et 1863 Ă©taient des Ɠuvres Ă  caractĂšre religieux. Si la majoritĂ© de ces textes Ă©taient dus Ă  la plume d’auteurs Ă©vangĂ©liques ou tractariens, d’autres courants religieux – non-conformistes ou catholiques – ont adoptĂ© cette nouvelle forme de prosĂ©lytisme et, par la suite, mĂȘme les agnostiques ont pris exemple sur ce modĂšle littĂ©raire pour prĂŽner les vertus de l’apostasie. 4 Aussi, l’auteur de “Religious Stories” souligne-t-il le rĂŽle prĂ©pondĂ©rant jouĂ© par les femmes dans ... 5 On leur reprochait souvent de ne pas ĂȘtre de vĂ©ritables chrĂ©tiens, comme le souligne William Gaske ... 6 Voir, par exemple, l’article “Low-Church Novels and Tendencies”, dont l’auteur constate la mĂ©diocr ... 3Fille et Ă©pouse de pasteur unitarien, Elizabeth Gaskell pouvait sembler prĂ©disposĂ©e Ă  devenir un auteur de roman religieux. En effet, les femmes manifestaient une prĂ©dilection toute particuliĂšre pour ce genre littĂ©raire qui leur permettait enfin de prendre part aux dĂ©bats thĂ©ologiques de leur Ă©poque4. Par ailleurs, comme le souligne Valentine Cunningham, l’intĂ©rĂȘt que leurs membres portent Ă  la littĂ©rature est rĂ©vĂ©lateur du milieu social dominant et de l’évolution culturelle des sectes non-conformistes ; or, les unitariens appartenaient souvent Ă  un milieu aisĂ© et cultivĂ©. Cette secte tolĂ©rait parfaitement la lecture d’Ɠuvres de fiction et, en accord avec la parabole des talents, encourageait vivement ses membres Ă  cultiver les dons que Dieu leur avait accordĂ©s, notamment en se consacrant Ă  une Ă©ventuelle carriĂšre artistique et intellectuelle. En outre, l’intolĂ©rance dont les unitariens Ă©taient victimes – aussi bien de la part des anglicans que de celle des autres sectes non-conformistes5 – aurait pu justifier un recours au roman religieux afin de dĂ©noncer ces prĂ©jugĂ©s. NĂ©anmoins, le fait est que les unitariens ne se sont guĂšre intĂ©ressĂ©s Ă  cet outil de propagande littĂ©raire, sans doute parce qu’ils n’avaient guĂšre la fibre prosĂ©lyte. En ce qui concerne Elizabeth Gaskell, il existe une autre raison, plus importante encore, qui explique ce choix elle possĂ©dait un vĂ©ritable sens artistique et, si ses rĂ©cits visaient Ă  dĂ©velopper le sens moral de ses lecteurs, elle n’était pas prĂȘte, pour autant, Ă  sacrifier la dimension esthĂ©tique de son Ɠuvre Ă  sa fonction didactique, comme les auteurs de romans religieux n’avaient que trop souvent tendance Ă  le faire. La plupart des textes classĂ©s sous l’appellation de romans religieux mĂ©ritent, en effet, Ă  peine d’ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme des romans Ă  part entiĂšre6 et ils ont sombrĂ© dans l’oubli dĂšs lors que la controverse religieuse autour de laquelle ils s’articulaient n’était plus d’actualitĂ©. 7 On trouve deux rĂ©fĂ©rences Ă  ce texte, publiĂ© dans le Sunday Penny School Magazine en 1852, dans la ... 4La correspondance de Gaskell – du moins les lettres qui n’ont pas Ă©tĂ© dĂ©truites – ne contient que trĂšs peu de remarques sur son Ɠuvre ou sur sa conception thĂ©orique de la littĂ©rature, mais la lettre qu’elle avait envoyĂ©e Ă  Herbert Grey rĂ©vĂšle l’importance qu’elle accordait Ă  l’intrigue et Ă  son dĂ©veloppement ; elle reproche en effet Ă  l’auteur d’avoir sacrifiĂ© l’action de son rĂ©cit Ă  de longs exposĂ©s thĂ©oriques et en conclut qu’il eĂ»t sans doute mieux valu exprimer ces idĂ©es dans un essai plutĂŽt que d’adapter la forme romanesque sans prĂȘter la moindre attention aux critĂšres propres Ă  ce genre et au respect desquels une Ɠuvre doit – ou non – sa valeur artistique. Gaskell a, elle-mĂȘme, Ă©crit une nouvelle qu’on pourrait qualifier de sermon dĂ©guisĂ© en fiction – ou de “sugar-coated tract” pour reprendre l’image utilisĂ©e par Robert Lee Wolff – mais il s’agissait lĂ  d’un contexte particulier puisque ce texte Ă©tait destinĂ© au Sunday Penny School Magazine et la romanciĂšre se montre d’ailleurs trĂšs critique Ă  l’égard de ce rĂ©cit lorsqu’elle y fait rĂ©fĂ©rence dans sa correspondance7. Ce texte fait donc figure d’exception dans son Ɠuvre et on peut rappeler que George Eliot la cite parmi les romanciĂšres de talent dont elle oppose l’Ɠuvre aux “silly novels by lady novelists”. 8 Voir par exemple sa confĂ©rence sur le hĂ©ros en tant qu’homme de lettre “the Hero as Man of Lette ... 9 Voir son autobiographie “The writer of stories must please or he will be nothing. And he must te ... 10 Elizabeth Gaskell ne fait que peu de rĂ©fĂ©rences Ă  son propre travail de romanciĂšre dans sa corresp ... 5Refuser Ă  Gaskell l’étiquette d’auteur de roman religieux – qui n’est que trop souvent synonyme de mĂ©diocritĂ© littĂ©raire – ne revient cependant pas Ă  nier l’importance de la religion dans son Ɠuvre. Si des auteurs comme Thomas Carlyle8 ou Anthony Trollope9 – dont l’Ɠuvre est pourtant considĂ©rĂ©e comme purement profane – n’ont pas hĂ©sitĂ© Ă  comparer la mission de l’écrivain Ă  celle d’un prophĂšte ou d’un prĂ©dicateur, on ne peut guĂšre s’étonner que la religion ait eu une influence considĂ©rable sur l’Ɠuvre d’une romanciĂšre aux yeux de qui le talent littĂ©raire Ă©tait un don divin qui devait ĂȘtre mis au service d’autrui10. 11 Voir, par exemple, le passage qui concerne la mort des parents de Ruth “God in His mercy knew th ... 6Contrairement aux catholiques, les protestants ne peuvent compter sur l’intercession d’un mĂ©diateur clĂ©rical entre Dieu et eux. Comme l’indique le choix symbolique de ce terme, le pasteur veille sur ses fidĂšles mais, s’il peut leur venir en aide et les rĂ©conforter, ceux-ci ne doivent finalement s’en remettre qu’à la seule autoritĂ© divine et, pour ce faire, il est indispensable qu’ils se rĂ©fĂšrent aux textes bibliques. Outre les rĂ©fĂ©rences explicites ou implicites Ă  la Bible qui abondent dans l’Ɠuvre de Gaskell, les critiques ont souvent notĂ© l’influence des Écritures sur le style de la romanciĂšre11 mais il ne s’agit pas pour elle de citer la Bible en privilĂ©giant la lettre plutĂŽt que l’esprit et si elle fait elle-mĂȘme souvent rĂ©fĂ©rence aux textes sacrĂ©s, elle est consciente de l’usage abusif qui pouvait en ĂȘtre fait et met en garde ses lecteurs. 12 John Bunyan, The Pilgrim’s Progress, Oxford The World’s Classics OUP, 1998, 134. 7“By misinterpreting evil issues”12 13 “The poor old labourer prayed long and earnestly that night for Ruth. He called it wrestling for ... 8L’exĂ©gĂšse biblique est un art pĂ©rilleux et peut se rĂ©vĂ©ler source de malentendus si on ne possĂšde pas les clefs de lectures adaptĂ©es. Ainsi, dans Ruth, l’hĂ©roĂŻne Ă©ponyme ne comprend pas que Thomas essaie de la mettre en garde contre son soupirant. La pensĂ©e du vieil homme est tellement façonnĂ©e par ses lectures des Saintes Écritures qu’il est incapable d’exprimer ses Ă©motions sans recourir aux mĂ©taphores bibliques ; or, comme le souligne le narrateur, il Ă©tait peu probable qu’une jeune fille innocente de seize ans Ă©tablisse un lien entre le beau jeune homme qui la courtise et la figure du diable sous les traits d’un lion rugissant. Si cet Ă©pisode met en Ă©vidence le fait que les textes religieux ne s’avĂšrent pas toujours ĂȘtre le moyen de communication le plus appropriĂ© entre les hommes, les intentions du vieil homme sont pures et l’inefficacitĂ© de son discours sera compensĂ©e par la sincĂ©ritĂ© de ses priĂšres13. 9 Gaskell se montre en revanche beaucoup plus critique envers les personnages qui se permettent de citer la Bible sans ĂȘtre animĂ©s par un vĂ©ritable esprit de charitĂ© chrĂ©tienne. Il existe diffĂ©rents degrĂ©s de gravitĂ© dans ce sacrilĂšge Ă  l’encontre des Écritures. La forme la plus vĂ©nielle consiste Ă  recourir Ă  ces textes lorsqu’on est incapable d’exprimer une Ă©motion sincĂšre, ce qui revient Ă  les transformer en simples coquilles vides de sens comme le fait Dixon dans Libbie Marsh’s Three Eras » lorsque Libbie lui annonce la mort d’un jeune garçon auquel elle Ă©tait trĂšs attachĂ©e 14 Elizabeth Gaskell, ADark Night’s Work and Other Stories, Oxford The World’s Classics OUP, 1992, 1 ... “Well! flesh is grass,’ Bible says,” and having fulfilled the etiquette of quoting a text if possible, if not of making a moral observation on the fleeting nature of earthly things, she thought she was at liberty to pass on to her real errand14. 10Dans North and South, au contraire, la compassion que Margaret Ă©prouve pour Higgins la pousse Ă  convaincre son pĂšre – un ancien pasteur anglican – de ne pas lui lire un passage des Saintes Écritures 15 Elizabeth Gaskell, North and South, Harmondsworth Penguin Classics, 1986, 291. “I’ve a good mind to read him the fourteenth chapter of Job.”“Not yet, papa, I think. Perhaps not at all. Let us ask him about the strike, and give him all the sympathy he needs15”. 11En condamnant l’attitude de ses personnages qui citent la Bible sans Ă©prouver de charitĂ© chrĂ©tienne et en approuvant celle des personnages qui, malgrĂ© leur profonde piĂ©tĂ©, savent que les Écritures ne sont pas une sorte de panacĂ©e universelle qu’on pourrait utiliser sans faire preuve du moindre discernement, Gaskell semble partager la vision de saint Paul qui, dans la premiĂšre Ă©pĂźtre aux Corinthiens, place la charitĂ© chrĂ©tienne au-dessus de la foi et de l’espĂ©rance. 16 Voir Michael Wheeler, “Elizabeth Gaskell and Unitarianism”, Durham University Journal 68, 37, ... 17 Elizabeth Gaskell, North and South, op. cit., 202. 12Il existe une forme plus grave encore de sacrilĂšge envers les Écritures, lorsque les personnages qui y ont recours ne sont pas animĂ©s par l’indiffĂ©rence mais par la haine, pervertissant ainsi l’essence mĂȘme du message christique qui n’est, aux yeux de Gaskell, qu’amour et pardon. En outre, elle n’hĂ©site pas Ă  rejeter implicitement la validitĂ© de certains textes bibliques lorsque ceux-ci ne lui semblent pas en accord avec l’esprit du Nouveau Testament. Ainsi, dans ses deux romans sociaux, elle condamne les rĂ©fĂ©rences que font ses personnages Ă  la parabole du riche et de Lazare. Theophilus Lindsey – qui Ă©tait un des fondateurs de la pensĂ©e unitarienne et dont les sermons se trouvaient dans la bibliothĂšque des Gaskell – estimait que ce texte appartenait en rĂ©alitĂ© Ă  la tradition hĂ©braĂŻque et n’aurait pas dĂ» figurer dans le Nouveau Testament16 et Elizabeth Gaskell semble partager ce point de vue. Dans North and South, l’hĂ©roĂŻne critique l’attitude de Bessy Higgins lorsque cette derniĂšre fait preuve de discrimination sociale en s’appuyant sur ce texte “It won’t be division enough, in that awful day, that some of us have been beggars here, and some of us have been rich,—we shall not be judged by that poor accident, but by our faithful following of Christ”17. Dans Mary Barton, cette parabole est condamnĂ©e plus clairement encore car John Barton y fait sans cesse rĂ©fĂ©rence, alimentant ainsi sa haine envers les riches, une haine qui le poussera finalement Ă  commettre un meurtre. Elizabeth Gaskell n’hĂ©site pas Ă  contredire dans son roman le message de cette parabole puisque la rĂ©conciliation de John Barton et de Mr. Carson – le pĂšre de sa victime – est le moyen pour elle de combler ce gouffre qui, dans la Bible, sĂ©pare Dive et Lazare Ă  tout jamais. C’est ainsi que, au nom de l’esprit, Gaskell n’hĂ©site pas Ă  condamner la lettre de certains textes bibliques. 18 Elizabeth Gaskell, My Lady Ludlow and Other Stories, Oxford The World’s Classics, 1989, 30. 13“We, who make the laws ... may break the mere form of them”18 19 Ainsi, elle ne rejette pas seulement la parabole du riche et de Lazare mais Ă©galement les passages ... 14La foi des unitariens n’a guĂšre Ă©tĂ© Ă©branlĂ©e par la critique biblique parce qu’ils ne croyaient pas en la valeur littĂ©rale des Écritures, ce qui leur permettait d’adopter une certaine distance critique vis-Ă -vis des textes bibliques et de l’interprĂ©tation qu’il convenait d’en faire. Dans My Lady Ludlow, l’hĂ©roĂŻne Ă©ponyme s’accorde le droit de ne pas respecter les lois lorsqu’elles sont injustes et, dans une certaine mesure, l’attitude d’Elizabeth Gaskell Ă  l’égard des textes bibliques ressemble Ă  celle de son hĂ©roĂŻne Ă  l’égard du systĂšme lĂ©gislatif. Ainsi, malgrĂ© son respect pour les Écritures, elle n’hĂ©site pas Ă  indiquer, explicitement ou implicitement, sa prĂ©fĂ©rence pour les textes du Nouveau Testament plutĂŽt que de l’Ancien et Ă  rejeter les textes qui ne lui semblent pas conformes Ă  l’esprit du Nouveau Testament19. Elle peut parfois traiter cette opposition entre les deux Testaments sur le registre comique comme lorsque Sally refuse de laisser Mr. Benson punir Leonard pour avoir dit des mensonges 20 Elizabeth Gaskell, Ruth, op. cit., 169. “Sally ! remember where it is said, He that spareth the rod, spoileth the child,’” said Mr. Benson, austerely.“Ay, I remember; and I remember a bit more than you want me to remember, I reckon. It were King Salomon as spoke them words, and it were King Solomon’s son that were King Rehoboam, and no great shakes either. I can remember what is said on him, II Chronicles, xii. Chapter, 14th v. And he,’ that’s King Rehoboam, the lad that tasted the rod, did evil, because he prepared not his heart to seek the Lord.’ I’ve not been reading my chapters every night for fifty years to be caught napping by a Dissenter neither! ” said she triumphantly20. 15L’irrĂ©vĂ©rence dont Sally fait preuve envers son employeur et le registre quelque peu incongru qu’elle utilise pour faire rĂ©fĂ©rence aux personnages bibliques ont un effet comique, de mĂȘme que sa jubilation Ă  l’idĂ©e d’avoir prouvĂ© la supĂ©rioritĂ© de l’anglicanisme en remportant cette joute verbale contre un pasteur non-conformiste – Gaskell s’amuse d’ailleurs sans doute beaucoup de laisser ainsi le camp adverse remporter cette victoire contre un pasteur en qui beaucoup de critiques littĂ©raires ont voulu voir un pasteur unitarien. NĂ©anmoins, l’humour de ce passage ne doit pas nous empĂȘcher de noter que le caractĂšre inflexible des textes de l’Ancien Testament y est vivement critiquĂ© et le sera en rĂ©alitĂ© Ă  travers tout le roman. 21 Michael Wheeler, “Elizabeth Gaskell and Unitarianism”, op. cit., 157. 16Ce chapitre illustre l’efficacitĂ© de l’esprit de pardon du Nouveau Testament puisque Leonard sera touchĂ© par cet Ă©change et par les larmes de sa mĂšre et se repentira. Mais en rĂ©alitĂ©, c’est toute la structure de ce roman qui s’articule autour de cette opposition entre deux systĂšmes de valeur diffĂ©rents, l’un fondĂ© sur l’Ancien Testament et l’autre sur le Nouveau Testament en la recueillant malgrĂ© sa Chute, les Benson guideront Ruth sur le chemin de la RĂ©demption tandis que Mr. Bradshaw – qui incarne toute la sĂ©vĂ©ritĂ© de l’Ancien Testament – encouragera involontairement son fils Ă  devenir un hypocrite puis un escroc. À travers les intrigues, principale et secondaire, et Ă  travers ce dialogue entre Sally et Mr. Benson, c’est donc une leçon de lecture critique des Écritures que nous offre Gaskell. Dans The Sinner as Heroine A Study of Mrs Gaskell’s Ruth and the Bible », Michael Wheeler compare les techniques utilisĂ©es par la romanciĂšre aux paraboles bibliques “Mrs Gaskell’s use of the Abermouth landscape is reminiscent of Christ’s method of preaching in parables”21. De la mĂȘme façon, on peut considĂ©rer l’opposition entre le destin de Ruth, sauvĂ©e par l’esprit de charitĂ© chrĂ©tienne du RĂ©vĂ©rend Benson, et celui de Richard Bradshaw, que la sĂ©vĂ©ritĂ© paternelle n’aura pas prĂ©servĂ© du vice, comme une illustration de la supĂ©rioritĂ© de l’esprit du Nouveau Testament sur l’Ancien. 17Lorsque le Christ a commencĂ© Ă  prĂȘcher, il s’est heurtĂ© Ă  la rĂ©sistance des Pharisiens qui refusaient de renoncer Ă  leur vision du monde et de la religion, basĂ©e sur les textes de l’Ancien Testament et, dans une certaine mesure, Elizabeth Gaskell doit, elle aussi, s’efforcer de mettre fin au rĂšgne des Pharisiens de sa propre Ă©poque, mais cette fois c’est la Bible toute entiĂšre – et non les seuls textes de l’Ancien Testament – qui a Ă©tĂ© pĂ©trifiĂ©e par l’influence mortifĂšre de ceux qui n’en respectent que la lettre et non l’esprit. Comme dans la deuxiĂšme ÉpĂźtre aux Corinthiens, elle veut inscrire le christianisme non sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur les cƓurs » 2 Co. le cƓur de ses contemporains. Pour ce faire, elle peut, comme nous venons de le voir, illustrer par l’exemple les effets pervers de certains prĂ©ceptes de l’Ancien Testament ou bien encore obliger ses lecteurs Ă  Ă©tablir de nouveaux liens entre les Écritures et leur sociĂ©tĂ©. Ainsi, elle ne compare pas la prostituĂ©e Lizzie Leigh Ă  Marie-Madeleine mais au fils prodigue, ce qui remet indirectement en cause le double standard des victoriens. Elle se sert donc de l’autoritĂ© que les textes bibliques reprĂ©sentaient aux yeux de ses contemporains pour les obliger Ă  modifier leur perception du monde et Ă  reconnaĂźtre les injustices qui peuvent rĂ©gner dans leur sociĂ©tĂ©. 22 “Ruth’s heart was smitten, and she sank down, and down, till she was kneeling on the floor of the ... 23 “I have been thinking of evry holy word, every promise to the penitent – of the tenderness which l ... 24 “The errors of my youth may be washed away by my tears–it was once so when the gentle, blessed Chr ... 18 Le roman dans lequel elle se montre la plus rĂ©volutionnaire dans le choix de ses images et rĂ©fĂ©rences bibliques est probablement Ruth. Comme dans Lizzie Leigh », elle compare son hĂ©roĂŻne dĂ©chue au fils prodigue22 mais cette fois, elle ne renonce pas Ă  faire rĂ©fĂ©rence Ă  la figure de Marie-Madeleine. Le parallĂšle entre l’hĂ©roĂŻne Ă©ponyme et Marie-Madeleine apparaĂźt dĂšs l’ouverture du roman avec la citation en exergue du poĂšme de Phineas Fletcher, puis la figure de la pĂ©cheresse est Ă©voquĂ©e par Benson Ă  deux reprises23 ainsi que par l’hĂ©roĂŻne elle-mĂȘme24. Marie-Madeleine ne symbolise pas seulement les femmes dĂ©chues mais, de façon plus gĂ©nĂ©rale, les pĂ©cheurs repentis – et ce, quel que soit leur sexe – et Ruth semble si peu responsable de sa chute qu’on serait tentĂ© de l’associer plutĂŽt Ă  cette derniĂšre symbolique. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que Marie-Madeleine Ă©tait Ă©galement surnommĂ©e la bien-aimĂ©e du Seigneur et l’hommage que tous les paroissiens d’Eccleston rendent Ă  Ruth Ă  sa mort renforce l’idĂ©e d’une association avec une vision positive de Marie-Madeleine plutĂŽt qu’avec la figure de pĂ©cheresse. Cette vision reflĂšte d’ailleurs une Ă©volution gĂ©nĂ©rale dans la littĂ©rature de l’époque puisque, dans Madonnas and Magdalens, Eric Trudgill souligne que 1853 – l’annĂ©e oĂč Ruth a Ă©tĂ© publiĂ© – est un tournant dĂ©cisif dans la reprĂ©sentation de cette figure biblique 25 Eric Trudgill, Madonnas and Magdalens. The Origins and Development of Victorian Sexual Attitudes, ... By 1853 she was establishing herself as a feminine archetype almost equal to the Madonna, almost equally motherly, pure and inspirational. From representing the antithesis of the Victorians’ purity ideal the magdalen was fast becoming an essential constituant of it after the years as taboo she was quickly becoming totem25. 26 Voir Anna Jameson, Legends of the Madonna, London Longman, Green, 1867, xlviii. 27 Elizabeth Gaskell, Ruth, op. cit., 110. 28 Ibidem, 134. 29 Ibid., 137. 19Le personnage de Ruth est un parfait exemple de cette idĂ©alisation puisqu’elle incarne en rĂ©alitĂ© un syncrĂ©tisme des deux Marie, Marie-Madeleine et la Vierge Marie. Cette derniĂšre n’est jamais mentionnĂ©e explicitement dans le roman, mais il y est plusieurs fois fait rĂ©fĂ©rence de façon implicite. Le prĂ©nom de l’hĂ©roĂŻne renvoie Ă  un des personnages bibliques de l’Ancien Testament qui, selon Anna Jameson26, Ă©tait considĂ©rĂ©, dans la typologie victorienne, comme un des types de la Vierge parce qu’elle avait donnĂ© naissance Ă  Obed, le grand-pĂšre de David. Par ailleurs, le RĂ©vĂ©rend Benson utilise le terme d’avent27 pour dĂ©signer la future naissance de Leonard et, par la suite, le narrateur cite le vers 39 de On the Morning of Christ’s Nativity » lorsqu’il dĂ©crit cette naissance28 ; enfin, Leonard est dĂ©crit comme “her mysterious holy child”29. Le fait de comparer ainsi Leonard au Christ suggĂšre nĂ©cessairement une comparaison implicite entre Ruth et la Vierge. 30 Ce chiffre symbolique apparaĂźt plusieurs fois dans le rĂ©cit Benson – qui, au dĂ©but du rĂ©cit, est ... 31 Elizabeth Gaskell, Ruth, op. cit., 233. 20Gaskell ne se contente pas de faire de son hĂ©roĂŻne pĂ©cheresse une figure mariale purifiĂ©e par la naissance de son enfant, Ruth ne cesse de progresser sur la voie de la RĂ©demption jusqu’à devenir non plus une simple pĂ©cheresse repentie mais une figure christique. Pure et naĂŻve au dĂ©but du roman, il lui fallait faire l’expĂ©rience du pĂ©chĂ© afin d’accĂ©der Ă  une forme d’innocence supĂ©rieure Ă  cette innocence prĂ©lapsarienne. C’est Ă  ce moment du rĂ©cit qu’il lui faut de nouveau affronter la tentation en retrouvant son sĂ©ducteur. Les moments et les lieux oĂč se dĂ©roulent ces retrouvailles sont trĂšs symboliques. Lorsqu’elle retourne Ă  l’église pour la premiĂšre fois aprĂšs l’avoir revu, c’est un 25 septembre, date Ă  laquelle on lit, pour la troisiĂšme fois de l’annĂ©e30, le vingt-sixiĂšme chapitre de l’Évangile selon saint Matthieu. AprĂšs avoir endurĂ© une souffrance insoutenable, Ruth trouve finalement la paix en voyant une gargouille dont les traits expriment Ă  la fois une souffrance infinie et une foi absolue “And when they prayed again, Ruth’s tongue was unloosened, and she could also pray, in His name who underwent the agony in the garden”31. 32 Ibidem, 243. 21Les chapitres 23 et 24 sont structurĂ©s autour de la parabole des deux maisons, construites sur le sable et le roc. Dans le premier de ces chapitres, lorsque Ruth revoit Bellingham pour la premiĂšre fois, le sable semble se dĂ©rober sous ses pieds ; le soir venu, lorsqu’elle prie Dieu de la dĂ©livrer de la tentation, elle cite le passage des Psaumes qui compare Dieu Ă  un roc Ps et, dans le chapitre suivant, lorsqu’elle retrouve Bellingham, la rencontre a lieu sur le sable, Ă  quelque distance des rochers. La parabole des deux maisons se trouve Ă  la fois dans l’Évangile selon saint Matthieu Mt et dans l’Évangile selon saint Luc Lc Dans l’Évangile selon saint Matthieu, la maison bĂątie sur le sable est dĂ©truite par un orage, or, un violent orage a lieu lors de la nuit qui suit les premiĂšres retrouvailles de Ruth et Bellingham, mais la maison de Ruth est bĂątie sur le roc et non sur le sable et cet orage ne l’anĂ©antira donc pas. Forte de sa foi en un Dieu qu’elle perçoit comme son roc et sa forteresse, Ruth choisira d’affronter son sĂ©ducteur sur la plage oĂč elle l’a revu pour la premiĂšre fois. Cette fois, le sable est dur32 et ne se dĂ©robe plus sous ses pieds et elle parviendra Ă  trouver refuge auprĂšs des rochers qui ne lui semblent, dĂ©sormais, plus hors d’atteinte. 33 Des quatre Évangiles, c’est celui auquel Elizabeth Gaskell fait le plus souvent rĂ©fĂ©rence dans Rut ... 22Dans l’Évangile selon saint Luc33, ce n’est pas un orage mais un torrent en crue qui dĂ©truit la maison bĂątie sur le sable. Cette image peut sembler moins appropriĂ©e dans le passage qui nous intĂ©resse, nĂ©anmoins l’image du torrent est bien prĂ©sente dans le roman ; en effet, dans le chapitre 8, lorsqu’elle comprend que Bellingham l’a abandonnĂ©e, Ruth envisage de se jeter dans un torrent. Elle y puisera finalement de l’eau pour apaiser les souffrances de Benson, tombĂ© alors qu’il tentait de la suivre pour la rĂ©conforter, mais le fait qu’elle ait songĂ© Ă  se noyer montre que les fondations sur lesquelles repose sa foi ne sont pas encore assez solides pour qu’elle puisse, seule, prĂ©server sa vie et son Ăąme. Benson, qui l’a auparavant aidĂ©e Ă  rejoindre la rive quand elle semblait prisonniĂšre des eaux, sera le guide spirituel qui l’aidera Ă  affermir sa foi et bĂątir sa nouvelle maison sur le roc et non plus le sable. 23L’utilisation de la parabole des deux maisons n’a en soi rien de dĂ©stabilisant ou provocateur mais Gaskell souligne ainsi implicitement la supĂ©rioritĂ© de la foi sur les conventions sociales puisque Ruth trouve refuge auprĂšs des rochers aprĂšs avoir refusĂ© d’épouser son sĂ©ducteur. Bellingham dĂ©crit ce mariage comme un moyen lĂ©gitime et sacrĂ© d’obtenir de grands avantages pour son fils et pour elle-mĂȘme mais son discours ne fait que rĂ©vĂ©ler l’usage pervers qui peut ĂȘtre fait du terme sacrĂ© et l’hypocrisie d’une sociĂ©tĂ© qui serait sans doute prĂȘte Ă  accepter Ruth en son sein si elle Ă©pousait son riche et puissant sĂ©ducteur sans tenir compte de ses valeurs morales, alors qu’elle sera rejetĂ©e quelque temps aprĂšs, une fois sa faute dĂ©couverte. Il ne fait aucun doute que Gaskell approuve le choix de son hĂ©roĂŻne et c’est aprĂšs avoir ainsi prouvĂ© que sa maison Ă©tait bĂątie sur le roc que Ruth accĂšdera au statut de figure christique dans le roman. 24 AprĂšs avoir connu, comme le Christ, l’agonie de la tentation, Ruth commencera son chemin de croix, victime des persĂ©cutions des Pharisiens d’Eccleston, et en particulier de Bradshaw qui incarne l’inflexibilitĂ© de la loi mosaĂŻque. Certains critiques littĂ©raires ont reprochĂ© Ă  Gaskell de faire mourir son hĂ©roĂŻne Ă  la fin du roman et de lui infliger ainsi le chĂątiment habituel des pĂ©cheresses repenties dans les romans victoriens, dont le destin se rĂ©sume le plus souvent Ă  un exil ou une mort pieuse et pathĂ©tique. Cependant, la romanciĂšre ne semble pas envisager la mort de Ruth comme une punition pour son pĂ©chĂ© de jeunesse mais plutĂŽt comme un aboutissement. Lorsqu’elle veille sur les victimes de l’épidĂ©mie Ă  laquelle elle finira elle-mĂȘme par succomber, elle ne se contente pas d’apaiser leurs souffrances physiques mais semble Ă©galement avoir le pouvoir de guĂ©rir leur Ăąme 34 Ibid., 321. She did not talk much about religion; but those who noticed her knew that it was the unseen banner which she was following. The low-breathed sentences which she spoke into the ear of the sufferer and the dying carried them upwards to God34. 25En outre, la romanciĂšre prend explicitement la dĂ©fense de son hĂ©roĂŻne par l’intermĂ©diaire d’un de ses personnages 35 Ibid., 351. “Such a one as her has never been a great sinner; nor does she do her work as a penance, but for the love of God, and of the blessed Jesus. She will be in the light of God’s countenance when you and I will be standing afar off. I tell you, man, when my poor wench died, as no one would come near, her head lay at that hour on this woman’s sweet breast. I could fell you [
] for calling that woman a great sinner. The blessing of them who were ready to perish is upon her”35. 26Dans Victorian Types, Victorian Shadows, George P. Landow cite un passage des sermons de Henry Melville qui compare le rocher frappĂ© par MoĂŻse au Christ, qui ne pouvait devenir le Sauveur des hommes qu’aprĂšs avoir Ă©tĂ© frappĂ© par la Loi et cette interprĂ©tation typologique nous permet d’envisager les souffrances de Ruth et sa mort comme un sacrifice christique et non comme un chĂątiment. En effet, c’est aprĂšs avoir subi le courroux de Mr. Bradshaw – incarnation de la Loi – que Ruth commence Ă  Ă©tendre son influence bĂ©nĂ©fique Ă  l’ensemble de la communautĂ© et non plus seulement au cercle restreint qu’elle frĂ©quentait auparavant. Lors de son enterrement, le RĂ©vĂ©rend Benson lit un passage de l’Apocalypse qui reprend cette image de la fontaine d’eau, ainsi que celle des larmes versĂ©es par les pĂ©cheurs “For the Lamb which is in the midst of the throne shall feed them, and shall lead them unto living fountains of waters, and God shall wipe away all tears from their eyes.”Et lorsque Mr. Bradshaw rencontre Leonard sur la tombe de Ruth, il ne peut retenir ses propres larmes ; le Pharisien devient alors pĂ©cheur repenti et se rend chez les Benson avec qui il s’était brouillĂ© lorsqu’il avait appris que Ruth n’était pas une veuve respectable mais une femme dĂ©chue. Le poĂšme en exergue annonçait les larmes de Ruth et le roman se conclut sur les larmes de Bradshaw, converti par la mort de la jeune femme Ă  la CharitĂ© chrĂ©tienne. Nous assistons donc ainsi Ă  un parfait retournement de situation au cours du roman, Ruth, qui est souvent associĂ©e au monde pastoral – et donc, dans une certaine mesure, au Paradis terrestre – a, comme Ève, connu la Chute, devenant ainsi Marie-Madeleine avant de se transformer en Marie, la nouvelle Ève et, finalement en Christ, le RĂ©dempteur qui a sacrifiĂ© sa vie pour sauver les hommes du pĂ©chĂ© originel, tandis que Bradshaw, qui se croyait le gardien des valeurs chrĂ©tiennes et voulait chasser la pĂ©cheresse de la communautĂ© des Élus, sera, par ses larmes associĂ© Ă  la figure de Marie-Madeleine, symbole des pĂ©cheurs repentis. 36 Voir Ruth Watt, Gender, Power and the Unitarians in England, 1760-1860, London and New York Longm ... 27FascinĂ©s par la typologie biblique, les Victoriens ne se contentaient pas d’accepter le principe de réécriture des textes sacrĂ©s au sein de la Bible elle-mĂȘme, ils appliquaient sans hĂ©siter les symboles typologiques Ă  la littĂ©rature profane ; on pourrait ainsi dire que l’Ɠuvre d’auteurs comme Elizabeth Gaskell visait Ă  concilier Ă©criture et Écritures puisque celles-ci sont trĂšs prĂ©sentes dans son Ɠuvre, que ce soit sous la forme de citations, d’allusions implicites, d’influence stylistique ou de réécriture. L’utilisation que fait la romanciĂšre des textes bibliques pouvait ne pas toujours sembler trĂšs orthodoxe Ă  ses contemporains mais cela s’explique sans doute par son Ă©ducation unitarienne. En effet, ces derniers ne croyaient pas Ă  la valeur littĂ©rale des textes bibliques et on peut imaginer que le fait de s’intĂ©resser essentiellement Ă  la valeur symbolique de ces textes permettait Ă  Gaskell de se sentir plus libre dans la façon dont elle choisissait d’utiliser ces symboles pour transmettre sa vision du christianisme Ă  ses lecteurs. En outre, comme leur nom l’indique, les unitariens ne croyaient pas en la TrinitĂ© ; pour eux, le Christ Ă©tait un homme, de sorte qu’il leur Ă©tait plus facile d’envisager que des ĂȘtres humains – ou des personnages de fiction – puissent s’efforcer d’imiter la perfection christique et, comme ils ne croyaient pas davantage au pĂ©chĂ© originel36, ils ne considĂ©raient pas les femmes comme plus coupables ou plus faibles que les hommes, ce qui explique sans doute que Gaskell n’ait pas hĂ©sitĂ© Ă  faire de plusieurs de ses personnages fĂ©minins des figures christiques. Top of page Bibliography ANONYME, “The Hard Church Novel” The National Review, vol. III, July and October 1856, 127-46. ANONYME, “Religious Stories”, Frazer’s Magazine vol. XXXIII, August 1846, 150-66. ANONYME, “Low Church Novels and Tendencies”, The Christian Remembrancer, vol. VI, July-December 1843, 518-38. BUNYAN John, The Pilgrim’s Progress, Oxford The World’s Classics OUP, 1998. 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] old and dear companions—brethren indeed of one blood; not always agreeing, to be sure; squabbling rather in true brotherly fashion, now and then; occasionally falling out very seriously and bitterly; but still interdependent and necessary to each other” Edward Mortimer Chapman, English Literature and Religion, 1800-1900, London Constable, 1910, 1. 2 Voir “The Hard Church Novel”, The National Review, vol. III, July and October 1856, 131. 3 Voir par exemple, Coelebs in Search of a Wife 1808 de Hannah More ou The Velvet Cushion 1814 du RĂ©vĂ©rend J. W. Cunningham. 4 Aussi, l’auteur de “Religious Stories” souligne-t-il le rĂŽle prĂ©pondĂ©rant jouĂ© par les femmes dans le dĂ©veloppement de ce nouveau genre littĂ©raire, ce dont il semble d’ailleurs se fĂ©liciter “For ladies who are disposed to mingle in religious controversy the story-book seems a very appropriate medium; and of the literature which we are now surveying, a large portion–we may add, the best portion–has been contributed by female writers” “Religious Stories”, Frazer’s Magazine vol. XXXIII, August 1846, 151. Dans son article intitulĂ© “Silly Novels by Lady Novelists”, George Eliot note Ă©galement l’abondance de fiction religieuse due Ă  une plume feminine, mais elle n’est, en revanche, guĂšre convaincue du talent de ces prĂ©dicateurs en jupons “The most pitiable of all silly novels by lady novelists are what we may call the oracular species–novels intended to expound the writer’s religious, philosophical, or moral theories. . . . as a general rule, the ability of a lady novelist to describe actual life and her fellow-men is in inverse proportion to her confident eloquence about God and the other world, and that means by which she chooses to conduct you to true ideas of the invisible is a totally false picture of the visible”, George Eliot, “Silly Novels by Lady Novelists”, inSelected Essays, Poems and Other Writings, Harmondsworth Penguin Classics, 1990, 148-149. 5 On leur reprochait souvent de ne pas ĂȘtre de vĂ©ritables chrĂ©tiens, comme le souligne William Gaskell dans “Strong Points of Unitarian Christianity”, “in one respect at least we resemble the first disciples–weare a sect everywhere spoken against’.” Il reprend ici les propos de Joseph Priestley qui faisait allusion Ă  l’intolĂ©rance dont Ă©taient victimes les premiers chrĂ©tiens Actes 6 Voir, par exemple, l’article “Low-Church Novels and Tendencies”, dont l’auteur constate la mĂ©diocritĂ© de la plupart des romans religieux Ă©vangĂ©liques et tractariens “Its faults of structure, the one-sidedness of the arguments, and their very unreal character, as details of what never was, or could be conceivably, said in the defence or attack of certain theological views–the undramatic and slender texture of the plot, are venial faults, in which perhpas it is hardly worse than many similar fictions on the other side of the dispute” “Low Church Novels and Tendencies”, The Christian Remembrancer, vol. VI, July-December 1843, 521-522. Non content de considĂ©rer ces imperfections littĂ©raires comme de simples peccadilles, il va mĂȘme jusqu’à voir en elles un gage de la valeur spirituelle de ces Ɠuvres car, Ă  ses yeux, leur influence morale est inversement proportionnelle Ă  l’intĂ©rĂȘt que les personnages et l’intrigue peuvent susciter chez leurs lecteurs. Si on pouvait ĂȘtre tentĂ© d’attribuer la sĂ©vĂ©ritĂ© du jugement que George Eliot porte sur ces romans Ă  son apostasie, l’attitude de l’auteur de “Low-Church Novels and Tendencies” – dont les convictions religieuses ne font aucun doute – confirme donc le bien-fondĂ© des critiques de la romanciĂšre. 7 On trouve deux rĂ©fĂ©rences Ă  ce texte, publiĂ© dans le Sunday Penny School Magazine en 1852, dans la correspondance de Gaskell “Bessy’s troubles’ rather good for nothing”,Elizabeth Gaskell, The Letters of Mrs Gaskell, Manchester Mandolin, 1997, 365. “The children who like Bessy’s Troubles are great geese, & no judges at all, which children generally are, for it is complete rubbish I am sorry to say”, ibidem, 854. 8 Voir par exemple sa confĂ©rence sur le hĂ©ros en tant qu’homme de lettre “the Hero as Man of Letters will be found discharging a function for us which is ever honourable, ever the highest . . . Intrinsically it is the same function which the old generations named a man Prophet, Priest, Divinity for doing” Thomas Carlyle, On Heroes, Hero-Worship and the Heroic in History, Lincoln/London University of Nebraska Press, 1966, 155-156. 9 Voir son autobiographie “The writer of stories must please or he will be nothing. And he must teach whether he wishes to teach or no. How shall he teach lessons of virtue and at the same time make himself a delight to his readers? That sermons are not in themselves often thought to be agreeable we all know. Nor are disquisitions on moral philosophy supposed to be pleasant light reading for our idle hours. But the novelist, if he have a conscience, must preach his sermons with the same purpose as the clergyman, and must have his own system of ethics” Anthony Trollope, An Autobiography, Harmondsworth Penguin Classics, 1996, 143. 10 Elizabeth Gaskell ne fait que peu de rĂ©fĂ©rences Ă  son propre travail de romanciĂšre dans sa correspondance mais il semble cohĂ©rent d’appliquer certains de ses commentaires sur la vocation de Charlotte BrontĂ« Ă  son propre cas “a woman’s principal work in life is hardly left to her own choice; nor can she drop the domestic charges devolving on her as an individual, for the exercise of the most splendid talents that were ever bestowed. And yet she must not shrink from the extra responsibility implied by the very fact of her possessing such talents. She must not hide her gift in a napkin; it was meant for the use and service of others. In an humble and faithful spirit must she labour to do what is not impossible, or God would not have set her to do it” Elizabeth Gaskell, The Life of Charlotte BrontĂ«, London Everyman, 1997, 257-258. 11 Voir, par exemple, le passage qui concerne la mort des parents de Ruth “God in His mercy knew the sure baulm, and sent the Beautiful Messenger to take the weary one home” Elizabeth Gaskell, Ruth, Harmondsworth Penguin Classics, 1997, 34. 12 John Bunyan, The Pilgrim’s Progress, Oxford The World’s Classics OUP, 1998, 134. 13 “The poor old labourer prayed long and earnestly that night for Ruth. He called it wrestling for her soul’; and I think that his prayers were heard, for God judgeth not as man judgeth’” Elizabeth Gaskell, Ruth, op. cit,45. Ses priĂšres peuvent sembler inefficaces aux yeux des hommes puisque, quelques heures plus tard, Ruth sera sĂ©duite par Bellingham, mais le roman est consacrĂ© Ă  sa rĂ©demption et le salut de son Ăąme ne fait aucun doute dans les derniĂšres pages, de sorte qu’on peut affirmer, sans hĂ©sitation, que les priĂšres de Thomas ont bien Ă©tĂ© entendues. 14 Elizabeth Gaskell, ADark Night’s Work and Other Stories, Oxford The World’s Classics OUP, 1992, 188. 15 Elizabeth Gaskell, North and South, Harmondsworth Penguin Classics, 1986, 291. 16 Voir Michael Wheeler, “Elizabeth Gaskell and Unitarianism”, Durham University Journal 68, 37, June 1976. 17 Elizabeth Gaskell, North and South, op. cit., 202. 18 Elizabeth Gaskell, My Lady Ludlow and Other Stories, Oxford The World’s Classics, 1989, 30. 19 Ainsi, elle ne rejette pas seulement la parabole du riche et de Lazare mais Ă©galement les passages qui dĂ©crivent l’attitude du Christ lorsqu’il renie ses liens de parentĂ© avec sa mĂšre et ses frĂšres Mt ; Mc ; Lc “That text always jarred against me, that who is my mother and my brethren’“ Elizabeth Gaskell, The Letters of Mrs Gaskell, op. cit., 319. 20 Elizabeth Gaskell, Ruth, op. cit., 169. 21 Michael Wheeler, “Elizabeth Gaskell and Unitarianism”, op. cit., 157. 22 “Ruth’s heart was smitten, and she sank down, and down, till she was kneeling on the floor of the pew, and speaking to god in th spirit if not in the words of the Prodigal Son” Elizabeth Gaskell, Ruth, op. cit., 129. 23 “I have been thinking of evry holy word, every promise to the penitent – of the tenderness which led the Magdalena right” ibidem, 100. “Now I wish God would give me the power to speak out convincingly what I believe to be His truth, that not every woman who has fallen is depraved; that many–how many the Great Judgement Day will reveal to those who have shaken off the poor, sore, penitent hearts on earth–many, many crave and hunger after a chance of virtue–the help which no man gives to them–that gentle, tender help which Jesus gave once to Mary Magadalen” ibid., 288. 24 “The errors of my youth may be washed away by my tears–it was once so when the gentle, blessed Christ was on earth” ibid., 288. 25 Eric Trudgill, Madonnas and Magdalens. The Origins and Development of Victorian Sexual Attitudes, London Heinemann, 1976, 289. 26 Voir Anna Jameson, Legends of the Madonna, London Longman, Green, 1867, xlviii. 27 Elizabeth Gaskell, Ruth, op. cit., 110. 28 Ibidem, 134. 29 Ibid., 137. 30 Ce chiffre symbolique apparaĂźt plusieurs fois dans le rĂ©cit Benson – qui, au dĂ©but du rĂ©cit, est Ă©galement associĂ© Ă  la figure christique – loge pour la troisiĂšme fois chez Mrs. Hugues lorsqu’il rencontre Ruth et il veille sur cette derniĂšre pendant trois jours avant l’arrivĂ©e de sa sƓur. Ruth travaille chez Bradshaw pendant trois ans avant que ce dernier ne dĂ©couvre sa faute et la chasse. Enfin, l’hĂ©roĂŻne meurt au troisiĂšme jour de sa maladie et Mr. Donne alias Bellingham se rend Ă  son chevet trois jours aprĂšs sa mort. 31 Elizabeth Gaskell, Ruth, op. cit., 233. 32 Ibidem, 243. 33 Des quatre Évangiles, c’est celui auquel Elizabeth Gaskell fait le plus souvent rĂ©fĂ©rence dans Ruth. 34 Ibid., 321. 35 Ibid., 351. 36 Voir Ruth Watt, Gender, Power and the Unitarians in England, 1760-1860, London and New York Longman, of page References Bibliographical reference Benjamine Toussaint-Thiriet, “Car la Lettre tue mais l’Esprit vivifie une relecture des textes bibliques selon Elizabeth Gaskell”, Revue LISA/LISA e-journal, Vol. V - n°4 2007, 154-169. Electronic reference Benjamine Toussaint-Thiriet, “Car la Lettre tue mais l’Esprit vivifie une relecture des textes bibliques selon Elizabeth Gaskell”, Revue LISA/LISA e-journal [Online], Vol. V - n°4 2007, Online since 08 October 2009, connection on 27 August 2022. URL DOI of page