6 "Je m'isole, je ne fais pas tout ce dont je suis capable au travail parce que rien ne m'intéresse. Je me dévalorise sur le ton de la plaisanterie. Aujourdhui, nombreux sont les exemples de personnalités musicales qui s’expriment sur la société qui les entoure. Cependant malgré le fait que ce ne soit pas un phénomène récent, on peut essayer de comprendre pourquoi les artistes s’engagent, ce que cela signifie et si c’est une bonne chose ou non. Aujourdhui il est courant que dans un ordinateur ce que l’on appelle le processeur ne soit en fait qu’une combinaison de plusieurs processeurs. On parle toujours d’un processeur mais pour les processeurs qui le compose on parle alors de cœurs (Core en anglais). Dans le vocabulaire courant on dira qu’1 processeur est constitué de 2, 4, 8, cœurs. D’où les mentions en Toutce qui n'est pas exprimé s'imprime biologiquement. La maladie n'est pas un hasard, elle à un sens. Cordialement Annie Xavier. Répondre. Adresse e-mail Nom Site internet Votre réponse Votre réponse sera révisée par les administrateurs si besoin. Le lundi, 3 octobre 2016, 0h05 à 0h05, Cuisine a dit : Bonjour , voila , j'ai 48 ans , je m'appelle Stephanie .Ma vie Ilne s’agit pas seulement d’un résultat de la radicalisation en cours, à laquelle il serait absurde d’imaginer que des femmes ne participent pas, mais également des contradictions du système : pour beaucoup de gens, le fait de payer l’impôt conditionne encore l’exercice de la citoyenneté, comme en 1789-1792 ; les femmes, du moins quand elles sont veuves (et selon la Selonla médecine chinoise, les sentiments ont une influence sur nos organes, en excès, ses sentiments peuvent nous blesser physiquement - Les relations entre sentiments et organes : Tout ce qui ne s’exprime pas s’imprime! » Corps à Coeur est un lieu où les messages du corps sont écoutés et pris en compte. Le corps n’est pas juste un « instrument » ou un « Etpar dessus tout, n’oubliez pas qu’en vous écoutant, pas votre tête, mais votre coeur, vous arriverez a savoir exactement ce qui est BON et JUSTE pour vous sur l’instant. Unerévolution en marche. General Motors a déjà annoncé en janvier 2021 son intention de ne plus construire d'ici à 2035 de voitures à émissions polluantes, même si le groupe ne s'est pas Tout ce qui ne s’exprime pas s’imprime. Tout ce qui s’imprime cherche à un moment ou à un autre à s’exprimer. » 25. Vos émotions doivent s’exprimer ; si elles restent bloquées en vous, elles vont contribuer à générer du stress, voire à vous rendre malade. Certaines expressions populaires illustrent bien cette notion comme Pg33. Home/citation/Sachant que tout ce qui ne s’exprime pas s’imprime, il est souhaitable de favoriser l’expression au- Salomé Jacques Sachant que tout ce qui ne s’exprime pas s’imprime, il est souhaitable de favoriser l’expression au-delà de l’émotion, ou du retentissement. Cette pratique permettra d’éviter quelques somatisations, du stress et de l’ travailler heureux 1999Citations de Jacques SaloméJacques Salomé Autres citations Dans un article paru en octobre 2014 à l’occasion de la sortie en salles aux Etats-Unis de Dear White People texte traduit et publié sur ce site au moment de la sortie du film en France, Stephen Kearse pose d’entrée que La plus grande puissance du racisme est sa capacité à simplifier radicalement le monde », à rendre celui-ci univoque ». La tâche fondamentale de tout travail antiraciste consiste alors selon lui à contester et [à] saper cette simplicité artificielle, en exposant la complexité implacable du monde ».L’étude du terme racisé-e » et de ses usages permet justement de mettre à jour à la fois la manière dont les simplifications et réductions du racisme imprègnent l’antiracisme même, mais aussi comment le vocabulaire antiraciste – et plus particulièrement ce terme – peut être porteur de complexifications et de clarifications politiques salutaires. C’est toute l’ambigüité des usages du mot racisé-e » dont nous aimerions ici l’origine utilisé par les universitaires et chercheurs en sciences sociales, le terme connait ces dernières années un succès croissant dans les cercles militants antiracistes surtout parisiens. Il désigne les personnes noires, arabes, rroms, asiatiques, musulmanes, etc. renvoyées à une appartenance réelle ou supposée à un groupe ayant subi un processus à la fois social et mental d’altérisation sur la base de la race. Les racisé-e-s » sont celles et ceux qui appartiennent réellement ou non aux groupes ayant subi un processus de racisation ».Centralité de la raceEn renvoyant au processus social et mental de construction des groupes racisés », le terme a le mérite évident d’insister sur le caractère socialement construit à la fois des différences, mais aussi de leur essentialisation. L’accent est mis sur le fait que la race n’a pas le statut de catégorie objective, mais fait référence à une idée construite, qui n’a pas de réalité dans l’ordre biologique ». Elle est un effet de l’activité de catégorisation et de représentation des personnes[1] ». Voilà qui bat en brèche les discours visant à nier par exemple l’existence d’un racisme antimusulmans islamophobie ou antijuifs antisémitisme sous prétexte que ces groupes ne seraient pas des races ».Placer la race au centre du discours politise la question raciale et rompt avec l’antiracisme moral et le discours colorblind. Car le langage dominant aujourd’hui autour des questions raciales est typiquement celui d’un déni de la race » rappelle Adia Harvey Wingfield dans un article au titre évocateur Si vous ne voyez pas la race, comment pourriez-vous voir l’inégalité raciale ? ». S’appuyant sur les travaux de sociologues, elle affirme que les mécanismes qui reproduisent les inégalités raciales sont devenus plus cachés et obscurs que ce qu’ils étaient pendant l’ère de la ségrégation ouverte et légale ». Le langage du racisme explicite a cédé la place à un discours du déni de la race. »Le terme racisé-e » permet de rompre avec ce refus de prendre publiquement au sérieux la race, refus qui n’obéit ni à un manque ou à une cécité, mais permet justement de reconduire les discriminations et hiérarchies raciales. Quand on aperçoit dans son immédiateté le contexte colonial, écrivait Fanon dans Les damnés de la terre, il est patent que ce qui morcelle le monde, c’est d’abord le fait d’appartenir ou non à telle ou telle espèce, à telle race[2]. » Le terme racisé-e-s » exprime l’idée selon laquelle les conditions mêmes d’existence des racisé-e-s » continuent aujourd’hui d’être déterminées dans une très large mesure par la race et le blanc et racisme anti-blancs »En encourageant une compréhension structurelle du racisme comme système qui institutionnalise une distribution inégale des ressources et du pouvoir entre personnes blanches et personnes » Robin DiAngelo, le terme » met l’accent sur l’existence d’une barrière raciale en montrant bien qui se trouve du bon côté de celle-ci celles et ceux qui ne sont justement pas comme », à savoir les et celles et ceux qui le condition toutefois de ne pas reconduire les essentialisations que l’on prétend combattre. Car les structures sont faites de personnes » et nous sommes tou-te-s impliqué-e-s[3] ». Une focalisation trop grande sur un racisme structurel mal compris peut nous conduire au final a réassigner et renforcer les positions, catégories et hiérarchies du racisme même, idée qu’exprimait clairement Edward Said dans L’Orientalisme Quand on utilise des catégories telles qu’“Oriental” et “Occidental” à la fois comme point de départ et comme point d’arrivée pour des analyses, des recherches, pour la politique, cela a d’ordinaire pour conséquence de polariser la distinction l’Oriental devient plus oriental, l’Occidental plus occidental[4] […] ».C’est pourquoi les Blancs dont nous parlons ici se trouvent être ceux qui bénéficient du privilège blanc[5]. Un privilège qui ne peut être appréhendé que de manière relationnelle, c’est-à-dire en comparaison avec les discriminations racistes que subissent les » discriminations pour les uns signifie immanquablement avantages pour les problème évident de cette acception qui définit de manière négative les » vis-à-vis de la norme – la blanchité – est justement de garder sans le nommer les Blancs comme référence. C’est pourtant, comme on vient de le voir, la manière la plus directe et immédiatement compréhensible de montrer que la structure des privilèges est déterminée par la suprématie blanche. Et c’est aussi d’une certaine manière prendre à la lettre la prétention des Blancs à être la mis sur la dimension structurelle – et bien comprise – du racisme qu’induit le terme » permet en outre de neutraliser de manière efficace le discours sur l’existence d’un racisme anti-blancs », discours conditionné par une compréhension du racisme en termes exclusivement moraux et individuels le racisme est l’œuvre de mauvaises personnes qui manifestent volontairement une hostilité envers d’autres personnes. Malcolm X relevait déjà que poser la question raciale en ces termes n’était tout simplement pas la bonne manière d’appréhender l’existence du racisme structurel. C’en était même la mot réservé à une élite militante et universitaire?Si comme on vient de le voir les avantages à utiliser le terme de » sont nombreux, ses usages ne sont pas dépourvus d’ambigüités et présentent quelques défauts majeurs. Le premier tient évidemment à l’origine même d’un terme qui ne provient ni du langage quotidien des », etc., ni même de la pratique militante, mais bien du lexique pêché originel élitiste » semble devoir marquer les usages mêmes du mot. A titre personnel nous l’avons utilisé à plusieurs reprises sur ce site et avons du l’expliciter presque autant de fois aux » qui nous disaient ne pas en comprendre la signification. Expliquer à celles et ceux qui sont par un terme ce que le terme signifie n’est pas banal. Cela tient sans doute davantage au caractère récent du mot qu’à sa difficulté intrinsèque avec un minimum de bagage sur le racisme, sans être forcément un expert, on peut comprendre ce qu’il signifie ou du moins à quoi il renvoie d’ pourrait d’ailleurs en dire autant des mots race » ou blancs » par exemple, que beaucoup y compris dans nos communautés répugnent encore à utiliser… surtout face à des Blancs. L’utilisation du mot » n’a d’ailleurs de sens que dans une discussion sur le racisme qui mêle les Blancs. C’est là tout son intérêt, en même temps que sa limite le mot ne désignant que le résultat d’un processus que nous connaissons depuis l’enfance, l’employer entre nous est assez des chaussures trop petites Etre noir en Amérique, c’est comme être obligé de porter des chaussures trop petites. Certains s’adaptent. C’est toujours très inconfortable, mais il faut les porter parce que c’est les seules que nous avons. Ça ne veut pas dire qu’on aime ça. Certains en souffrent plus que d’autres. Certains arrivent à ne pas y penser, d’autres non. Quand je vois un Noir docile, un autre militant, je me dis qu’ils ont une chose en commun des chaussures trop petites[6]. »Ces lignes extraites du passionnant livre d’entretiens de Studs terkel, Race, Histoires orales d’une obsession américaine, disent bien la réalité du vécu racial nous » portons des chaussures trop petites. Autrement dit, nous devons composer toute notre existence avec le racisme. Pour autant, nous ne sommes pas à la même enseigne. Loin s’en le terme racisé-e-s » recouvre des situations multiples, souvent éloignées les unes des autres, en raison des spécificités de l’histoire migratoire en France. Celle-ci, rappelle Saïd Bouamama, est à la fois un héritage imprévu de la colonisation et une production de la mondialisation capitaliste, dont un des ressorts importants est la bipolarisation inégale Nord-Sud ». Bouamama poursuit Cette double source d’héritage et de production du présent conduit à une structuration en couche des Noirs et des Arabes de France sans-papiers, immigrés avec une carte d’un an renouvelable, immigrés avec une carte de dix ans, Français issus de la colonisation[7]. »C’est bien cette hétérogénéité que masque certains usages du terme » puisque le mot peut désigner tout à la fois des récemment en France, que des ou ici depuis des générations. Aussi bien un sans-papier » comorien qu’un étudiant marocain issu d’un milieu bourgeois venu faire ses études en les » portent bel et bien des chaussures trop petites, doivent composer avec des chaussures légèrement inconfortables et d’autres avec des souliers bien plus douloureux. Un ami résumait cela par une formule saisissante se plaignent du plafond de verre, d’autres de la rugosité du sol. »Exposer la complexité implacable du monde… tout en gardant le capAujourd’hui, la race remplit vis-à-vis des Arabes, Rroms, Asiatiques et qui vivent en France sa fonction d’instrument de domination et de catégorisation avec une complexité croissante. Si la conscience du racisme semble être bien plus aigüe de nos jours, ses manifestations se font parfois plus subtiles, ce qui nécessite en retour une attention redoublée. C’est cette attention – nécessairement intersectionnelle – qui doit guider nos usages du terme ».Utilisé avec discernement, sans fétichisme, le terme apparait comme un outil de plus à notre disposition, dont l’utilité est non seulement rhétorique mais aussi politique. La catégorie de », qui renvoie à des expériences communes à travers le processus commun de racisation », a le mérite 1 de sortir de l’essentialisation, 2 de rompre avec un universalisme abstrait et pesant en reflétant au mieux nos subjectivités, et 3 de ne pas emprunter au lexique de l’extrême-droite Français de souche », etc. pour parler de en gardant à l’esprit qu’il existe des différences à la fois entre les groupes qui subissent le racisme, mais aussi en leur sein, la catégorie de » exprime l’idée selon laquelle, nous le répétons, les groupes racisés » sont tous soumis au même processus de racisation ». Un processus qui d’une certaine manière touche les personnes indépendamment de leur âge, sexe, classe, etc., même si dans les faits le racisme se manifeste différemment selon ces qui en termes d’organisation politique revêt pour nous un grand intérêt en permettant d’identifier clairement des objectifs politiques communs, sans que cela n’entre en contradiction – bien au contraire – avec une approche intersectionnelle, plurielle, plus que jamais nécessaire. Mais à trop vouloir définir par le menu toute cette pluralité, nous courons le risque d’une fragmentation à l’infini des luttes, piège que tout mouvement social à l’ère néo libérale doit invitation à lutter ensemble, en conscience de la pluralité, voilà comment nous comprenons ce terme de ».NOTES[1] Jean-Luc Primon, Ethnicisation, racisation, racialisation une introduction », Faire Savoirs N°6 – mai 2007.[2] Frantz Fanon, Les damnés de la terre, La Découverte, 2002, p. 43.[3] Reni Eddo-Lodge, Que révèle la phrase Pas tous les Blancs » ?, Etat d’ Edward Said, L’Orientalisme, L’Orient créé par l’Occident, Seuil, 2003, p. 61.[5] Certains développements sur le privilège blanc sont empruntés à notre article Nous parlons trop calmement de choses violentes », in Rafik Chekkat et Emmanuel Delgado-Hoch coord., Race rebelle, Luttes dans les quartiers populaires des années 1980 à nos jours, Editions Syllepse, 2011.[6] Studs Terkel, Race, Histoires orales d’une obsession américaine, Editions Amsterdam, 2010, p. 28.[7] Saïd Bouamama, L’expérience politique des Noirs et des Arabes en France. Mutations, invariances et récurrences », in Race rebelle, op. cit., p. 29-45.* Merci à Amine et Joao pour leurs remarques et leurs précieux ajouts. Le dessinateur Luz, de Charlie Hebdo, a été interviewé par les Inrocks. Luz dessine à Charlie Hebdo depuis vingt ans. Il doit la vie au fait d’être né un 7 janvier, et d’être arrivé à la bourre pour la conférence de rédaction de l’hebdomadaire satirique. Il participe avec les autres “survivants” à la fabrication du numéro de Charlie Hebdo qui sortira le 14 janvier, et qui sera exceptionnellement tiré à un million d’exemplaires. Aujourd’hui, comme hier, il se rendra dans les locaux de Libération, qui abritent la rédaction, pour discuter des angles, des sujets, de la couverture. Avec d’autres dessinateurs, il ira croquer le grand rassemblement républicain de dimanche. Au lendemain de l’attaque terroriste qui a coûté la vie à ses amis, ses mentors, sa famille, Luz nous confie ses doutes, ses craintes et sa colère. Dévasté par le chagrin, il s’interroge sur la possibilité de dessiner encore après ce terrible 7 janvier 2015 et livre un témoignage à sortie de Charlie Hebdo mercredi prochain est devenu un enjeu national et politique. Comment vivre cette responsabilité dans ces terribles conditions ?Luz - Quand j’ai commencé le dessin, j’ai toujours considéré qu’on était protégé par le fait qu’on faisait des petits Mickey. Avec les morts, la fusillade, la violence, tout a changé de nature. Tout le monde nous regarde, on est devenu des symboles, tout comme nos dessins. L’Humanité a titré en Une “C’est la liberté qu’on assassine” au dessus de la reproduction de ma couverture sur Houellebecq qui, même si il y a un peu de fond, est une connerie sur Houellebecq. On fait porter sur nos épaules une charge symbolique qui n’existe pas dans nos dessins et qui nous dépasse un peu. Je fais partie des gens qui ont du mal avec par “charge symbolique” ?En 2007, avec la publication des caricatures de Mahomet du journal danois Jyllands-Posten, on était soit des provocateurs, soit des chevaliers blancs de la liberté de la presse. En 2011, quand les locaux ont été incendiés, on était de nouveau des chevaliers blancs. En 2012, à l’occasion de la sortie d’un film complètement con sur les musulmans L’Innocence des musulmans, on dessine Mahomet à l’intérieur de Charlie, comme d’habitude. On redevient alors de dangereux provocateurs qui font fermer des ambassades et terrorisent les Français de l’étranger. Les médias ont fait une montagne de nos dessins alors qu’au regard du monde on est un putain de fanzine, un petit fanzine de lycéen. Ce fanzine est devenu un symbole national et international, mais ce sont des gens qui ont été assassinés, pas la liberté d’expression ! Des gens qui faisaient des petits dessins dans leur veux dire que la nature de la caricature a changé ?Depuis la publication des caricatures de Mahomet, la nature irresponsable de la caricature a progressivement disparu. Depuis 2007, nos dessins sont lus au premier degré. Des gens ou des dessinateurs, comme Plantu, estiment qu’on ne peut pas faire de dessins sur Mahomet à cause de leur visibilité mondiale liée à Internet. Il faudrait faire attention à ce qu’on fait en France parce qu’on peut faire réagir à Kuala Lumpur ou ailleurs. Et ça, c’est ?Depuis 2007, Charlie est regardé sous l’angle de la responsabilité. Chaque dessin a la possibilité d’être lu sous l’angle d’enjeux géopolitique ou de politique intérieure. On met sur nos épaules la responsabilité de ces enjeux. Or on est un journal, on l’achète, on l’ouvre et on le referme. Si des gens postent nos dessins sur Internet, si des médias mettent en avant certains dessins, ce sont leur responsabilité. Pas la que c’est absolument l’inverse qui se doit porter une responsabilité symbolique qui n’est pas inscrite dans le dessin de Charlie. A la différence des anglo-saxons ou de Plantu, Charlie se bat contre le symbolisme. Les colombes de la paix et autres métaphores du monde en guerre, ce n’est pas notre truc. On travaille sur des points de détails, des points précis liés à l’humour français, à nos analyses de petits dessins parfois crasses ou punk…Parfois cucul la praline, parfois craspouille, punk effectivement. Parfois c’est raté, parfois c’est juste beau. Charlie est la somme de personnes très différentes les unes des autres qui font des petits dessins. La nature du dessin changeait en fonction de la patte de son dessinateur, de son style, de son passé politique pour les uns, ou artistique pour les autres. Mais cette humilité et cette diversité de regards n’existent plus. Chaque dessin est vu comme si il était fait par chacun d’entre nous. Au final, la charge symbolique actuelle est tout ce contre quoi Charlie a toujours travaillé détruire les symboles, faire tomber les tabous, mettre à plat les fantasmes. C’est formidable que les gens nous soutiennent mais on est dans un contre-sens de ce que sont les dessins de êtes devenus les étendards de l’unité unanimisme est utile à Hollande pour ressouder la nation. Il est utile à Marine Le Pen pour demander la peine de mort. Le symbolisme au sens large, tout le monde peut en faire n’importe quoi. Même Poutine pourrait être d’accord avec une colombe de la paix. Or, précisément, les dessins de Charlie, tu ne pouvais pas en faire n’importe quoi. Quand on se moque avec précision des obscurantismes, quand on ridiculise des attitudes politiques, on n’est pas dans le symbole. Charb, que je considère comme le Reiser de la fin du XXe siècle et du début du XXIe, parlait de la société. Il dessinait ce qu’il y avait sous le vernis, des gens avec un gros nez, un peu moches. Là, on est sous une énorme chape de vernis et ça va être difficile pour ?Est-ce vraiment le moment de faire Charlie alors qu’on est dans l’émotion ? Est ce opportun de le faire vite pour répondre à la symbolique de l’attentat ? Ce sont des questions que je pose. Répondre à la symbolique par la symbolique, ce n’est pas Charlie. Cette nuit, j’ai pensé à un dessin que je ne ferais certainement pas une trace sur le sol pour montrer l’emplacement des victimes, avec une lunette dans un coin et juste une bulle qui dit “hahaha”, le tout sur fond noir. Ce n’est pas une super idée, parce que c’est l’idée que la symbolique m’ question que tu poses c’est “comment encore dessiner après ça?”Oui. Et après ça, comment dessiner dans ce cadre-là. Dans ce Charlie fantasmé qui nous continuer Charlie Hebdo ?La suite va être compliquée. Pour toutes les raisons que je viens de te donner et parce qu’on va être obligé de travailler sans les personnalités graphiques, politiques, éthiques et militantes de Charb, Tignous, Honoré et de tous les autres. Dans les moments difficiles où nous étions piégés par le fantasme de l’irresponsabilité, on s’en répartissait la charge. Aujourd’hui, restent Catherine, Willem, Coco et moi et Riss blessé à l’épaule. Comment va-t-on se dépatouiller pour dépasser cette injonction symbolique avec quatre styles ? Jul, qui avait quitté Charlie, les a rejoints pour participer au prochain numéro. Des gens nous proposent des dessins gratos. Mais est-ce qu’ils seront dans l’esprit Charlie ? L’esprit actuel existe depuis 22 ans. Ce journal existe grâce à la somme de ses toujours pensé qu’il fallait caricaturer le prophète ou, à un moment, as-tu eu le sentiment qu’un piège était en train de se refermer sur vous ?Ce qui est marrant, c’est qu’on a continué à caricaturer Mahomet après 2007. Après la triple polémique 2007, 2011, 2012, Charb et Zineb El-Rhazoui ont même publié La vie de Mahomet en deux tomes. Cela n’a fait aucun bruit. On avait gagné. Charb voulait aller au bout de ce projet, droit dans ses chaussures de trekking rires et ses pantalons militaires tout moches qu’il aimait. Charb estimait qu’on pouvait continuer à faire tomber les tabous et les symboles. Sauf qu’aujourd’hui, nous somme le symbole. Comment détruire un symbole qui est soi-même ?Je ne sais non plus. Je ne trouverais pas la réponse cette semaine et je ne suis pas sûr de la trouver un jour. Nous allons sortir Charlie. Je vais me forcer. Je vais penser aux copains morts, mais qui ne sont pas tombés pour la France ! Aujourd’hui, on a l’impression que Charlie est tombé pour la liberté d’expression. Nos copains sont juste morts. Nos copains qu’on aimait et dont on admirait tellement le Bougrab, la compagne de Charb, très émue, a estimé sur BFMTV qu’ils méritaient d’entrer au c’est l’inverse. Et puis ça n’a pas changé grand chose pour Marie Curie d’entrer au fait une belle cérémonie…Je n’étais pas à la manifestation spontanée du 7 janvier. Des gens ont chanté la Marseillaise. On parle de la mémoire de Charb, Tignous, Cabus, Honoré, Wolinski ils auraient conchié ce genre d’attitude. Les gens s’expriment comme ils veulent mais il ne faut pas que la République ressemble à une pleureuse de la Corée du Nord. Ce serait que tu veux croquer le rassemblement de demain à cause de ce genre de considération ?Je ne sais pas ce que ça va donner. On ne va pas en reportage avec ses a priori, on ressent et on fait avec ce qu’il y a. Il y aura certainement des belles choses, des pleurs, des joies et peut être des absurdités. En même temps, cela montrera le changement de nature de Charlie ces gens qui nous soutiennent maintenant qu’on est mort, qui ne nous ont pas toujours lus,, pas toujours suivis. Je ne leur en veux pas. On n’était pas là pour convaincre l’ensemble de la novembre dernier, Charb avait lancé un appel à souscription pour sauver Charlie. Vous étiez bien seuls…On était tout seuls depuis un petit moment. Depuis la troisième affaire liée à Mahomet. Toutes ces histoires ont créé tellement de fantasmes sur la dangerosité de l’athéisme de Charlie, son islamophobie. On était juste de joyeux incroyants. Tous ceux qui sont morts étaient de joyeux incroyants. Et là, ils sont nulle part. Comme tout le ce que tu penses du fait que Manuel Valls n’a pas convié Marine Le Pen au “rassemblement républicain” de demain ?Je m’en ce que tu as l’impression qu’on essaie de récupérer Charlie ?Honnêtement, qu’est ce que tu veux récupérer ? Après, il y a ce grand élan. Mais dans un an, que restera-t-il de ce grand élan plutôt progressiste sur la liberté d’expression ? Est ce qu’il va y avoir des aides à la presse particulières ? Est ce que des gens vont s’opposer à la fermeture des journaux ? Des kiosques ? Est ce que les gens vont acheter des journaux ? Que restera-t-il de cet élan ? Peut-être quelque chose. Mais peut-être allez vous travailler ?On va continuer à faire nos bonshommes. Notre boulot de dessinateur est de mettre le petit bonhomme au coeur du dessin, de traduire l’idée qu’on est tous des petits bonhommes et qu’on essaie de se démerder avec ça. C’est ça le dessin. Ceux qu’on a tués étaient juste des gens qui dessinaient des bonhommes. Et aussi des c’est beaucoup demander à des petits bonhommes de sauver la République ? recueillis par Anne Laffeter